L’ÉCOSSE, SEAN CONNERY, SUSAN FLEETWOOD ET Y'becca

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L’ÉCOSSE, SEAN CONNERY, SUSAN FLEETWOOD ET Y'becca

Message par yanis la chouette le Jeu 4 Mai - 10:54

MA CHÈRE ÉCOSSE...
DÉCÉDÉE EN 1995, ELLE N'EU PAS L'OCCASION D'ASSISTER À MES EXPLOITS.
LA ROYAL SHAKESPEARE COMPANY PLEURENT UNE AMIE GRANDIOSE.
VICTIME DU CANCER... 2...

SEAN CONNERY, HIGLANDER D'UNE ÉCOSSE ENTENDU ET SEREINE DANS L'AVENIR.
JE VOUS RECITE CE POÈME POUR VOTRE PATRIE ET LA DOUCE SUSAN FLEETWOOD.


Vérité éphémère
Jules Delavigne

Ta créativité est ton essence
Même si tu ne le sais pas
Pour ce que tu fais, tes proches te flattent
Des fois ils te rabaissent, des fois c’est l’indifférence
Tu comprends, mais tu ne les comprends pas
Leur objectivité est-elle ternie par amour, amitié, jalousie ?
Tu te dis que ce n’est pas de leur faute
Tu as surement raison
Mais toi, tu cherches la vérité
Ces sages autour ne t’aident guère
Et la vérité ne vient pas de toi tout seul
Pourtant tu as de la chance
Des autres te regardent aussi
Et ceux-là tu ne les connais pas

Jules Delavigne, Conclusions, 2008

Susan Fleetwood est une comédienne écossaise, née le 21 septembre 1944 à St Andrews, Fife et morte le 20 septembre 1995, à Salisbury, Wiltshire d'un cancer de l'ovaire à 51 ans.

Avec Terry Hands elle fait partie de the Liverpool Everyman Company en 1964. Elle succède, en 1972, à Judi Dench en Portia dans la production du Marchand de Venise de la Royal Shakespeare Company où elle est admise comme artiste associé. En 1974, elle joue Imogen dans Cymbeline monté par John Barton. Au cinéma elle a joué un des rôles principaux du Sacrifice d'Andreï Tarkovski en 1986.

Elle est la sœur du musicien et acteur Mick Fleetwood.
Filmographie non exhaustive

Persuasion (1995) : Lady Russell
Wycliffe série TV (1994) : Lady Cynthia Bottrell dans l'épisode La mort d'un flûtiste
Cadfael série TV (1994) : Agnès Picard dans l'épisode Le Lépreux de Saint-Gilles (The Leper of Saint Giles) (paru en 1981) (l'épisode se passe en octobre 1139)
Les règles de l'art (Lovejoy) série TV (1993) : Mary Gladen dans l'épisode Poetic Licence
Les Frères Krays (The Krays) (1990) : Rose
Sur la route de Nairobi (White Mischief) (1987) : Lady Gwladys Delamer
Le Sacrifice (1986) : Adelaïde
Le Secret de la pyramide (Young Sherlock Holmes) (1985) : Mme Dribb
Chaleur et poussière (Heat and Dust) de James Ivory (1983) : Mme Crawford
Le Choc des Titans (1981) : Athena

Liens externes

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation
(en) Susan Fleetwood [archive] sur l’Internet Movie Database

Paroles et lyrics de l'hymne écossais O Flower of ScotlandWhen will we seeYour like again,That fought and died for Your wee bit hill and glen,And stood against him (England!)Proud Edward's ArmyAnd sent him homeward Tae think again.The hills are bare now And autumn leaves lie thick and stillO'er land that is lost now,Which those so dearly held,That stood against him Proud Edward's ArmyAnd sent him homeward Tae think again.Those days are past now And in the past they must remain But we can still rise now,And be the Nation again That stood against him (England!) Proud Edward's army And sent him homeward Tae think again. O Flower of Scotland When will we seeYour like again,That fought and died forYour wee bit hill and glen,And stood against him, Proud Edward's ArmyAnd sent him homeward Tae think again.

Traduction de l'hymne écossais Ô Fleur d'Écosse Quand reverrons-nousLes hommes dignesQui se sont battus et sont morts pourTes minuscules collines et vallées,Et se sont dressés contre lui,L'armée du fier EdouardEt l'ont renvoyé chez luiPour qu'il y réfléchisse à deux fois.Les collines sont désertes à présent Et les feuilles d'automne épaisses et silencieuses Recouvrent notre pays qui est désormais perdu,Si chèrement défendu par ces hommes,Ceux qui se sont dressés contre lui L'armée du fier EdouardEt l'ont renvoyé chez lui Pour qu'il y réfléchisse à deux fois.Désormais, ces temps sont du passé Et dans le passé ils doivent demeurerMais nous pouvons encore nous leverEt redevenir la NationQui s'est dressée contre lui,L'armée du fier Edouard Et l'ont renvoyé chez luiPour qu'il y réfléchisse à deux fois.Ô Fleur d'Écosse Quand reverrons-nous Les hommes dignesQui se sont battus et sont morts pourTes minuscules collines et valléesEt se sont dressés contre lui,L'armée du fier Edouard Et l'ont renvoyé chez lui Pour qu'il y réfléchisse à deux fois. Publié par Maxime Lambert, le 04 décembre 2012

En savoir plus : http://sport.gentside.com/hymne/hymne-ecossais-flower-of-scotland-histoire-paroles-musique-et-traduction_art35993.html
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Vieille ferme à la Toussaint
Emile Verhaeren

La ferme aux longs murs blancs, sous les grands arbres jaunes,
Regarde, avec les yeux de ses carreaux éteints,
Tomber très lentement, en ce jour de Toussaint,
Les feuillages fanés des frênes et des aunes.

Elle songe et resonge à ceux qui sont ailleurs,
Et qui, de père en fils, longuement s’éreintèrent,
Du pied bêchant le sol, des mains fouillant la terre,
A secouer la plaine à grands coups de labeur.

Puis elle songe encor qu’elle est finie et seule,
Et que ses murs épais et lourds, mais crevassés,
Laissent filtrer la pluie et les brouillards tassés,
Même jusqu’au foyer où s’abrite l’aïeule.

Elle regarde aux horizons bouder les bourgs ;
Des nuages compacts plombent le ciel de Flandre ;
Et tristement, et lourdement se font entendre,
Là-bas, des bonds de glas sautant de tour en tour.

Et quand la chute en or des feuillage effleure,
Larmes ! ses murs flétris et ses pignons usés,
La ferme croit sentir ses lointains trépassés
Qui doucement se rapprochent d’elle, à cette heure,
Et pleurent.

Emile Verhaeren, Toute la Flandre

JE SUIS DE CEUX QUI OSE DIRE...
IL Y A UN ESPRIT DES FLANDRES ET IL Y A LA CONSCIENCE ÉCOSSAISE;
NE L'OUBLIEZ JAMAIS GRANDS SEIGNEURS DU RIEN ET DU TOUT.
VOTRE VANITÉ N'EST QUE DE PALE TENEUR DEVANT NOTRE ORGUEIL ET FIERTÉ
D’ÊTRE NÉE OU NÉ ET D’ÊTRE Là...

RAPPORT D'UNE CONSCIENCE EUROPÉENNE ET HUMANISTE
PAR LE
CITOYEN TIGNARD YANIS
OU TAY
La chouette effraie

yanis la chouette

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Re: L’ÉCOSSE, SEAN CONNERY, SUSAN FLEETWOOD ET Y'becca

Message par yanis la chouette le Jeu 4 Mai - 10:55

MES AMIES ET MES FRÈRES. NE TE LAISSE PAS ÉBLOUIR PAR LA RICHESSE DES TRÉSOR
CAR LEURS PRÉCIEUX EST LIÉS À L'IMMENSITÉ DE L'IMMORTALITÉ À ACCOMPLIR: LE BIEN.
VOILÀ MON AMOUR ET MES ESPÉRANCES, ESPRIT DU SILENCE. YANIS

Le Choc des Titans (Clash of the Titans) est un péplum britannico-américain de fantasy et de mythologie, réalisé par Desmond Davis et sorti en 1981. Il est fondé sur le mythe de Persée. Les effets spéciaux des créatures sont réalisés par Ray Harryhausen, fameux pour ses animations image par image (et dont c'est le dernier film). Le Choc des Titans est un grand succès commercial de l'année 1981. Alan Dean Foster a novélisé le film en 1981.

Synopsis

Acrisius, roi d'Argos, jette à la mer dans un cercueil de bois sa fille Danaé et le fils de celle-ci, Persée, encore au berceau (on avait prédit que l'enfant serait fatal à Acrisius). Zeus, le père de Persée, ordonne à son frère Poséidon, roi de la mer, de libérer le Kraken pour détruire Argos, ce qui réalisera ainsi la prédiction sur Persée. Danae et Persée au contraire sont amenés sains et saufs sur l'île de Sérifos.[style à revoir]

Calibos est le fils de Thétis, la déesse de la mer, qui l'adore. Il était un beau jeune homme et devait se marier avec la princesse Andromède, fille de la reine Cassiopée et héritière de la riche ville de Joppé et finalement de toute la Phénicie. Mais il a commis, entre autres méfaits, le crime de tuer tout le troupeau sacré de chevaux volants qui appartenait à Zeus, à part l'étalon Pégase ; le dieu suprême l'a donc transformé en un monstre qui s'est vu alors rejeté et forcé de vivre comme un paria dans les marécages et les eaux stagnantes. Thétis, furieuse du sort assigné à son fils, a juré que si Calibos ne peut pas épouser Andromède, aucun autre homme ne le pourra non plus.

Non moins exaspérée par la dévotion totale de Zeus envers son propre fils, Thétis transporte Persée de Serifos à Joppé. S'étant lié d'amitié avec Ammon, un érudit et un compositeur de pièces, Persée apprend l'aventure d'Andromède et de sa triste situation : elle ne peut pas se marier à moins que son prétendant ne réussisse à résoudre une énigme que lui donnera Calibos. Tout prétendant qui n'y arrivera pas sera brûlé sur le bûcher. En se servant d'une épée, d'un bouclier, et d'un casque qui rend son propriétaire invisible, que lui ont donné les dieux, Persée capture Pégase et découvre la réponse à l'énigme : c'est l'anneau que porte Calibos. Ce dernier est à deux doigts de le tuer, mais Persée lui coupe la main avec son épée, bien que dans la lutte il perde son casque.

À la cérémonie suivante où l'on attend un nouveau prétendant, Persée entre, répond correctement à l'énigme et présente la main coupée de Calibos avec l'anneau, gagnant ainsi la main d'Andromède. Dans le temple de Thétis, Calibos supplie sa mère pour le venger de Persée, mais elle lui répond qu'elle en est incapable car Persée est protégé par Zeus, cependant elle peut se venger sur Joppé. Lors du mariage, la reine Cassiopée compare la beauté d'Andromède à celle de Thétis elle-même, ce qui met la déesse en colère. La statue de Thétis s'effondre et sa tête s'anime, en exigeant que dans les trente jours Andromède soit offerte vierge en sacrifice au Kraken, autrement Joppé sera détruite.

Persée cherche un moyen de vaincre le monstre. Quand Zeus ordonne à Athéna de donner sa chouette à Persée, elle préfère demander à Héphaïstos de construire la chouette mécanique Bubo pour aider Persée. Bubo le conduit vers les sorcières du Styx, trois femmes aveugles qui lui révèlent que son seul espoir de survivre s'il combat contre le Kraken est d'utiliser la tête d'un autre monstre, la Gorgone Méduse. Jadis une femme superbe, Méduse, avait osé faire l'amour avec Poséidon dans le temple d'Aphrodite et avait pour cela été transformée par la déesse en monstre horrible. La voir dans les yeux devait changer en pierre toute créature vivante, y compris le Kraken. Elle habite sur l'Île des Morts, qui se trouve de l'autre côté du Styx, sur les bords des Enfers. Persée s'y rend et lui coupe la tête, puis il affronte Calibos qu'il finit par tuer avec l'épée d'Aphrodite. Il tue également trois scorpions géants nés du sang de la tête de Méduse.

Juste au moment où Andromède est sur le point d'être sacrifiée au Kraken, Persée apparait chevauchant Pégase ; grâce à la tête de Méduse il change le Kraken en pierre et libère Andromède. Par un décret de Zeus, le héros et l'héroïne deviennent des constellations, et Pégase et Cassiopée connaissent la même métamorphose.
Fiche technique
Ray Harryhausen est coproducteur du film et en conçoit les effets spéciaux.

Réalisation : Desmond Davis
Scénario : Beverley Cross
Décors : Frank White
Costumes : Emma Porteus
Photographie : Ted Moore
Montage : Timothy Gee
Musique : Laurence Rosenthal
Production : Ray Harryhausen et Charles H.Schneer
Société de production et de distribution : Metro-Goldwyn-Mayer
Pays : Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue : anglais
Genre : Aventure, péplum, fantastique, fantasy
Budget : 15 millions de dollars
Durée : 118 minutes
Dates de sortie :
Drapeau des États-Unis États-Unis : 12 juin 1981
Drapeau de la France France : 8 juillet 1981

Distribution

Harry Hamlin (V.F : Bernard Murat) : Persée
Judi Bowker (V.F : Martine Irzenski) : Andromède
Burgess Meredith (V.F : Henri Labussiere) : Ammon
Laurence Olivier (V.F : Jacques François) : Zeus
Jack Gwillim (V.F : William Sabatier) : Poséidon
Claire Bloom (V.F : Claire Guibert) : Héra
Maggie Smith (V.F : Nadine Alari) : Thétis
Ursula Andress : Aphrodite
Susan Fleetwood : Athéna
Pat Roach : Héphaïstos
Siân Phillips : Cassiopée
Neil McCarthy (V.F : Georges Atlas) : Calibos
Tim Pigott-Smith (V.F : Sady Rebbot) : Thallo, le compagnon de Persée
Flora Robson (V.F : Paule Emanuele), Anna Manahan, Freda Jackson : Les trois Grées
Donald Houston : Acrisios
Vida Taylor : Danaé

Production

Le film est coproduit par Ray Harryhausen (Les Voyages de Gulliver, Jason et les Argonautes, Un million d'années avant J.C., Le Voyage fantastique de Sinbad, etc.). Ray Harryhausen prend sa retraite peu après la sortie du film. Le Choc des Titans est sa dernière grande réalisation en termes d'effets spéciaux.

Le budget final du film est estimé à environ 15 millions de dollars américains1.
Accueil critique
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En 1981, le savoir-faire de Ray Harryhausen commence à paraître anachronique tout en conservant la séduction du travail artisanal.
Box office

Le Choc des Titans sort aux États-Unis le 12 juin 1981, le même jour que Les Aventuriers de l'arche perdue de Steven Spielberg. Le Choc des titans engrange un peu plus de 41 millions de dollars pendant son exploitation en salles aux États-Unis, ce qui constitue le 11e meilleur chiffre pour l'année 19812. Ces recettes couvrent largement les frais du film, qui avait coûté environ 15 millions de dollars1, et en font un franc succès commercial.
Distinctions

Le film remporte en 1982 le Saturn Award du meilleur acteur dans un second rôle pour Burgess Meredith. Il fut en lice pour plusieurs autres Saturn Awards : celui du meilleur film fantastique, de la meilleure musique, des meilleurs costumes, des meilleurs effets spéciaux et du meilleur second rôle féminin (pour Maggie Smith)3.

En 1982, le film remporte aussi le Prix du meilleur film fantastique familial lors des Young Artist Awards3.
Analyse

Le personnage de Calibos, absent du mythe antique, est directement inspiré du personnage de Caliban dans la pièce La Tempête de Shakespeare4.

La chouette mécanique Bubo porte le nom du genre Bubo, qui regroupe des rapaces nocturnes comme le hibou grand-duc et le harfang des neiges.
Postérité

Stephen R. Wilk a écrit en 20005 que « la plupart des gens qui aujourd'hui ont une idée de l'histoire de Persée et de Méduse le doivent au Choc des titans de 1981 ».
Remake
Article détaillé : Le Choc des Titans (film, 2010).

Ray Harryhausen
concepteur d’effets spéciaux 1942 : Tulips Shall Grow · 1949 : Monsieur Joe · 1953 : Le Monstre des temps perdus · 1955 : Le monstre vient de la mer · 1956 : Les soucoupes volantes attaquent · 1957 : À des millions de kilomètres de la Terre · 1958 : Le Septième Voyage de Sinbad · 1960 : Les Voyages de Gulliver · 1961 : L'Île mystérieuse · 1963 : Jason et les Argonautes · 1964 : Les Premiers Hommes dans la Lune · 1966 : Un million d'années avant J.C. · 1969 : La Vallée de Gwangi · 1974 : Le Voyage fantastique de Sinbad · 1977 : Sinbad et l'œil du tigre · 1981 : Le Choc des Titans

Un remake américain du film, également titré Le Choc des titans, est réalisé en 2010 par Louis Leterrier, avec Sam Worthington dans le rôle de Persée. On peut apercevoir la chouette Bubo au détour d'une scène où Persée manipule pendant quelques secondes l'oiseau mécanique. Bubo réapparaît brièvement dans la suite de ce remake, La Colère des Titans, sortie en 2012, où Héphaïstos lui parle pour tromper sa solitude dans ses forges.

CLIN D'OEIL
de
TAY
La chouette effraie


France
Nérée Beauchemin

Oui, mon pays est encor France :
La fougue, la verve, l’accent,
L’âme, l’esprit, le coeur, le sang,
Tout nous en donne l’assurance :
La France reste toujours France.

Aujourd’hui, tout comme naguères,
Ne sommes-nous pas, trait pour trait,
Le vrai profil, le vif portrait
Du Normand, père de nos pères ?
Français, vous êtes nos grands frères.

Il est toujours vert et vivace,
Le rameau du vieil arbre franc ;
De sève chaude exubérant,
Superbe et fort comme la race,
Il est toujours vert et vivace.

Vienne la magnifique aurore
Des fêtes d’hiver, Montréal,
Narguant l’âpre vent boréal,
Pour la danse revêt encore
Son domino multicolore.

Pittoresque palais féerique,
Sur tes murs de glace et de feu,
Le drapeau rouge, blanc et bleu
Arbore au soleil d’Amérique
La chaude gaîté d’Armorique.

Avec la fusée écarlate,
Qui crépite et crible d’éclairs
Le cristal de tes dômes clairs,
Dans l’air qu’elle échauffe et dilate
L’allégresse de France éclate.

Mais au lointain si notre oreille
Entend le clairon du combat,
C’est alors que le coeur nous bat,
C’est alors que le sang s’éveille,
Au son qui frappe notre oreille.

Sonnez, chantez, clairons sonores !
Allons, étendards, en avant !
Dans le feu, l’éclair et le vent,
Déployez vos plis tricolores !
Sonnez, chantez, clairons sonores !

L’envahissement est immense.
– Pour chasser ces grands reîtres roux,
Que ne sommes-nous avec vous,
Jeunes soldats de la défense !
Oh ! notre douleur est immense.

France, ô maternelle patrie,
Nos coeurs, qui ne font qu’un pour toi,
Encore palpitants d’émoi,
Saignent des coups qui t’ont meurtrie,
France, ô maternelle patrie !

Ici comme là-bas on pleure.
Dévorant le sanglant affront,
Baissant les yeux, courbant le front,
Silencieux, on attend l’heure.
Ici comme là-bas on pleure.

Quand finira l’horrible transe ?
Oh ! quand de Versaille à Strasbourg,
Cloche, canon, clairon, tambour
Proclameront la délivrance
De la grande terre de France ?

Nérée Beauchemin, Les floraisons matutinales

LIBERTÉ D'EXPRESSION DANS Y'becca

En conscience dit :
30 octobre 2011 à 10:47

Très beau poème, superbe hommage rendu à la France envahie, occupée, sa civilisation anéantie, ses fils et ses filles réduits à la servitude.
Ce que ne peuvent même pas comprendre certains, à l’esprit assez perverti et décadent pour y voir des « élucubrations mal senties » (c’est l’hôpital qui se moque de la charité ?)ou encore « un cynisme désabusé qui coupe les cheveux en quatre (vraiment n’importe quoi !). Ceux-là, nous pouvons deviner, rien qu’à leurs propos, ce qu’ils feraient dans des temps de guerre et d’occupation…
JD Caton dit :
8 octobre 2011 à 16:56

Je préfère au cynisme désabusé qui coupe les cheveux en quatre,l’émotion spontanée d’un véritable sentiment patriotique.La beauté des choses est souvent plus vivante dans le regard qui se porte sur elles, que dans leur existence propre.
Rouge Le Renard dit :
21 juin 2010 à 15:00

Allez regarder la télé française, ses centres villes, ses architectures… Tout du amerloque, du babylonien, du fatras hamburger oriental… Les guerres de la France n’ont fait que la détruire elle même, puis la France, le drapeau s’est substitué au peuple…

Ce poème est une élucubration mal sentie
camille dit :
5 avril 2010 à 19:33

Il y a un probléme au début, c’est dit la France mais à la fin du poème il est ecrit Les floraisons matutinales cela pourrait porter à confusion mais malgré cela votre site est impressionnant et remarquable, sans oublier les nombreuses découvertes de poémes grace à vous. Merci.

LIBERTÉ D'EXPRESSION DANS Y'becca

CLIN D'OEIL
de
TAY
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yanis la chouette

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Re: L’ÉCOSSE, SEAN CONNERY, SUSAN FLEETWOOD ET Y'becca

Message par yanis la chouette le Jeu 4 Mai - 10:56

Eschyle (en grec ancien Αἰσχύλος / Aiskhúlos), né à Éleusis (Attique) vers 526 av. J.-C., mort à Géla (Sicile) en 456 av. J.-C., est le plus ancien des trois grands tragiques grecs. Précédé par d'autres dramaturges1, il participe à la naissance du genre tragique grâce à certaines innovations, comme le nombre d'acteurs qu'il porte à deux selon Aristote2. Treize fois vainqueur du concours tragique, il est l'auteur d'environ 110 pièces dont sept seulement nous ont été transmises3. Le théâtre d'Eschyle est essentiellement remarqué pour sa force dramatique, la tension, l'angoisse qui habite ses pièces, dont la cohérence se comprend surtout par la progression qui les reliait au sein de trilogies « liées », dont ne subsiste aujourd'hui que l’Orestie. S'il ne développe pas la psychologie des personnages, ses choix lui permettent de mettre en valeur ses conceptions puissantes sur l'équilibre de la cité, le dégoût de l’hybris qui met en danger cet ordre, et le poids de la décision des dieux dans la conduite des affaires humaines, notamment à travers le sort militaire, ou la malédiction familiale (dans le cas de Thèbes et des Atrides notamment).

Éléments biographiques

La vie d'Eschyle est très mal connue4. Né d'un certain Euphorion5, vers 525 av. J.-C., à Éleusis en Attique, ville des mystères en l'honneur de Déméter auxquels il est initié, il appartient à une grande famille athénienne. Il est témoin dans sa jeunesse de la fin de la tyrannie des Pisistratides à Athènes6. Contemporain des guerres menées contre les Perses, il prend part à dix ans d'intervalle à la bataille de Marathon en 490 av. J.-C., en compagnie d'ailleurs d'au moins un de ses frères, Cynégire, qui fut d'ailleurs l'un des héros de cette guerre,5,7, et à celle de Salamine en 480 av. J.-C. Cette période de guerre à l'issue heureuse marqua durablement Eschyle, lui inspirant huit ans plus tard Les Perses (472 av. J.-C.), sa plus ancienne tragédie conservée8, et imprégnant plus généralement le reste de son œuvre. La première victoire d'Eschyle au concours tragique se place en 484 av. J.-C., mais sa carrière devait être entamée dès l'an 500 av. J.-C.8. Sur un total d'environ cent dix pièces, il n'en subsiste aujourd'hui que sept. Six d'entre elles sont représentées entre 472 et 458 av. J.-C., dans l'Athènes de Périclès : Les Perses (472), Les Sept contre Thèbes (467), Les Suppliantes (peut-être 463) et l'Orestie, sa treizième et dernière victoire (458)9. Eschyle rejoint ensuite la Sicile (où il s'est déjà rendu, à l'invitation du tyran de Syracuse Hiéron, après la représentation des Perses). C'est peut-être là qu'il compose le Prométhée enchaîné dont l'attribution même reste douteuse8. Il meurt à Géla en 456 av. J.-C., selon la légende en recevant une tortue sur la tête, lancée par un rapace qui aurait pris son crâne chauve pour un caillou destiné à briser la carapace5,10.
Les pièces

Eschyle est l'auteur de quatre-vingt-dix tragédies11 et de vingt drames satiriques12, il remporte sa première victoire au concours en 484 av. J.-C. (il est treize fois victorieux au total). Il compte parmi ses rivaux Pratinas, Phrynichos le Tragique, Chérilos d'Athènes, et plus tard le jeune Sophocle qui le bat en 468 av. J.-C. Sept pièces d'Eschyle seulement nous sont parvenues. Certaines de ses pièces disparues ne sont connues que par leur titre (Iphigénie, Philoctète, Pénélope, Les Mysiens, Les Femmes thraces, Les Salaminiennes13), ou parfois par des fragments comme dans le cas de Niobé ou des Myrmidons14. L'existence de certaines autres pièces ne peut être que supposée, par exemple pour le Prométhée délivré et le Prométhée porte-feu qui auraient pu compléter le Prométhée enchaîné dans le cadre d'une trilogie15.
Les Perses
Article détaillé : Les Perses.

Cette pièce (Πέρσαι / Pérsai) représentée en 472 av. J.-C. fait à l'origine partie d'une tétralogie qui remporte le concours. Les quatre pièces la composant ne sont sans doute pas liées et seraient les suivantes : Phinée (sur ce roi thrace tourmenté par les Harpyes et cité dans la légende des Argonautes) précède Les Perses, puis viennent Glaucos de Potnies (sur ce fils de Sisyphe dévoré par ses chevaux aux jeux funèbres de Pélias), et enfin un drame satyrique, Prométhée16. Le chorège d'Eschyle est le jeune Périclès. Elle relate la bataille de Salamine du point de vue des Perses défaits de Xerxès : la pièce joue donc sur un paradoxe, en relatant une catastrophe ressentie comme triomphe par le public athénien. Il s'agit de la seule tragédie grecque à sujet historique qui ait subsisté17.
Les Sept contre Thèbes
Article détaillé : Les Sept contre Thèbes.

Représentés au printemps 467 av. J.-C., Les Sept contre Thèbes (Ἑπτὰ ἐπὶ Θήϐας / Heptà epì Thếbas), étaient probablement la troisième pièce d'une trilogie thébaine (les deux premières étaient un Laïos et un Œdipe), complétée par un drame satyrique : La Sphinx. Eschyle obtint cette année-là le prix16. Étéocle attend l'attaque des sept chefs contre Thèbes, parmi lesquels son frère exilé Polynice et prépare la défense thébaine. La pièce est menée par un chœur de Thébaines terrifiées par l'imminence de la tuerie. Celles-ci constatent la mort des rois frères, qui vérifie la malédiction d'Œdipe, et leurs lamentations concluent la trilogie sur la malédiction de Laïos et de ses descendants. Eschyle omet donc l'épisode des Épigones qui réalise dans le mythe l'oracle d'Apollon : ce dernier avait prédit la perte de Thèbes, et non de la race de Laïos. Une fin apocryphe, inspirée de l'Antigone de Sophocle et annonçant la désobéissance de cette dernière, est insérée dans certaines éditions de la pièce16.
Les Suppliantes
Article détaillé : Les Suppliantes.

Les Suppliantes (Ἱκέτιδες / Hikétides) fut représentée sous l'archontat d'Archédémidès, en 464-463 av. J.-C.12. La pièce était peut-être la première d'une trilogie dont la deuxième pièce se serait intitulée Les Égyptiens et la troisième Les Danaïdes. Un drame satyrique l'aurait complétée, intitulé Amymone16. Les suppliantes sont les Danaïdes qui forment le chœur, personnage principal de la tragédie : leur nombre est de cinquante, ce qui a longtemps conduit à considérer la pièce comme la plus ancienne conservée d'Eschyle, hypothèse depuis invalidée18. Les filles de Danaos, poursuivies par les fils de son frère Égyptos, les Égyptiades, sont venues à Argos demander refuge et protection auprès de Pélasgos : ce dernier l'accepte et s'attire les prières des Danaïdes, mais les Égyptiades approchent et la guerre menace.
L’Orestie
Article détaillé : Orestie.

Cette trilogie représentée en 458 av. J.-C. comprend les pièces suivantes : Agamemnon (Ἀγαμέμνων / Agamémnôn), qui met en scène le retour du roi de Mycènes après la guerre de Troie, et son meurtre par Clytemnestre ; Les Choéphores (Χοηφόροι / Khoêphóroi), du nom des porteuses de libations qui accompagnent Électre sur la tombe d'Agamemnon où elle retrouve Oreste revenu d'exil pour venger son père et tuer Clytemnestre et son amant Égisthe, double meurtre qui conclut la pièce ; et Les Euménides (Εὐμενίδες / Eumenídes), qui montrent Oreste poursuivi par les Érinyes qui demandent vengeance après le matricide, jusqu'à ce qu'Athéna saisie par Apollon, protecteur d'Oreste, ne remette le jugement de ce dernier à un nouveau tribunal qu'elle instaure, l'aréopage. Oreste est finalement acquitté à égalité de voix, proclame sa reconnaissance et sa fidélité à Athènes, et les Érinyes passent un pacte avec Athéna et deviennent les protectrices de la cité, d'où leur nouveau nom d'Euménides ou « Bienveillantes ». L’Orestie, qui remporta le concours en -458, est le seul exemple de trilogie qui soit parvenu intact jusqu'à nous. Il permet de mieux saisir l'architecture dramatique très cohérente qui conduisait ces ensembles, et les conceptions qui en sous-tendaient la progression19. Il faut notamment rappeler les allusions d'Eschyle à l'actualité athénienne : l'aréopage, dont il attribue la fondation à Athéna, et qui permet le dénouement de la trilogie, avait connu peu avant les bouleversements de la réforme d'Éphialtès20.
Prométhée enchaîné
Article détaillé : Prométhée enchaîné.

Cette pièce (Προμηθεὺς δεσμώτης / Promêtheùs desmốtês) est la plus problématique d'Eschyle : l'année de représentation est inconnue, même si le style semble proche de l’Orestie, donc tardif16, et que certains traits font penser à la Sicile où Eschyle finit sa vie8. L'attribution même du Prométhée enchaîné est discutée21. On suppose en tout cas que cette pièce aurait été la première d'une trilogie liée, suivie de deux autres Prométhée : Prométhée délivré et Prométhée Porte-feu16. Les hypothèses à ce sujet permettent également de rechercher une cohérence et un sens qui semblent manquer si l'on considère la pièce comme isolée22. Tout distingue cette pièce des autres : les personnages sont tous divins, la scène se passe en un lieu désert, à l'extrémité du monde, au bord de l'océan. Héphaïstos, sur ordre de Zeus ici représenté par ses serviteurs Pouvoir (Kratos) et Force (Bia), vient clouer Prométhée à un rocher pour le punir d'avoir livré le feu aux hommes. Prométhée voit alors défiler diverses divinités : le chœur des Océanides évoque le pouvoir tyrannique du jeune roi des dieux, et Prométhée leur énumère les bienfaits qu'il a rendus aux hommes. Puis arrive Io, poursuivie par le taon, et qui se lamente ; Prométhée sait que d'elle doit être issu celui qui le libérera (Héraclès). Eschyle mêle également au mythe de Prométhée un autre mythe lié au cycle d'Achille : il fait du Titan le gardien du secret selon lequel Thétis serait destinée à enfanter un fils plus puissant que son père. Or Zeus convoite Thétis. Ceci permet à Prométhée de braver Zeus, qui envoie Hermès lui soutirer ce secret. Prométhée refuse et Hermès lui annonce sa punition : la foudre de Zeus l'ensevelira sous les roches effondrées et son aigle viendra lui ronger le foie pour le faire céder.
Pièces perdues

Seuls les titres et quelques fragments d’autres pièces d’Eschyle sont parvenus jusqu’à nous. Nous avons assez de fragments de certaines pièces (avec des commentaires faits par les auteurs et scholiastes plus tardifs) pour en produire des résumés approximatifs.

Les Myrmidons. - Cette pièce prend pour base les chants IX et XVI de l’Iliade d’Homère. Achille reste dans une indignation silencieuse à cause de l’humiliation faite par Agamemnon dans une grande partie de la pièce. Les ambassadeurs mandatés par l’armée grecque tentent de le réconcilier avec Agamemnon, mais il ne cède qu’à son ami Patrocle, qui combat alors les chevaux de Troie dans l’armure d'Achille. La bravoure et la mort de Patrocle sont rapportées dans le discours d’un messager, qui est suivi par le deuil.

Les Néréides. - Cette pièce est tirée des chants XVIII, XIX et XXII de l’Iliade, on y suit les filles de Nérée, le dieu de la mer, qui se lamentent sur la mort de Patrocle. Dans cette œuvre un messager dit comment Achille, peut-être réconcilié avec Agamemnon et les Grecs, tua Hector.

Les Phrygiens, ou La Rançon d’Hector. - Dans cette pièce, Achille s’asseoit en silence pour pleurer sur le corps de Patrocle après une brève discussion avec Hermès. Celui-ci apporte alors au Roi de Troie Priam, qui réussit à vaincre Achille et la rançon du corps de son fils dans un spectaculaire coup de théâtre. Une échelle est portée sur scène et le corps d’Hector est placé dans un plateau et de l’or dans l’autre. La danse dynamique du Chœur des Troyens quand ils entrent avec Priam est rapportée par Aristophane.

Niobé. - Les enfants de Niobé, l’héroïne, ont été tués par Apollon et Artémis parce que Niobé jubilait d’avoir plus d’enfants que leur mère, Léto. Niobé reste assise en silence dans un deuil silencieux pendant une grande partie de la pièce.
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Pièces fragmentaires connues par extraits ou titre seul :

Le théâtre d'Eschyle
Aspects formels

Ne connaissant pas les pièces des auteurs antérieurs à Eschyle, ni de ses contemporains jusqu'à Sophocle, il est difficile de saisir les spécificités et les innovations éventuelles de son théâtre. On sait qu'Aristote lui attribue le passage à deux acteurs2. À ce sujet, il est cependant assez difficile d'imaginer que certaines tragédies d'Eschyle aient pu n'être interprétées que par deux acteurs. On suppose dès lors, soit qu'il fut le premier à innover en ce sens, soit, si Aristote ne se trompe pas, qu'il avait adopté l'innovation du jeune Sophocle23. Par ailleurs, on peut relever que le théâtre d'Eschyle repose très peu sur la psychologie des personnages : s'il laisse une très large place au chœur24, ses pièces privilégient quoi qu'il en soit les événements, l'impression dramatique destinée à marquer les spectateurs. L'œuvre d'Eschyle est, selon les mots de Jacqueline de Romilly, avant tout « immédiate et concrète. Car il n'analyse pas. Les idées qu'exprime son théâtre se dégagent toutes seules, sous le coup de l'anxiété, à peine claires, brusques comme des révélations. [...] Eschyle aime montrer25. » Les longs chants du chœur ont par conséquent un but d'efficacité dramatique, « cherchant, dans l'angoisse, le sens de l'action en cours26. » L'ampleur de cette construction dramatique déborde en fait du strict cadre de la pièce : Eschyle organise ses tragédies en trilogies cohérentes, notamment en trilogies « liées », c'est-à-dire par un thème ou même par une intrigue comme dans l'exemple de l’Orestie. Il passe d'ailleurs pour l'inventeur de la trilogie liée27. De même, il maîtrise la forme et la tord à son gré, favorisant les changements de rythme ou utilisant le kommos26. Cette composition permet à Eschyle de créer un monde d'angoisse et des images intenses avec « une violence de sentiments et une force à peine soutenables28 ».
La Cité face aux désordres

CONFIRME DU CONSCIENT, JE SUIS DE CEUX QUI ABSORBE SANS VOULOIR ÊTRE ABSORBER. PLUS TERRIFIANT QUE CHARYBDE, JE SUIS L'OCÉAN DANS L'INFINI: LE DÉMON PRÉNOMMÉ WHIRLPOOL. À TOI TE TROUVER UNE SUITE, SLAMINY Jane...

L'enjeu des tragédies d'Eschyle est presque toujours l'ordre civique : hormis le Prométhée enchaîné, toutes les pièces se déroulent dans la cité, devant le palais royal ou un lieu sacré, et la tragédie naît de la remise en cause de l'ordre. Comme le fait remarquer Pierre Vidal-Naquet, « l'auteur tragique déplace, inverse, parfois supprime l'ordre politique. Ce sont les écarts qui créent la mise en évidence, ou, au sens étymologique du mot, la mise en scène12. » Le principal risque qui menace la cité est la guerre. Presque toutes les tragédies conservées d'Eschyle la relatent (Les Perses, Les Sept contre Thèbes), la suivent (l'Orestie) ou la précèdent (Les Suppliantes)29 : l'évocation de la guerre, vivante, obsédante, est une caractéristique bien connue du théâtre d'Eschyle qui « résonne à chaque instant du bruit de la guerre30 », par le truchement de descriptions détaillées, terrifiantes. Mais cette évocation n'est jamais gratuite : « les maux de la masse, ces maux anonymes, traçant tout un réseau de souffrance et de deuil, servent surtout à rehausser la responsabilité des chefs, dont le rôle est précisément d'éviter à leurs peuples de telles épreuves31. » Eschyle a le souci de montrer ce besoin d'un chef lucide, et donne aussi bien l'exemple du bon roi : Darius est ainsi donné en exemple, en contrepoint de son fils ; l'Étéocle, des Sept marque la survie de la cité comme priorité : « Zeus, Terre, dieux de ma patrie, et toi, Malédiction, puissante Érinys d'un père, épargnez du moins ma cité32 » ; enfin le Pélasgos des Suppliantes a beau accéder aux prières des Danaïdes, cela ne l'empêche pas de réaffirmer la priorité de l'enjeu civique : « Puissent-elles, ces étrangères, ne pas être une cause de ruine pour nous, et puisse une guerre inattendue ne pas sortir de ceci. Certes, notre ville n’en a pas besoin33. » Les exemples négatifs existent aussi, comme Xerxès bien sûr dans Les Perses. Agamemnon de son côté est victorieux mais coupable d'avoir mené une guerre injustifiée, excessive, et d'avoir consenti au sacrifice d'Iphigénie. Ces maux, le chœur les dénonce tout au long de la première pièce de l’Orestie : les souffrances de la guerre ont pour cause « une femme qui fut à plus d'un homme34 », « une impudique35 ». En somme Eschyle montre sa préoccupation pour la morale politique et sa répugnance pour l'hybris, que celle-ci soit une hybris de la conquête, du tyran, ou du peuple indiscipliné31. Cette préoccupation du bon chef et de l'ordre civique est remarquable. « Dans tous les mythes qu'il emprunte au fond épique [...] il introduit ce personnage collectif de la cité, essentiel dans sa propre expérience mais anachronique dans la légende36. » Et si l'Orestie semble n'avoir pour véritable enjeu que la race des Atrides, ce n'est qu'un procédé de la part d'Eschyle. Car la conclusion des Euménides, qui met en scène l'aréopage, ne pouvait que résonner d'une façon très particulière chez le public athénien : la trilogie représentée en 458 fait certainement écho aux réformes d'Éphialtès qui réduisent en 461 le rôle du tribunal, notamment son influence politique20, sans qu'on puisse toutefois nettement saisir si ce final constitue une apologie ou une critique de la réforme12.
« La tragédie de la justice divine »

La répugnance d'Eschyle pour l’hybris ne se traduit pas que par la dénonciation des humains, mais également par le rôle des dieux dans les tragédies. Leur poids dans les événements, et dans la punition de la démesure, fait de l'œuvre d'Eschyle, selon Jacqueline de Romilly : « la tragédie de la justice divine » par excellence8. Le poids des dieux dans la défaite de Xerxès est ainsi souligné dans Les Perses : c'est Até, divinité de l'erreur, qui égare le roi37 et qui le punit, d'après le messager (« c'est un dieu dès lors qui nous a détruit notre armée38. ») ; Darius revenu d'entre les morts ne dit pas autre chose en réponse à la reine « Un dieu sans doute avait touché ses esprits. — Terrible dieu, pour l'avoir à ce point aveuglé 39! » Les dieux ont pris le parti d'Athènes et font basculer le conflit, comme le constate le messager : « les dieux protègent la ville de Pallas40. » Ce thème de la punition de l’hybris se retrouve dans Les Suppliantes, lorsque celles-ci affirment : « Zeus précipite les mortels du haut de leurs espoirs superbes dans le néant41 » ou, plus loin, en priant le dieu : « Éloigne de ta race la démesure mâle, digne objet de ta haine, et dans la sombre mer plonge le Malheur aux flancs noirs42. » On retrouve ce poids de la décision divine dans les autres pièces d'Eschyle. Dans Les Sept, Étéocle attribue par avance le succès thébain aux dieux dans sa prière introductive, relayé ensuite par le chœur43. Plus encore, Étéocle introduit le thème de la malédiction et de son accomplissement avant le combat contre son frère44, mais se résigne : « Aux malheurs que les dieux envoient nul ne saurait échapper45. » La malédiction, justement, nourrit l'ensemble de l’Orestie et s'étend de génération en génération, illustrée par une série de meurtres. Celui d'Iphigénie est un sacrifice, mais un sacrifice corrompu qui entraîne la série criminelle : selon un renversement qui rappelle la filiation dionysiaque12, les meurtres sont dès lors dépeints eux-mêmes comme sacrifice46,12, ainsi que celui de la vengeance (celle de Clytemnestre contre Agamemnon, celle d'Oreste contre sa mère, celle des Érinyes contre le meurtrier). Et l’hybris est là encore la cause de la malédiction, comme le souligne Pierre Vidal-Naquet : « Clytemnestre l'avait suggéré cyniquement : une guerre qui ne respecte pas les dieux des vaincus serait une guerre dangereuse pour les vainqueurs. Agamemnon le dira plus clairement encore en décrivant la prise de Troie : la vengeance a été ὑπερκότως, sans commune mesure avec le meurtre d'Hélène46. » C'est pourquoi dans l’Orestie, selon les mots de Jacqueline de Romilly, la justice divine « confère à chaque événement une portée supérieure et donne à chaque geste un prolongement chargé de sens, puisqu'elle lui permet de s'inscrire dans une série plus longue et le rattache à une volonté transcendante47. » Plus précisément, selon Jean-Pierre Vernant, « Ēthos, le caractère, daímōn, la puissance divine, tels sont donc les deux ordres de réalité où s'enracine chez Eschyle la décision tragique48. » Or, l’Orestie débouche sur un conflit entre divinités, au terme des Euménides : Apollon soutient Oreste, vengeur de son père, mais les Érinyes crient vengeance contre le matricide. Oreste est acquitté par l'aréopage institué par Athéna. Or c'est bien cette dernière qui fait pencher le jugement en faveur de l'accusé et met fin au désordre. « Le jugement reste en fait indécis. L'acquittement n'est obtenu que par un artifice de procédure après qu'Athéna, par son vote, a rétabli l'égalité des voix pour et des voix contre Oreste48. » La justice divine l'emporte sur la justice humaine, et c'est elle qui rétablit enfin l'ordre. Reste une nouvelle fois le cas du Prométhée enchaîné. Celui-ci semble de prime abord faire exception, la pièce se jouant entre immortels et ne semblant pas affirmer le principe de la justice divine. Mais la plupart des analyses se fondent sur les hypothèses qui concernent le Prométhée délivré qui devait suivre. Pour Jacqueline de Romilly c'est la naissance de la justice divine chez Zeus qu'Eschyle mettrait là en scène49 tandis que Paul Mazon suppose que Prométhée pouvait faire dans la pièce disparue « l'aveu de sa faute, ou, du moins, une acceptation du sort qui lui était fait désormais16. »
Postérité

L'astéroïde 2876 Eschyle est baptisée en son honneur.[réf. nécessaire]
Notes et références
Notes

↑ Comme Thespis, Pratinas et Phrynichos le Tragique. Voir Romilly 1980, p. 65.
↑ a et b Poétique [lire en ligne [archive]], 1449a.
↑ Parmi celles-ci, la paternité de Prométhée enchaîné est en outre contestée.
↑ Souda [(en+grc) lire en ligne [archive]], s.v. « Αἰσχύλος » (= alphaiota 357 Adler) et une Vie anonyme (éditée par Paul Mazon dans son édition des Belles Lettres) rapportent quelques éléments biographiques de valeur incertaine.
↑ a, b et c Souda, s.v. « Αἰσχύλος » (= alphaiota 357 Adler).
↑ Demont et Lebeau 1996, p. 81-83.
↑ Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne [archive]] (VI, 114) souligne l'héroïsme de ce Kynageiros (ou Cynégire).
↑ a, b, c, d et e Romilly 1970, p. 51.
↑ Romilly 1970, p. 52.
↑ La légende, rapportée par les historiens Valère Maxime (Faits et paroles mémorables, IX, 12) et Pline l'Ancien (Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], X, 3) et reprise par La Fontaine dans sa fable L'Horoscope (Fables, VIII, 12), cite un aigle, mais ce comportement ressemble plutôt à la technique de rupture des os du Gypaète barbu. Voir à ce sujet Pierre Belon du Mans, Histoire de la nature des Oyseaux, Genève, Droz, 1997 (ISBN 2-600-00171-9, lire en ligne [archive]), p. 407.
↑ Les sources varient, mais le minimum cité est de 73. Demont et Lebeau 1996, p. 81.
↑ a, b, c, d, e et f Pierre Vidal-Naquet, « Eschyle, le passé et le présent », préface de l'édition de Paul Mazon, Paris, Gallimard, « Folio », 1982 ; rééd. Vernant & Vidal-Naquet, t. II, p. 91-114.
↑ Romilly 1970, p. 53.
↑ Ces fragments ont été rassemblés par Stefan Radt dans le troisième volume des Tragicorum Græcorum Fragmenta, Göttingen, 1984.
↑ Demont et Lebeau 1996, p. 89.
↑ a, b, c, d, e, f et g Notice de la pièce citée dans l'édition de Paul Mazon.
↑ Voir l'article « Tragédie grecque ».
↑ Romilly 1970, p. 35.
↑ Voir ci-dessous.
↑ a et b Jean Hatzfeld, Histoire de la Grèce ancienne, rééd. Petite Bibliothèque Payot, 2002, p. 202-203.
↑ (en) Mark Griffith, The Authenticity of Prometheus Bound, Cambridge, 1977.
↑ Voir ci-dessous.
↑ Romilly 1970, p. 33-34.
↑ Bien plus que chez Sophocle ou Euripide. À ce sujet voir l'article « Tragédie grecque ».
↑ Romilly 1970, p. 77.
↑ a et b Romilly 1980, p. 73.
↑ Demont et Lebeau 1996, p. 93.
↑ Romilly 1980, p. 74.
↑ Le Prométhée fait là encore exception
↑ Romilly 1970, p. 69.
↑ a et b Romilly 1970, p. 71.
↑ V. 69. Traduction de Paul Mazon.
↑ V. 354-358. Traduction de Leconte de Lisle [lire en ligne].
↑ V. 62, traduction de Paul Mazon
↑ V. 803, trad. Paul Mazon.
↑ Romilly 1970, p. 73.
↑ « Caressante et douce, Até égare l'homme en ses panneaux », v. 90, trad. Paul Mazon.
↑ V. 345, trad. Paul Mazon.
↑ V. 724-725, trad. Paul Mazon.
↑ V. 347, trad. Paul Mazon.
↑ V. 93, trad. Paul Mazon.
↑ V. 526-527, trad. Paul Mazon.
↑ V. 110 et suiv.
↑ V. 652 et suiv.
↑ V. 722-723, trad. Paul Mazon.
↑ a et b Pierre Vidal-Naquet, « Chasse et sacrifice dans l’Orestie d'Eschyle », Vernant & Vidal-Naquet, t. I, p. 133-158.
↑ Romilly 1970, p. 66.
↑ a et b Jean-Pierre Vernant, « Ébauches de la volonté dans la tragédie grecque », Vernant & Vidal-Naquet, t. I, p. 41-74.
↑ Romilly 1970, p. 62-63.

Bibliographie

(fr) Émile Chambry, Émeline Marquis, Alain Billault et Dominique Goust (trad. Émile Chambry), Lucien de Samosate : Œuvres complètes, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2015, 1248 p. (ISBN 9782221109021) Document utilisé pour la rédaction de l’article
(fr) Georges Leroux (dir.) et Luc Brisson, La République, Éditions Gallimard, 2008 (1re éd. 2006) (ISBN 978-2-0812-1810-9)
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Éditions

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Les Perses, Eschyle, traduction de Pierre Judet de La Combe et Myrto Gondicas, édition revue et corrigée du texte paru en 2003 aux éd. Comp'act.

Études sur Eschyle

André Wartelle, Bibliographie historique et critique d'Eschyle et de la tragédie grecque : 1518-1974 (« Collection d'études anciennes »), Paris, Belles Lettres, 1978, XVI-685 p. (ISBN 2251325735)
Ismail Kadare, Eschyle ou l'éternel perdant, Paris, Fayard, 1988 ; 2e éd. revue et augmentée, Eschyle ou le grand perdant, Paris, Fayard, 1995
Alain Moreau [archive], Eschyle. La Violence et le Chaos, Les Belles Lettres, Paris, 1985.
Alain Minc, Grandeur et servitude : une vie avec Eschyle, Xylo éditeur, Monte-Carlo, 2008.
(en) Gilbert Murray, Æschylus, The Creator of Tragedy, Clarendon Press, Oxford, 1940.
Jacqueline de Romilly, La Crainte et l'Angoisse dans le théâtre d'Eschyle, Les Belles Lettres, Paris, 1971.
(en) Oliver Taplin, The Stagecraft of Aeschylus, Oxford, 1977.

Ouvrages généraux

Werner Jaeger, Paideia, La Formation de l'homme grec, Gallimard, 1988 (chap. Le Drame d'Eschyle, p. 281 à 313) (ISBN 2-07-071231-1)
Harold Caparne Baldry, The Greek Tragic Theatre, Cambridge University Press, 1951, trad. en français : Le théâtre tragique des Grecs, Paris, Maspero/La Découverte, 1975, éd. revue et corrigée Presses Pocket, coll. « Agora », 1985.
Paul Demont et Anne Lebeau, Introduction au théâtre grec antique, Paris, Livre de Poche, coll. « Références », 1996.
Suzanne Saïd, Monique Trédé et Alain Le Boulluec, Histoire de la littérature grecque, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Premier Cycle », 1997 (ISBN 2130482333 et 978-2130482338).
Jacqueline de Romilly, La Tragédie grecque, PUF, coll. « Quadrige », 2006, 8e éd..
Jacqueline de Romilly, Précis de littérature grecque, PUF, coll. « Quadrige », 2007, 2e éd..
Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet, Mythe et tragédie en Grèce ancienne (2 vol.), Maspero, 1972, rééd. La Découverte, coll. « La Découverte/Poche », 1986, 1995, 2001.

Œuvres d'Eschyle
Tragédies Les Perses · Les Sept contre Thèbes · Les Suppliantes · Orestie (Agamemnon · Les Choéphores · Les Euménides) · Prométhée enchaîné
Tragédies fragmentaires Les Myrmidons · Niobé

VOILÀ QUI FAIT DE VOUS, UNE PENSÉE EXPRESSIVE. CONSCIENCE ET CONSIDÉRATIONS, PROFESSEUR.
MES AMIES ET MES FRÈRES. NE TE LAISSE PAS ÉBLOUIR PAR LA RICHESSE DES TRÉSOR CAR
LEURS PRÉCIEUX EST LIÉS À L'IMMENSITÉ DE L'IMMORTALITÉ À ACCOMPLIR: LE BIEN. VOILÀ MON AMOUR
ET MES ESPÉRANCES, ESPRIT DU SILENCE. YANIS

RAPPORT D'UNE PARABOLE DE RUE
DE L'ASSOCIATION
UN MUR DANS LE RÉEL.
AVEC LE CITOYEN TIGNARD YANIS

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Re: L’ÉCOSSE, SEAN CONNERY, SUSAN FLEETWOOD ET Y'becca

Message par yanis la chouette le Mar 4 Juil - 17:13

Au cœur du dialogue figure la rencontre entre deux êtres souverains
dont aucun ne cherche à impressionner l'autre ni à l'utiliser. Selon Buber,
l'homme peut vivre sans dialogue mais qui n'a jamais rencontré un Tu
n'est pas véritablement un être humain. Cependant, celui qui pénètre
dans l'univers du dialogue prend un risque considérable puisque la relation
Je-Tu exige une ouverture totale du Je, qui s'expose ainsi à un refus et
à un rejet total.

De Martin Buber, né le 8 février 1878 à Vienne et mort le 13 juin 1965
à Jérusalem, est un philosophe, conteur et pédagogue israélien et autrichien.
-------------------------------------------------------------------------------------------
Tu... Le temps d'un instant... Tu... Oui, un joli terme... Tu, un doux sourire...
Tu... Elle ou il ... Un charnel... Un érotisme... Un sphinx... Ce doux bras de fer.
Tu dans Elle ou Il... Les bons et les mauvais, les fous rires et les disputes...
La joie et la Tristesse... Tu et son Je... Oui... Je, Tu, Il ou Elle , Nous, Vous,
Ils et Elles. Cet énigmatique You Forever... Langage et dialogue des regards et
de l'innocence masquée... Un Chardonneret et un charitable, Tu.

De
TAY
La choutte effraie

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Re: L’ÉCOSSE, SEAN CONNERY, SUSAN FLEETWOOD ET Y'becca

Message par yanis la chouette le Ven 18 Aoû - 16:19

Le Bethlem Royal Hospital (appelé communément Bedlam) est un hôpital psychiatrique situé à Beckenham dans le borough londonien de Bromley. Il est reconnu comme la première institution occidentale ayant offert des services de soins psychiatriques. Même s'il ne se trouve plus à son emplacement original, ce serait le plus ancien hôpital qui se spécialise dans les soins psychiatriques. Au XXIe siècle, il offre des services de pointe pour le traitement des problèmes de santé mentale, mais il est réputé pour avoir été le théâtre de plusieurs pratiques cruelles et inhumaines.

Il est connu sous divers noms : St. Mary Bethlehem, Bethlem Hospital, Bethlehem Hospital et Bedlam. Le mot anglais « bedlam », qui signifie chahut et confusion, trouve son origine dans son nom. Il pouvait aussi avoir le sens d'asile d'aliénés puisqu'on lit chez Voltaire : « ce monde est un grand Bedlam, où des fous enchaînent d'autres fous1 ».

En 2011, il héberge une collection d'œuvres de malades mentaux, le Bethlem Royal Archives and Museum.

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Saül. (1818)
Par Alphonse De Lamartine (1790-1869)
La scène est sur la montagne de Gelboé, dans le camp de Saül.

ACTE I

Le théâtre représente un camp on voit d'un côté les tentes du roi; de l'autre
des rochers et des arbres; des drapeaux, des trophées sont sur le devant.

SCÈNE I

DAVID, seul, sans armes. Il est nuit.

DAVID
Enfin je vous revois, lieux ,chers à ma mémoire!
Lieux autrefois remplis de bonheur et de gloire!
0 palais des guerriers! ô tentes où mon roi
Du salut d'Israël se reposait sur moi!
Et vous, drapeaux sacrés! et vous, armes royales
Que Saül confiait à ces mains filiales!
Après un si long temps d'exil et de malheurs,
Je vous vois, je vous touche, et vous baigne de pleurs!

(Il embrasse les étendards et les trophées.)

Invoquant de la nuit les ombres tutélaires,
Je rentre en fugitif au milieu de mes frères;
Je rentre, et nul guerrier ne reconnaît en moi
Ce David, le soutien, le gendre de son roi!
0 Saül, ô mon maître! Et toi, Dieu redoutable
Dont la main m'éleva, dont la rigueur m'accable,
Que ne me laissais-tu dans mon obscurité?
Que mon bonheur fut court et fut trop acheté
Élevé par mon prince au sein de sa famille,
Il m'approche du trône, il me donne sa fille;
II me la donne! ô ciel et par un prompt retour,
M'arrache cet objet d'un immortel amour.
Jaloux de ces lauriers cueillis pour sa défense,
En contemplant ma gloire, il craint pour sa puissance,
Et je me vois trois ans proscrit de ces États
Honorés par mon nom et sauvés par mon bras.
C'.en est trop, mes malheurs ont passé mon courage!
C'est languir trop longtemps dans ce honteux veuvage
Quel qu'en soit le succès, par un dernier effort,
Je viens redemander ou Michol ou la mort!

SCÈNE II

DAVID, JONATHAS, sortant des tentes du roi.

JONATHAS (à demi-voix.)
Le sommeil à la fin descend sur sa paupière;
Veillons!

(II entend les pas de David.)

Qu'ai-je entendu? Quel mortel téméraire
Ose franchir l'enceinte où repose son roi?
Guerrier, quel est ton nom?

DAVID.
Vive Israël c'est moi!

JONATHAS.
C'est la voix de David?

DAVID (se jetant dans ses bras.)
Oui, c'est lui, c'est ton frère,
0 mon cher Jonathas!

JONATHAS.
0 ciel! qu'oses-tu faire?
Viens-tu braver du roi l'implacable courroux?

DAVID.
Je viens pour le fléchir, ou tomber sous ses coups.

JONATHAS.
Tes ennemis ici veillent pour sa vengeance.

DAVID.
L'appui des innocents veille pour ma défense.

JONATHAS.
Les piéges de la mort environnent tes pas.

DAVID.
Ah! qui vit dans l'exil, ami, ne la craint pas!
Banni, persécuté, privé de ma patrie,
Errant loin de Michol, que m'importe la vie?
Que m'importent des jours traînés dans les déserts,
Loin du saint tabernacle et du Dieu que je sers?

JONATHAS.
Si Dieu les conservait au peuple qui l'adore?
Ton bras fut son salut:

DAVID.
Il le serait encore!

Au secours d'Israël que ne puis-je l'offrir?

JONATHAS.
C'est ainsi seulement que David doit mourir.
Tu sais de quels fléaux le ciel, qui nous accable,
Trouble les derniers jours d'un prince misérable;
Cet État, si longtemps affermi par ta main,
Depuis qu'il t'a perdu penche vers son déclin;
Chaque jour nous enlève un reste de puissance,
Chaque pas nous entraîne à notre décadence,
Et par tant de revers nos vainqueurs enhardis
Partagent en espoir nos funestes débris.
Le Philistin triomphe, et Juda, sans courage,
Tend ses mains sans défense aux fers de l'esclavage;
Il touche a ces moments prédits par Samuel
Où le Jourdain verra les filles d'Israël,
D'un vainqueur insolent malheureuses captives,
S'asseoir loin de Gessen et pleurer sur ses rives.
Seulement avec nous quelques rares soldats
Disputent Israël et ne le sauvent pas
A des vainqueurs surpris de leur propre victoire
Ils imposent encor par un reste de gloire;
Mais de l'arche de Dieu les derniers défenseurs
Combattent sans espoir et tombent sans vengeurs.

DAVID.
Sans vengeurs! et je vis! JI leur en reste encore.

JONATHAS.
Dieu ne se souvient plus du peuple qui l'adore;
Israël, autrefois l'objet de son amour,
Le jour qui va paraître est-il ton dernier jour?

DAVID.
Que dis-tu?

JONATHAS.
Que demain le combat recommence;
Qu'aux pieds de Gelboé le Philistin s'avance,
Et que, de toutes parts d'ennemis entourés,
Il faut vaincre ou périr.

DAVID.
Chers amis, vous vaincrez!
Vous vaincrez, ou David, couché sur la poussière,
Aura mêlé son sang au pur sang de son frère.
Viens, que Saül en moi retrouve enfin son fils.

JONATHAS.
Garde-toi de t'offrir à ses regards surpris!
Crains d'éveiller en lui cette fureur soudaine
Dont le bouillant transport à ton seul nom l'entraîne;
Attends que ses esprits, par nos soins préparés,
De ses préventions reviennent par degrés;
Laisse agir de Michol la tendresse prudente;
Voici l'heure où, quittant le repos de sa tente,
Quand sa douleur fidèle a chassé le sommeil,
Elle vient de Saül attendre le réveil,
Aux forêts, à la nuit confier ses alarmes,
Adresser au Seigneur sa prière et ses larmes,
Et se plaignant au ciel, sans accuser son roi,
Lui présenter les voeux qu'elle forme pour toi!
Aux transports accablants que causerait ta vue
Laisse-moi préparer son âme trop émue.
Laisse. Mais la voici!

DAVID.
C'est elle, je l'entends,
A je la reconnais au trouble que je sens!

Saül. (1818)
Par Alphonse De Lamartine (1790-1869)

------------------------------------

..La amistad es como una rosa..
Siempre hay que dedicarle tiempo para cultivarla..Regalarla con cariño, y afecto..
Y veras como crece con cuidados..
Buenos días Hermosas Bunburyanas! ⚘⚘
.. L'amitié est comme une rose..
Il faut toujours du temps pour cultiver.. Donner avec amour et affection..
Et vous verrez comme il grandit avec soins..
Bonjour belles bunburyanas ! ⚘⚘

-------------------------------------------------

« Le parallélisme Marx-Freud reste tout à fait stérile et indifférent, mettant en scène des termes qui s'intériorisent ou projettent l'un dans l'autre sans cesser d'être étrangers, comme dans cette fameuse équation argent = merde. En vérité, la production sociale est uniquement la production désirante elle-même dans des conditions déterminées. »

— L'Anti-Œdipe

yanis la chouette

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Re: L’ÉCOSSE, SEAN CONNERY, SUSAN FLEETWOOD ET Y'becca

Message par yanis la chouette le Ven 18 Aoû - 16:23

Le Rien, la Nudité, Y'becca, La Laïcité

http://le-rien-la-nudite.forumactif.com/t99-amy-johnson-la-belle-nina-la-tamise-et-y-becca#515

Le rien n'est pas arrivé là par hasard, il a forcément été créé. Vous connaissez-tous le proverbe: On n'a rien sans rien. Supposons que Dieu était là depuis toujours

Geneviève.
Par Alphonse De Lamartine (1790-1869)

PRÉFACE

I
Avant d’ouvrir par l’histoire de Geneviève cette série de récits
et de dialogues à l’usage du peuple des villes et des campagnes,
nous devons dire dans quel esprit ils ont été conçus, à quelle
occasion ils ont été composés, et pourquoi nous dédions ce
premier récit à mademoiselle Reine Garde, couturière et servante
à Aix, en Provence. Le voici :

II
J’étais allé passer une partie de l’été 1846 dans cette Smyrne
de la France qu’on appelle Marseille, ville digne par son activité
commerciale de servir d’échelle principale à la navigation
marchande et de rendez-vous aux caravanes de feu de l’Occident,
nos chemins de fer ; ville digne, par son goût attique pour toutes
les cultures de l’esprit, de s’honorer, comme la Smyrne d’Asie, des
souvenirs de grands poëtes. J’étais logé hors de la ville, trop
bruyante pour des malades, dans une de ces villas, autrefois
bastides, sorties de terre dans toute la circonférence de son sol
pour donner, avec le loisir du dimanche, la vue de ses voiles et les
brises de sa mer à cette population avide de plaisirs naturels, et
qui boit la poésie de son beau climat par tous les sens.
Le jardin de la petite villa que j’habitais ouvrait par une petite
porte sur la grève sablonneuse de la mer, à l’extrémité d’une
longue avenue de platanes, derrière la montagne de Notre-Dame
de la Garde, et tout près de la petite rivière voilée de lentisques
qui sert de ceinture au beau parc et à la villa toscane ou génoise
de la famille Borelli. On entendait de nos fenêtres les moindres
mouvements de la vague sur les bords de son lit et sur son oreiller
de sable, et, quand on ouvrait la porte du jardin, on voyait les
franges d’écume s’avancer presque jusqu’au mur, et se retirer
alternativement comme pour tenter et pour tromper dans un jeu
éternel la main qui aurait voulu se tremper dans l’onde. Je
passais des heures et des heures assis sur une grosse pierre, sous
un figuier, à côté de cette porte, à contempler cette lumière et ce
mouvement qu’on appelle la mer. De temps en temps, une voile
de pêcheur, ou la fumée rabattue comme un panache sur la
cheminée d’un bateau à vapeur, glissait sur la corde de l’arc que
formait le golfe, et interrompait la monotonie de l’horizon.


III
Les jours ouvriers cette grève était à peu près déserte ; mais
les dimanches elle s’animait de groupes de marins, de portefaix
riches et oisifs et de familles de négociants de la ville qui venaient
se baigner ou s’asseoir entre l’ombre du rivage et le flot. Un
murmure d’hommes, de femmes et d’enfants, heureux du soleil et
du repos, se mêlait aux babillages des vagues légères et minces
comme les lames d’acier poli sur le sable. De nombreux petits
bateaux doublaient à la voile ou à la rame la pointe du cap de
Notre-Dame de la Garde, ombragée de pins maritimes. Ils
traversaient le golfe en rasant la terre, pour aller aborder sur la
côte opposée. On entendait les palpitations de la voile, la cadence
des huit rames, les conversations, les chants, les rires des belles
bouquetières et des marchandes d’oranges de Marseille, filles de
Phocée, amoureuses des golfes, et qui aiment à jouer dans les
écumes de leur élément natal.


IV
A l’exception de la famille patriarcale des Rostand, ces grands
armateurs qui unissent Smyrne, Athènes, la Syrie, l’Égypte à la
France par leurs entreprises, et à qui j’avais dû tous les agréments
de mon premier voyage en Orient ; à l’exception de M. Miége,
agent général de toute notre diplomatie maritime sur la
Méditerranée ; à l’exception de Joseph Autran, ce poëte oriental
qui ne veut pas quitter son horizon parce qu’il préfère son soleil à
la gloire, je connaissais peu de monde à Marseille. Je ne cherchais
pas à connaître, je cherchais l’isolement pour le loisir et le loisir
pour l’étude ; j’écrivais l’histoire d’une révolution sans me douter
qu’une autre révolution regardait déjà par-dessus mon épaule
pour m’arracher les pages à peine terminées, et pour me
permettre un autre drame de la France, non sous la plume, mais
dans la main.


V
Mais Marseille est hospitalière comme sa mer, son port et son
climat. Les belles natures ouvrent les coeurs. Là où sourit le ciel,
l’homme est tenté de sourire aussi. A peine étais-je installé dans
ce faubourg, que les hommes lettrés, les hommes politiques, les
négociants à grandes vues, les jeunes gens qui avaient un écho de
mes anciennes poésies dans l’oreille, les ouvriers même, dont un
grand nombre lit, écrit, étudie, chante, versifie et travaille à la fois
des mains, affluèrent dans ma retraite, mais avec cette réserve
délicate qui est la pudeur et la grâce de l’hospitalité. J’avais les
plaisirs sans les gênes de cet empressement et de cet accueil : mes
matinées à l’étude, mes journées à la solitude et à la mer, mes
soirées à un petit nombre d’amis inconnus, venus de la ville pour
s’entretenir de voyages, de littérature et de commerce.






VI
Ces questions de commerce, Marseille ne les rétrécit pas en
questions de petit trafic, de mesquine épargne et de parcimonie
de capital ; Marseille les voit en grand comme une dilatation et
une expansion du travail français et des matières premières de ce
travail importées ou exportées de l’Europe à l’Asie. Le commerce,
pour les Marseillais, est une diplomatie lucrative, locale et
nationale à la fois. IIy a du patriotisme dans leurs entreprises, de
l’honneur sur leurs pavillo ns, de la po litique dans leurs
cargaisons. Leur commerce est une bataille éternelle qu’ils livrent
à leurs risques et périls sur les flots, pour disputer l’Afrique et
l’Asie aux rivaux de la France, et étendre la patrie et le nom
français sur les continents opposés de la Méditerranée.






VII
Une rencontre inattendue donnait en ce moment une
fermentation morale de plus à ces entretiens sur le commerce à
Marseille. Un grand économiste, dont le nom venait de surgir
nouvellement en France, et qui promettait ce qu’il tient
aujourd’hui, bon sens, courage et conscience, M. Frédéric Bastiat,
était à Marseille. Il y avait été appelé pour y traiter, dans des
réunions publiques, la question du libre échange, cette révolution
du commerce, cette insurrection pacifique de l’intérêt général
contre les monopoles partiels, cette liberté des dix doigts de la
main contre l’arbitraire du travail. M. Bastiat, que je connaissais
de nom et d’oeuvre, vint me voir. Il m’engagea à ces réunions. Je
connaissais ces questions. Je partageais en grande partie ses
opinions sur le libre échange ; je ne différais que sur l’application
plus ou moins rapide et plus ou moins révolutionnaire de ses
théories. Je les voulais lentes, graduées et transformatrices, pour
donner au travail protégé lui-même le temps de se transformer
sans périr. J’assistai à de magnifiques séances où M. Bastiat,
M. Reybaud, les députés, les académiciens, les grands négociants
de Marseille, luttèrent de bon sens et d’éloquence. Je fus amené à
y prendre la parole. On me traita en hôte du pays ; Marseille me
nationalisa par son accueil. Cette belle ville devint une patrie de
reconnaissance pour moi, comme elle était déjà une patrie de mes
yeux. Ces séances accomplies, je repris ma solitude et mon travail
dans mon faubourg.





VIII
Un dimanche, au retour d’une longue course en mer avec
madame de Lamartine, on nous dit qu’une femme, d’un extérieur
modeste et embarrassé, était arrivée par la diligence d’Aix à
Marseille, et qu’elle nous attendait depuis quatre ou cinq heures
dans une petite serre d’orangers qui faisait suite au salon de la
villa sur le jardin. Je laissai madame de Lamartine entrer dans la
maison, et j’entrai dans l’orangerie pour recevoir cette pauvre
étrangère. Je ne connaissais personne à Aix, et j’ignorais
complétement le motif qui pouvait avoir amené cette voyageuse
d’une patience si obstinée à nous attendre toute une demijournée.
En entrant sous l’orangerie, je vis une femme, jeune encore,
d’environ trente-six ou quarante ans. Elle était vêtue en
journalière de peu d’aisance ou de peu de luxe : une robe
d’indienne rayée, déteinte et fanée ; un fichu de coton blanc sur le
cou ; ses cheveux noirs proprement lissés, mais un peu poudrés,
comme ses souliers, de la poussière de la route en été. Ses traits
étaient beaux, gracieux, de cette molle et suave configuration
asiatique qui exclut toute tension des muscles du visage, qui
n’exprime que candeur et qui n’inspire qu’attrait ; de grands yeux
d’un bleu noirâtre, une bouche un peu affaissée aux coins par la
langueur ; un front pur de tout pli comme celui d’un enfant ; les
joues pleines vers le menton et se joignant par des ondulations
toutes féminines à un cou large et un peu renflé au milieu comme
le cou des statues grecques ; un regard qui rappelait le clair de
lune réfléchi dans une vague plutôt que le soleil de son pays ; une
expression de timidité mêlée de confiance dans l’indulgence
d’autrui, émanant de l’abandon de sa propre nature : en tout,
l’image de la bonté, qui la porte dans son attitude comme dans
son coeur, et qui espère la trouve, dans les autres. On voyait que
cette femme, encore agréable, avait dû être très-attrayante dans
sa jeunesse. Elle avait encore ce que le peuple, qui définit tout
sans phrase, appelle le gain de beauté, ce prestige, cet aimant, ce
je ne sais quoi qui fait qu’on attire, qu’on charme et qu’on retient.
Son embarras et sa rougeur devant moi me donnèrent le temps de
la bien regarder et de me sentir moi-même à l’aise, en paix et en
bien-être avec cette inconnue. Je la priai de s’asseoir sur une des
caisses d’oranger recouvertes d’une natte d’Égypte, et, pour l’y
encourager, je m’assis moi-même sur une caisse en face. Elle
rougissait de plus en plus, elle balbutiait, elle passait sa belle
main potelée et un peu massive sur ses yeux. Elle ne savait
évidemment quelle attitude prendre ni par où commencer. Je la
rassurai, et je l’aidai par quelques questions pour lui ouvrir la voie
de l’entretien qu’elle paraissait à la fois désirer et craindre.





IX
« Madame » lui dis-je.
Elle rougit davantage encore.

« Je ne suis pas mariée, monsieur, me dit-elle, je suis fille.
» - Eh bien, mademoiselle, voulez-vous me dire pourquoi
vous êtes venue de si loin, et pourquoi vous avez attendu si
longtemps notre retour pour m’entretenir ? Est-ce que je puis
vous être utile à quelque chose ? Est-ce que vous avez une lettre à
me remettre de la part de quelqu’un de votre pays ?
» - Oh ! mon Dieu, non, monsieur, je n’ai rien à vous
demander, et je me serais bien gardée de me procurer une lettre
des messieurs de mon pays pour vous, ou de laisser connaître
seulement que je venais à Marseille pour vous voir. On m’aurait
prise pour une vaniteuse qui voulait se rendre plus grande qu’elle
n’est en allant s’approcher des hommes qui font du bruit. Oh ! ce
n’est pas cela.
» - Eh bien, alors, que venez-vous me dire ?
» - Mais rien, monsieur !
» - Comment, rien ? Mais rien, cela ne vaut pas la peine de
perdre deux jours pour venir d’Aix à Marseille, ni de m’attendre
ici jusqu’au coucher du soleil, pour retourner demain d’où vous
venez ?

» - C’est pourtant vrai, monsieur ; vous devez me trouver
bien simple. Eh bien, je n’ai rien à vous dire, et je ne voudrais pas
pour un trésor que l’on sût à Aix que je suis venue ici !
» - Mais enfin quelque chose vous a poussée à venir ; vous
n’êtes pas comme ces vagues que vous voyez qui vont et viennent
sans savoir pourquoi. Vous avez une pensée ; vous paraissez
spirituelle et vive ; voyons, cherchez bien, quelle a été votre idée
en prenant une place dans la diligence d’Aix et en vous faisant
conduire à ma porte ?

» - Eh bien, monsieur, dit-elle en passant ses deux mains sur
ses joues comme pour en faire disparaître la rougeur et
l’embarras, et en rejetant ses belles boucles de cheveux noirs
humides de sueur derrière son cou, c’est vrai, j’avais une idée, une
idée qui ne me laissait pas dormir depuis huit jours. Je me suis
dit : « Reine ! il faut te contenter ! tu ne diras rien à personne, tu
fermeras ta boutique le samedi soir de bonne heure, tu prendras
la diligence de nuit, tu passeras le dimanche à Marseille, tu iras
voir ce monsieur, tu repartiras pour Aix le dimanche soir, tu seras
le lundi matin à ton ouvrage, et tout sera fini ; tu te seras
contentée une fois dans ta vie, sans que tes voisins ou voisines se
doutent seulement que tu es sortie de la rue ou du Cours. »

********

XVII
» - Vous êtes donc quelquefois triste ? lui demandai-je avec
un véritable intérêt.
» - Pas souvent, monsieur ; grâce à Dieu, je suis de bonne
humeur ; mais, enfin, tout le monde a ses peines, surtout quand
on n’a ni parent, ni famille, ni mari, ni enfants, ni nièce autour de
soi, et qu’on remonte le soir toute seule dans sa chambre pour se
réveiller toute seule le matin, et n’entendre que les pattes de son
oiseau sur les bâtons de sa cage ! Encore s’ils ne mouraient pas,
monsieur ! s’ils étaient comme les perruches ou les perroquets
qu’on voit sur le quai du port, à Marseille, et qui vivent, à.ce qu’on
dit, cent et un ans, on serait sûr de ne pas manquer de compagnie
jusqu’à la fin de ses jours ! Mais vous vous y attachez, et puis cela
meurt ; un beau matin vous vous réveillez et vous n’entendez plus
chanter votre ami près de la fenêtre ; vous l’appelez des lèvres, il
ne répond pas ; vous sortez du lit, vous courez pieds nus vers la
cage, et qu’est-ce que vous voyez ? Une pauvre petite bête, la tête
couchée sur le plancher, le bec ouvert, les yeux fermés, les pattes
roides et les ailes étendues dans sa pauvre prison ! Adieu ! tout
est fini ! Plus de joie, plus de chansons, plus d’amitié dans la
chambre ; plus personne qui vous fête quand vous rentrez ! Ah !
c’est bien triste, monsieur, croyez-moi ! »
Et elle refoula deux larmes qui se formaient sous sa paupière.
« Vous pensez à votre chardonneret, mademoiselle Reine ?
lui dis-je.
» - Hélas ! oui, monsieur, dit-elle avec honte, j’y pense
toujours depuis que je l’ai perdu comme cela. Quand on n’a pas
beaucoup d’amis, voyez-vous, on tient au peu que le bon Dieu
nous en laisse ! Celui-là m’aimait tant ! Nous nous parlions tant ;
nous nous fêtions tant tous les deux ! Ah ! on dit que les bêtes
n’ont pas d’âme ! Je ne veux pas offenser le bon Dieu ; mais si
mon pauvre oiseau n’avait pas d’âme, avec quoi donc m’aurait-il
tant aimée ? avec les plumes ou avec les pattes pout-être ? Bah !
bah ! laissons dire les savants ; j’espère bien qu’il y aura des
arbres et, des oiseaux en paradis, et je ne crois pas faire mal pour
cela encore. Est-ce que le bon Dieu est un trompeur ? Est-ce qu’il
nous ferait aimer ce qui ne serait que mort et illusion ?
» - Est-ce que vous n’avez rien écrit, Reine, sur ce chagrin,
qui paraît vous serrer le coeur ?
» - Si, monsieur ; pas plus tard que dimanche dernier, en
regardant sa cage vide et le mouron séché qui y pendait encore, et
en me sentant pleurer, je nie suis mise à lui écrire des vers, à mon
pauvre chardonneret, comme s’il avait été là pour les entendre.
Mais je n’ai pas pu les finir, cela me faisait trop de mal.
» - Dites-moi ces vers, ou du moins ceux dont vous vous
souvenez, ici, là, peu importe, c’est le sentiment que j’en veux, ce
ne sont pas les rimes. »
Elle chercha un moment dans sa mémoire, puis elle dit d’une
voix émue et caressante, comme si elle avait parlé à l’oiseau luimême:

VERS A MON CHARDONNERET
Toi dont mon seul regard faisait frissonner l’aile,
Qui m’égayais par ton babil,
Hélasl te voilà sourd à ma voix qui t’appelle,
Cher oiseau ! la saison cruelle
De ta vie a tranché le fil !
Ne crains pas que l’oubli chez les morts t’accompagne,
O toi le plus doux des oiseaux !
Tu fus pendant six ans ma fidèle compagne,
Oubliant pour moi la campagne,
Ta mère et ton nid de roseaux !
Moi je fus avec toi si vite accoutumée !
Nos jeux étaient mon seul loisir ;
Lorsque tu me voyais dans ma chambre enfermée,
Tu chantais. A ta voix aimée,
Mon ennui devenait plaisir !
Dans ta captivité je semblais te suffire,
Tu comprenais mes pas, ma voix,
Mon nom même, en ton chant tu savais me le dire ;
Dès que tu me voyais sourire,
Tu le gazouillais mille fois !
Oh ! notre vie à deux ! quelle était douce et pure !
Oh ! qu’ensemble nous étions bien !
Le peu qu’il nous fallait pour notre nourriture,
Je le gagnais à la couture ;
Je pensais : « Mon pain est le sien ! »
Je variais tes grains ; puis en forme de gerbe
Cueillie au bord des champs d’été,
Tu me voyais suspendre à ta cage superbe
Un coeur de laitue, un brin d’herbe
Entre les barreaux becqueté !
Que ne peux-tu savoir combien je te regrette !
Hélas ! ce fut à pareil jour
Que tu vins par ton vol égayer ma chambrette,
Où maintenant je te regrette
Seule sans cette ombre d’amour !
Et cela finissait par deux ou trois strophes plus tristes encore,
et par un espoir de revoir au ciel son oiseau enseveli pieusement
par elle, dans une caisse de rosier, sur sa fenêtre, fleur qui
inspirait tous les ans au chardonneret ses plus joyeuses et ses plus
amoureuses chansons. Je regrette de les avoir égarées en quittant
Marseille.

******************

Source: http://www.poesies.net

LE SABLE ET L'EAU OU L'OASIS.
DÉDIE AUX MARIAGES QUI DEVIENNENT AMOUR

"OMBRE ET POUSSIÈRE AVEC FORCE ET HONNEUR
ENGENDRE; L'HORIZON ET LA NATURE EST
LA CONSCIENCE DU VERBE ET DE LA RÉPUBLIQUE:
MON SEPTIÈME JOUR ET DU 8 à HUIT."CRIE YAHVÉ.

"LE PEUPLE PORTE LE VENTRE DE LA CONSCIENCE,
GÉMIT MARIE-MADELEINE:
MON CŒUR, MON ÂME ET MA SOLITUDE; AI JE
DROIT DE PORTER JUGEMENT".

SILENCE FAIT APPARAITRE LA SUEUR DU SABLE.
TOUT TRANSPIRE DANS YAHVÉ. J'AI HUMEUR
DE PLUIE ET ASPECT DE CHACAL, CAR JE PORTE
MON REGARD SUR LES CIEUX, YAHVÉ". DIT TAY

"OMBRE ET POUSSIÈRE AVEC FORCE ET HONNEUR
ENGENDRE LIBERTÉ DU REGARD ET D'AMOUR:
LA CONSCIENCE DU VERBE ET DE LA RÉPUBLIQUE"
CRIE YAHVÉ VERS LA LUEUR DES PHARES DU VENT.

"MÉMOIRES ET SOUFFLE PORTENT LA CLAMEUR ET
LE CHAGRIN DU SANG. IL RESPIRE LE TEMPS; ICI.
JE SUIS DE CEUX QUI CROIT EN LA FIERTÉ; "LUIE"
LE SOUVENIR DU CHAGRIN ESPÉRÉ, RÉPUBLIQUE."

ECRIT DE
TAY LA CHOUETTE EFFRAIE
OU
CITOYEN TIGNARD YANIS
ALIAS
DARK OBSCUR LE PHOTOGRAPHE

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Re: L’ÉCOSSE, SEAN CONNERY, SUSAN FLEETWOOD ET Y'becca

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