Grec κενοτάϕιον : kenos et taphos ou Cycle de Jugar

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Grec κενοτάϕιον : kenos et taphos ou Cycle de Jugar

Message par yanis la chouette le Ven 5 Mai - 18:26

Un cénotaphe — du grec κενοτάϕιον : kenos (vide) et taphos (tombeau) — est un monument funéraire qui ne contient pas de corps contrairement au mausolée, élevé à la mémoire d'une personne ou d'un groupe de personnes, et dont la forme rappelle celle d'un tombeau. Le Monument aux morts que l'on peut voir dans la plupart des villes et des villages est une forme de cénotaphe.

Les critères de convergence (ou « critères de Maastricht » ) sont des critères établis en 1991-1993 par le Traité de Maastricht et fondés sur des indicateurs économiques que doivent respecter les pays membres de l’Union européenne candidats à l’entrée dans l’Union économique et monétaire européenne, la zone euro. Une fois entrés, les pays membres doivent continuer à respecter ces critères, sous peine d’avertissements puis de sanctions. Le respect de ces critères est jugé nécessaire à la réussite du Pacte de stabilité et de croissance, pour éviter les phénomènes de « passager clandestin » que les zones monétaires favorisent.

Ces critères furent établis lors du traité de Maastricht, signés par les membres de l'Union européenne le 7 février 1992, dans le cadre de la mise en place de l'Union économique et monétaire européenne.

Objectifs

Ces critères sont jugés indispensables, dans le cadre d'une Union économique et monétaire, pour maintenir le comportement rigoureux des pays membres concernant la dette publique et éviter les comportements de passager clandestin : une zone monétaire dont l'endettement total paraît soutenable sur le long terme bénéficiera (et donc chacun de ses membres) de taux d'intérêt faibles. Or, une union monétaire incite chaque pays pris individuellement à s'endetter, en bénéficiant des taux faibles dus au comportement vertueux des autres membres, et à en faire porter le poids sur l'ensemble de ses partenaires.
Critères
Situation à la fin de l'année 2016 :

Pays respectant les critères de Maastricht.
Pays respectant les critères sur un point seulement.
Pays avec dette et déficit public modérés.
Pays avec déficit public modéré.
Pays avec dette et déficit public forts.
Pays avec déficit et dette très fort, pays en difficulté.

Les quatre critères sont définis dans l'article 121 du traité instituant la Communauté européenne1.

Ils imposent la maîtrise de l'inflation, de la dette publique et du déficit public, la stabilité du taux de change et la convergence des taux d'intérêt.

L'appréciation du non-respect de ces critères a été assouplie en mars 20052 sous la pression de l'Allemagne (engagée dans la procédure de déficit excessif) et de la France (proche de l'être)3, sous la justification de tenir compte de la situation économique et des réformes structurelles engagées. Un dépassement « exceptionnel et temporaire » est désormais autorisé2.

Les critères de convergences stipulent une zone à ne pas dépasser :

Stabilité des prix : Le taux d'inflation annuel d'un État membre donné ne doit pas dépasser de plus de 1,5 % la moyenne de ceux des trois États membres présentant les taux d'inflation annuels les plus basN 1
Situation des finances publiques :
déficit public (État + ODAC + Collectivités locales + sécurité sociale) inférieur à 3 % du PIBN 2
Dette publique (ensemble des emprunts contractés par l'État et l'ensemble des administrations publiques, dont les organismes de sécurité sociale) inférieure à 60 % du PIBN 2
Taux de change : Dévaluation exclue (mesure obsolète pour les pays de la zone euro).
Taux d'intérêt à long terme : ne doivent pas dépasser de plus de 2 % la moyenne de ceux des trois États membres présentant les taux d'inflation annuels les plus basN 3.

Notes

↑ Les trois parmi ceux qui ne présentent pas un taux d'inflation annuel nettement au-dessus de la moyenne de la zone euro et fortement affecté par des facteurs exceptionnels (exemple : la Grèce, la Bulgarie et Chypre en 2014, dépassant de 2,2, 1,8 et 1,4 % respectivement la moyenne de la zone euro).
↑ a et b Ces critères peuvent ne pas être exactement vérifiés si l'écart est faible et en cours de résorption.
↑ Les trois parmi ceux qui ne présentent pas un taux d'inflation annuel nettement au-dessus de la moyenne de la zone euro et fortement affecté par des facteurs exceptionnels, et en excluant du calcul de la moyenne de ces trois États ceux dont les taux d'intérêt à long terme sont nettement au-dessus de la moyenne de la zone euro et qui n'ont pas d'accès complet aux marchés financiers, par exemple par l'incapacité d'émettre des obligations à 10 ans (exemple : l'Irlande en 2012, dépassant de 4,71 % la moyenne de la zone euro et sans accès complet aux marchés financiers).

Références

↑ Site officiel UE. [archive]
↑ a et b Assouplissements des critères de Maastricht : Compte rendu du Conseil de l’UE [archive], page 21, sur le site de l’Union européenne.
↑ Chronologie du pacte de stabilité [archive], sur le site de La Documentation française.

Compléments
Articles connexes

Déficit public
Inflation
Pacte de stabilité et de croissance
Taux de change
Taux d'intérêt
Traité de Maastricht (1991-1993)
Union économique et monétaire européenne
Union européenne
Zone euro
Semestre européen

Liens externes
Consultez la bibliographie sur l'Union européenne

Les critères de convergence [archive], sur le site officiel de l'Union européenne.
Les critères de convergence [archive], sur le site officiel de la Banque de France, 2009.
Chronologie des critères de convergence [archive], La Documentation française.

Dans la théorie économique, un « cycle économique » est une période hypothétique, d'une durée déterminée, qui correspond plus ou moins exactement au retour d'un même phénomène économique. L'économiste français Clément Juglar est l'un des premiers (1862) à mettre le concept en évidence au terme d'une étude comparative de l'évolution des « affaires » sur plusieurs pays (France, Angleterre, États-Unis).
Les théories économiques dominantes évoquent fréquemment quatre cycles, plus ou moins coexistants selon les théories, et chacun d'une récurrence différente :

le cycle Kitchin (3 à 4 ans) ;
le cycle Juglar (8 à 10 ans) ;
le cycle Kuznets (15 à 25 ans) ;
le cycle Kondratieff (40 à 60 ans).

L'hypothèse et l'étude de ces cycles répond à une volonté prospective de comprendre et prévenir les crises économiques ou d'en minimiser les effets ou de se prémunir de certains effets.
Au XIXe siècle, la répétition de telles crises (entraînant à grande échelle faillites et licenciements, chute de l'investissement, blocage du crédit et des échanges internationaux, et privant les États de ressources fiscales) ainsi que la proximité de leur scénario conduisent à des études systématiques, comme celle de Clément Juglar. La crise de 1929, brutale et durable, conduira à une explosion des recherches sur les causes de ces phénomènes répétitifs.

Les économistes travaillant sur les cycles n'ont pas tous considéré qu'ils mettaient au jour des phénomènes relevant d'un déterminisme de type mécanique (tels par exemple les marées liées au mouvement de la lune), mais ils pensaient que des effets similaires pouvaient découler de causes similaires : ils émirent l'hypothèse que les crises générales pouvaient être dues à des mécanismes sous-jacents endogènes. L'objectif était notamment d'isoler les mécanismes pro-cycliques ou contra-cycliques dans les attitudes, règlements et politiques menées.

Après la Seconde Guerre mondiale, le succès des thèses de John Maynard Keynes — qui privilégie la réflexion et l'intervention active — fait passer au second rang l'étude analytique des cycles. Celle-ci est revenue sur le devant de la scène dans les années 1970, notamment avec la théorie des cycles réels développée par les nouveaux économistes classiques.

Le cycle court d'une dizaine d'années (ou de Juglar)
Article détaillé : Cycle Juglar.

La survenue régulière de crises générales tous les huit à dix ans est observé depuis environ 200 ans. Les auteurs de ces théories postulent qu'elles auraient été déjà présentes bien avant, mais le caractère presque totalement agricole des économies en rendait l'explication différente.

Pour la France la séquence est la suivante : 1810, 1818, 1825, 1830, 1837, 1847, 1857, 1867, 1882, 1891, 1907, guerre de 1914, 1921, 1931-32, guerre de 1940, 1952, 1963, 1974, 1983, 1993, 2002, 2008.

Pour les États-Unis, Hansen dans Business cycles and national income évoque les pics de dépression suivants : 1876, 1885, 1896 1908, 1921, 1932, 1938.

Pour l'après-guerre les grands creux sont aux États-Unis : 1952, 1958, 1972, 1982, 1992, 2001, 2008-2010.

À partir du début du XXe siècle, la périodicité est ajustée avec celle de l'Europe. En général la crise commence aux États-Unis et se propage dans les 18 mois suivants à l'Europe.

On trouve de nombreuses références au cycle dans les textes du XIXe siècle. Willard Philips écrivait1, en 1828 : « Comme les affaires vont connaître flux et reflux, le plus rapidement une crise qui s'approche pourra être détectée, moindres seront les souffrances de la population ». Dans « le Manifeste communiste » de Marx et Engels, on évoque le retour périodique des crises commerciales qui met en cause à chaque fois de façon plus menaçante l'ensemble de la société bourgeoise » Pour Marx, la périodicité d'une dizaine d'années correspond au cycle de renouvellement du capital fixe. John Stuart Mill dans ses Principes d'économie politique de 1848 parle aussi des « crises commerciales » et leur caractère « presque périodique ».

Clément Juglar postule le premier l'existence d'un cycle court, en répondant à une question mise au concours public par l'Académie des sciences morales et politiques. Son livre, Les crises commerciales et leur retour périodique en France en Angleterre et aux États-Unis (1862) fait date. Il a étudié en détail les premières crises du XIXe siècle et notamment celles de 1810, 1818, 1825, 1830, 1837, 1847, 1857, 1867, 1882, 1891. Exploitant les courbes des prix et l'évolution du crédit, l'auteur montre que la crise décennale est due principalement aux dérèglements périodiques du crédit. Il met les banques au centre de l'explication des crises dites alors « commerciales ». Pour lui, la spéculation et le crédit tendent les ressorts économiques à l'extrême. La période d'euphorie finale provoque des anticipations excessives qui ne trouvent pas de réalité. Le renversement commence. Le crédit s'arrête. L'investissement également. Les entreprises se retrouvent avec des capitaux sans rentabilité et des excès de stocks. La production ralentit. Le chômage augmente. Les prix baissent, entraînant des anticipations négatives qui aggravent la crise. Certaines banques trop engagées font faillite. Puis la situation est assainie. La reprise se produit progressivement. L'optimisme revient et l'investissement reprend puis s'accélère.

L'analyse de C. Juglar se fait dans un contexte de grande flexibilité des prix et dans un cadre monétaire d'étalon bi-métallique or et argent, ce qui explique que ses deux principaux indicateurs étaient la courbe des prix et celle des taux d'intérêt. Appliquant une grande rigueur formelle à ses analyses, il pensait pouvoir prévoir les crises de façon presque certaine.

Un autre économiste, l'anglais W. Stanley Jevons a aussi cherché à expliquer cette périodicité décennale. Contrairement à Juglar, en 1866, il pensait2 que les récessions étaient corrélées à l'apparition des taches solaires. Cette constatation a laissé perplexes les économistes qui ne l'ont pas reprise. Un économiste comme Costas Azariadis est ainsi célèbre pour avoir construit des modèles de prophéties auto-réalisatrices, dont l'équilibre est ironiquement désigné par l'expression "équilibre à taches solaires". Dans ces modèles, la croyance de tous les agents en une causalité d'un phénomène externe à l'économie conduit à sa réalisation effective du simple fait de la coordination des anticipations des agents.

Clément Juglar a ensuite été confronté à des prévisions ratées, qui ont porté atteinte à son crédit. L'orthodoxie financière dominante à la fin du XIXe siècle n'était pas prête à admettre que la profession bancaire, en pleine expansion, puisse être soupçonnée le moins du monde d'une responsabilité dans l'horreur des récessions !

La crise de 1921 remet d'actualité l'étude du « cycle de dix ans », car précédée en 1907 d'une crise bancaire et boursière particulièrement dure. Wesley Mitchell en 1927 publie ; Business Cycles the problem and its setting. Il définit le cycle comme une fluctuation de l' agrégat global d'activité économique (on dirait le PIB aujourd'hui). En 1927, A.C Pigou, le père du fameux effet Pigou3, voit plus les variations économiques comme des réponses à des chocs qui ébranlent l'économie et provoquent son déséquilibre. Toute la question est la récurrence de ces chocs : sont ils exogènes ou en partie endogènes ?

Après la crise de 1929, l'analyse des forces cycliques reprend avec vigueur. J. A. Schumpeter publie en 1939 Business Cycles, une étude du cycle simplifiée en quatre phases ; « prosperity, recession, depression, recovery ». Son idée est que l'investissement commande le cycle et qu'il est largement dépendant de facteurs d'entraînement psychologiques qui peuvent pousser à l'euphorie pendant les périodes de succès et inversement à la morosité lors d'un retournement. La récession serait le fruit naturel de l'expansion rapide qui la précède. Il reprend une part notable de l'apport du Russe Togan-Baranowsky qui déjà avait lié les phases d'expansion et de repli aux mouvements de l'investissement.

C'est le livre majeur de J.M. Keynes qui renouvelle toute la théorie de la crise économique, analysé comme une rupture de la demande globale. L'étude du cycle proprement dit sera après guerre le fait des économistes keynésien qui partent des fluctuations de la demande globale et des moyens de la contrôler, notamment Alvin Hansen4.

On entre ensuite dans une période économétrique, qui est aussi celle de la réflexion économique et la production de modèles macro-économiques et prospectifs.

Puisque l'activité peut être pilotée et la demande globale contrôlée, le cycle peut être atténué. Il est vrai que les grandes récessions quasi-décennales qui voyaient l'activité se contracter de 20 à 30 % disparaissent après guerre au profit de ralentissements de bien moindre envergure. Les théories du cycle quittent progressivement les préoccupations de la recherche économique.
Le FMI par la voix de son économiste en chef, Kenneth Rogoff, annonce même en 1999 la quasi fin des crises. Elles seraient de moins en moins graves. Peu après la bourse s'effondrait et la crise de 2001-2002 commençait.
En vérité, la crise de 1974 a été sévère dans le monde entier, celle de 1982, sévère aux États-Unis et en Grande-Bretagne, celle de 1992-1993 sévère partout et celle de 2001-2002 fut significative. Elles débouchent aujourd'hui (2008-2010) sur une crise encore plus sévère dont on craint qu'elle soit de la même magnitude que celle dite « de 1929 ».

Le cycle court de 8-10 ans s'impose à nouveau en haut des préoccupations et n'a pas encore livré tous ses secrets.
Les cycles longs (ou de Kondratieff)
Article détaillé : Cycle Kondratieff.

L'existence de crises économiques plus dures et plus longues que d'autres a fait évoquer un possible cycle long de l'économie, c'est-à-dire de mécanismes répétitifs reproduisant les mêmes effets. Comme pour les crises périodiques de 6-10 ans, ce n'est pas tant le fait qu'il y a ait des récessions qui est contesté mais leur caractère réellement cyclique qui pourrait permettre via des dispositifs statistiques et prospectifs avancés d'en prévoir la survenue. Le problème est compliqué par le fait qu'un cycle de 40-60 ans offre historiquement moins de séquences à observer et que la transformation des économies rend précaires la comparabilité des artefacts. Une tentation est de s'attaquer aux chiffres qu'on connaît bien et de leur donner une importance phénoménologique peut être excessive. Ce fut par exemple le cas des prix dont l'évolution est connue depuis longtemps, pour Juglar. Ce sera également le cas pour le statisticien Kondratieff. Ce dernier aura un destin tragique : il sera fusillé par ordre de Staline pour avoir laissé croire que la crise du capitalisme n'était pas « finale » et qu'après la crise pouvait naître une nouvelle période de prospérité. La postérité des travaux de Kondratieff sera également difficile. Tous ceux qui ont cherché à prévoir l'avenir avec des modèles dérivés de ses idées seront démentis par la réalité. On retrouve l'échec statistique de Clément Juglar.

L'intérêt pour les forces à long terme déterminant la prospérité, dans la foulée de Schumpeter, qui s'était développé dans les années soixante (institut Rand aux États-Unis, Futuribles en France) s'est aussi beaucoup émoussé dans l'esprit « court-termiste » qui s'est emparé des économies à partir de 1971 et de l'instauration des changes flottants. Il est vrai que la durée de vie d'un produit est de quelques années seulement et que l'accélération des technologies rend la prévision à moyen et long terme particulièrement difficile et spéculative. La mondialisation rend le champ statistique également beaucoup plus complexe.
Les cycles mineurs (ou de Kitchin)
Article détaillé : Cycle Kitchin.

Kitchin a repris les travaux de Juglar et a cru discerner un cycle intermédiaire dont la cause serait le cycle des stocks ; on déstocke trop en période de crise et on surstocke en période d'optimisme. Le mouvement des stocks interagit avec celui des taux d'intérêt et des prix. Souvent repris sous forme de l' « analyse de la chaudière » ou des décalages de temps (« time lags »), on retrouve ce mécanisme dans de nombreux cours d'économie qui sans aller jusqu'à justifier la rigueur cyclique postulée par Juglar et Kitchin admettent des phénomènes récurrents5. Une métaphore est la circulation sur autoroute qui montre qu'un coup de frein en amont et quelques réactions en chaine peuvent provoquer un fort ralentissement, voire un arrêt, en aval, donnant son profil de « stop and go » à la circulation routière dès qu'il y a un peu de trafic. L'analogie de la chaudière est également expressive ; on met du bois dans la chaudière tant qu'il ne fait pas chaud. On dépasse la température visée. Du coup on cesse d'alimenter la chaudière. Au bout d'un moment le froid revient et le cycle se réamorce.

À la fin des années 1990, la montée de l'économie de service, de l'Économie de l'immatériel puis d'une économie largement immatérielle a conduit certains à annoncer « la fin du cycle » et l'avènement d'une « croissance perpétuelle » pendant le boom des valeurs informatiques et télématiques : il n'y avait plus de stock, donc plus de cycle…
Les cycles de Kuznets
Article détaillé : Cycle Kuznets.

Simon Kuznets a commencé sa carrière d'économiste avec sa thèse (universitaire) sur le cycle, publiée en 19306. Il considérait qu'une véritable observation économique implique un appareil statistique et des indicateurs fiables. Il a défini des cycles de 14-20 ans, qui ne convaincront pas réellement. Il travaillera avec Arthur Burns au sein du National Bureau of Economic Research pour affiner la comptabilité nationale. Il obtiendra un prix Nobel d'économie. Ses travaux sur le cycle de moyenne durée n'ont été ni confirmés par les faits ni repris par les économistes.
Autres explications aux théories du cycle
Le cycle des saisons

C'est un cycle astronomique qui, combiné aux aléas météorologiques a un effet direct sur l'élevage, les moissons, les vendanges et autres récoltes depuis toujours, ainsi que sur les activités dites saisonnières, comme le tourisme, depuis qu'elles se sont développées. L'interprétation correcte des séries mensuelles implique leur « dé-saisonalisation ».
Les cycles sectoriels

Les grandes industries reconnaissent pratiquement toutes un caractère cyclique à leur production.

L'industrie aéronautique reconnaît un cycle propre. L'emballement de la demande de vols aériens conduit à la construction massive d'avion avec un certain retard. Il y a trop d'avions au moment où la demande faiblit. Les commandes s'arrêtent ou freinent brutalement.
Les ventes automobiles dépendent notamment du lancement des nouveaux modèles. Le rythme de vie d'un modèle rythme les rentrées d'argent. La tendance à relancer les modèles tous en même temps provoque un cycle récurrent. Depuis peu, les « Balladurettes » et autres « Juppettes », ou primes à la casse des voitures anciennes, jouent un rôle majeur dans le cycle français de la fabrication automobile.
Le bâtiment est également une activité cyclique. Les poussées de construction succèdent à des phases de ralentissement plus ou moins prolongées, les spéculations immobilières, foncières et bancaire y ayant leur part.

La composition des cycles sectoriels donnerait le cycle global avec, de temps à autre, une « vague scélérate », la dépression, qui serait le fruit de l'amplification de multiples récessions simultanées.
Les cycles sociopsychologiques

Maurice Allais a théorisé le cycle du crédit et de la spéculation comme notamment corrélés à un « cycle de l'oubli ».
La capacité d'oubli des humains les rend à nouveau crédules et prêts à une confiance exagérée ; un exemple de mathématiques extrêmes appliquées à un domaine particulièrement incertain.
Les grands cycles historiques

Fernand Braudel a cru détecter l'existence de grandes cycles historiques de prospérité et de dépression, dans l'ensemble de l'histoire du Moyen Âge. Il s'agit plus d'une analyse factuelle qu'une réelle tentative de trouver des ressorts périodiques répétitifs communs aux phases d'expansion et de récession.
Les cycles politiques et fiscaux

Le caractère périodique des changements politiques auraient des conséquences économiques. Par exemple, en France les collectivités (dont les régions et les municipalités) tendraient à augmenter les impôts les deux premières années des mandats pour ensuite les stabiliser.
Quand les affaires vont bien, le caractère progressif des impôts génèrent des ressources fiscales plus que proportionnelles qui sont aussitôt dépensées, confortant la phase d'expansion. Lorsque les affaires vont moins bien les recettes se replient mais pas les dépenses. Les déficits s'accroissent, qu'il faut bien ensuite résorber. La mini-récession de 1996 en France est généralement associée au choc fiscal des impositions massives d'Alain Juppé.
Le caractère plus ou moins procyclique de la législation

La question a pris une importance nouvelle avec la mise en cause de la législation comptable des opérations bancaires et financières. Les normes IAS et les règles de Bâle II, en forçant les institutions financières à valoriser leurs actifs à leur valeur quotidienne estimée, sont mis en cause dans le déclenchement de la crise des CDO puis du blocage du marché inter bancaire. Lors que les enchères sur les CDO se sont bloqués il a fallu les déprécier quasi totalement provoquant des conséquences en chaîne dans les bilans des banques. Mettre en place un comptabilité qui ne serait pas violemment « procyclique » est une des tâches que s'est donné le G20.

Auparavant de nombreux cycles fiscaux ont été détectés. Le plus amusant est le « cycle de l'esquimau glacé » provoqué par le contrôle des prix. Ne pouvant pas faire croître le prix du produit à leur guise, les fabricants changeaient le produit : une taille plus grande avec un prix augmenté plus que proportionnellement permettait de contourner les blocages. La limite était évidemment la taille de la bouche du client. On repassait alors à un modèle plus petit et « moins cher », etc.
Les cycles boursiers

Tout au long de l'Histoire des bourses de valeurs, les bulles spéculatives ont enrichi les épargnants, avant d'être suivies de krachs qui les ruinaient, ce qui a eu tendance à amplifier fortement les cycles économiques7, dès le XIXe siècle.

Le caractère oscillant de la bourse a suscité une littérature sur les méthodes permettant d'en prévoir les hauts et les bas. L'analyse graphique (chartist en anglais) prétend détecter les inflexions significatives. Les quelques succès rencontrés l'ont été lorsque la tendance était bien établie. Les renversements de tendance ont en général été manqués. Par ailleurs, le choix de l'échelle et des points remarquables d'un graphique (surtout le choix du point de départ d'une tendance) ont une influence sur le résultat de l'analyse. Chaque année, le Wall Street Journal compare les performances d'un portefeuille d'action établi de façon aléatoire, par un singe tirant des fléchettes, à celles du choix des analystes financiers les mieux payés. Le premier l'emporte à chaque fois.
Notes et références

↑ Willard Philips ; Manuel d'économie politique, 1828
↑ Journal of the statistical society of London, en 1866
↑ Arthur Cecil Pigou ; Industrial Fluctuations, 1927
↑ Alvin Hansen ; Business Cycles and National Income
↑ Voir, par exemple Korotayev, Andrey V., & Tsirel, Sergey V. A Spectral Analysis of World GDP Dynamics: Kondratieff Waves, Kuznets Swings, Juglar and Kitchin Cycles in Global Economic Development, and the 2008–2009 Economic Crisis [archive]. Structure and Dynamics. 2010. Vol.4. #1. p. 3-57.
↑ Secular Movements in Production and Prices, Houghton-Mifflin, Boston and New York
↑ Documentation économique sur les cycles économiques et boursiers réalisée par Nizar Fassi, Cycles économiques, Banques centrales et notions de crises, vol. 1, Rachatducredit.com, 2016, 28 p. (lire en ligne [archive]), p. 1

Voir aussi
Articles connexes

Histoire des bourses de valeurs
Conjoncture (économie)
Politique conjoncturelle
Croissance économique
Crise économique
Crise financière de 2007-2010
Prospective
Théorie de Dow
Fluctuations cycliques

Highway to Hell
https://www.youtube.com/watch?v=gEPmA3USJdI

Sous la statue de Dante, posée sur un grand piédestal, figure l'inscription en lettres dorées :

ONORATE L'ALTISSIMO POETA

Sur le panneau avant de marbre veiné figure une dédicace :

DANTE ALIGHIERIO
TUSCI
HONORARIUM - TVMVLVM
A MAIORIBVS-TER-FRVSTRA-DECRETVM
ANNO-M-DCCC-XXIX.
FELICITER-EXCITARVNT

MIEUX à AVALER LA PILULE
Cycle économique
Cycle Kitchin (3–4 ans) · Cycle Juglar (8–10 ans) · Cycle Kuznets (15–25 ans) · Cycle de Kondratiev (40–60 ans)

RAPPORT DE
Y'becca

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Re: Grec κενοτάϕιον : kenos et taphos ou Cycle de Jugar

Message par yanis la chouette le Ven 5 Mai - 18:34

Cycle de Kondratiev

Un cycle de Kondratiev est un cycle économique de l'ordre de 40 à 60 ans aussi appelé cycle de longue durée. Mis en évidence dès 1926 par l'économiste Nikolai Kondratiev dans son ouvrage Les vagues longues de la conjoncture, il présente deux phases distinctes : une phase ascendante (phase A) et une phase descendante (phase B)

Concept originel

Selon Kondratiev, la phase ascendante s’accompagne progressivement d’un excès d’investissement réalisé par les entreprises pour faire face à la concurrence, ce qui provoque une hausse des prix, les entrepreneurs répercutant leurs coûts de production sur les produits, et des taux d'intérêt qui augmentent face à une forte demande de la monnaie. Il s'ensuit donc un déclin de l’activité économique durant lequel les prix baissent, dû à un excès de l'offre et à une baisse de la demande, ainsi que les taux d'intérêts, la baisse de la consommation et des investissements entraîne une baisse de la demande de monnaie, ce qui permet une purge du système et prépare le terrain pour une nouvelle phase de croissance2.

Pour chacun des cycles, il identifie trois phases :

la période d’expansion (20 ans) = phase A pour Simiand,
le plateau ou récession primaire (10 ans),
la période de dépression (20 ans) = phase B.

Selon lui, les mouvements de l’économie ont trois caractéristiques : ils affectent l’ensemble des activités économiques, ils affectent tous les pays et l’indicateur pour identifier ces mouvements est le prix. (phase A = période de hausse des prix, phase B = période de baisse des prix).

Dans ses travaux, il voit trois cycles longs :

1er cycle : 1790 - 1849 : phase A qui dure jusque 1814, phase B de 1814 à 1849,
2e cycle : 1849 - 1896 : phase A dure jusque 1873 = augmentation de la production et faibles taux d’intérêts. Phase B de 1873 à 1896 = Grande Dépression (déflation et dépression),
3e cycle : 1896 - ... : phase A dure jusque 1920, phase B de 1920 à ... .

Il ne verra pas la fin du cycle qui porte son nom du fait de sa déportation en camp de concentration destiné au travail forcé.
Ajout de Schumpeter
Kondratieff Wave.svg

Peu satisfait par cette explication, Joseph Schumpeter propose une autre théorie pour expliquer l'alternance des phases A et B. Il relie les fluctuations de l'économie à l’apparition d’innovations majeures qui surviennent par « grappes » donc au progrès technique. Ainsi, selon lui, la phase A correspond à la période de diffusion et d'amortissement des nouvelles innovations. Durant cette période, la demande de biens est forte, ce qui permet une augmentation générale de la production et assure donc la croissance économique. Peu à peu, lorsque les agents économiques sont équipés en nouveaux produits, la demande baisse, alors que la concurrence entre les entreprises est de plus en plus rude. On parvient alors au point de retournement du cycle. La phase B correspond à l’élimination des stocks, à la fermeture des entreprises et des filières les moins rentables, ce que Schumpeter appelle le phénomène de « destruction créatrice » et à la préparation d’une nouvelle vague d’innovations.
Exemples

Différentes phases recensées sur la base de leurs innovations :

les machines à vapeur ;
les trains et les rails, voir en particulier l'histoire des chemins de fer ;
les automobiles, voir en particulier l'histoire de l'automobile ;
l'électricité, voir en particulier l'histoire de l'électricité ;
les avions, voir en particulier l'histoire de l'aviation ;
les appareils électroniques ;
les technologies de l'information et de la communication.

Modifications récentes de la théorie de Kondratiev
La contestation des cycles longs économiques par les cycles longs politiques

La théorie des cycles longs a tendance à produire de nombreux débats durant les périodes dites de "récession économique", alors que durant les périodes de croissance longue l'intensité des débats diminue plutôt. Depuis les années 1970 et surtout 1980, les débats ont repris alors qu'ils s'étaient relativement estompés entre 1945 et 1970. Il est discutable de savoir si la période depuis 1967 (Halte à la croissance ?), 1971 (fin de la convertibilité-or du dollar), 1973 (premier choc pétrolier) est une période de récession longue. L'économie américaine a connu de forts gains de productivité ainsi qu'une période de croissance économique d'une longueur jusqu'ici inconnue, à partir des années 1980. Quant à l'Asie, elle a commencé à décoller depuis ce moment. Mais l'Europe a effectivement expérimenté des problèmes de chômage de masse et de ralentissement de la croissance très importants depuis les années 1970. Or, la théorie des cycles longs a alors connu une embellie mais dans de toutes autres directions que jusqu'ici 3. Il s'agit de cycles longs politiques et non seulement économiques. Il ne s'agit pas seulement de cycles longs des opinions politiques, mais de cycles engageant le monde entier via leur dimension géopolitique. Ainsi, Modelski (1983) et Goldstein (1988) font une interprétation de Kondratiev. Selon eux, existent parallèlement aux cycles longs économiques de Kondratiev des cycles hégémoniques plus longs ; un cycle hégémonique dure deux cycles de Kondratiev successifs (120 ans) selon Modelski ou deux à trois cycles (150 ans) selon Goldstein.
Approches néo-schumpéteriennes contre les explications données par la théorie du système mondial

En réalité, en Europe proprement dite, la théorie des cycles longs hégémoniques d'après Modelski et Goldstein a eu longtemps moins de succès dans les Universités qu'un débat partant toujours davantage des cycles longs économiques d'une durée approximative de 50 ans, que des cycles longs politiques de plus de 100 ans. Elle a opposé depuis les années 1970' et surtout 1980', les auteurs néo-schumpétériens d'un côté, les défenseurs de la théorie du système mondial de l'autre. Il est vrai que ces derniers acceptent l'idée de cycles longs politiques plus longs que les cycles longs économiques de Kondratiev. Parmi les néo-schumpétériens, Kleinknecht fait des vérifications économétriques de la théorie de Kondratiev, pays par pays, et aboutit à la conclusion qu'on peut considérer cette théorie comme largement vérifiée empiriquement. D'un autre côté, des tenants de la théorie du système mondial constatent que cette théorie n'oppose pas seulement pays développés d'un côté, pays en développement de l'autre côté, mais aussi que dans les pays développés eux-mêmes à travers la mise en place de systèmes de construction des qualifications adaptés, le cycle long et le système mondial propagent tout naturellement les inégalités de revenus et de dotations en facteurs, entre régions voisines, en fonction de la division internationale du travail. Gerhard Mensch peut servir en partie de lien entre ces théories. D'une part il défend l'idée des néo-schumpétériens d'une explication des cycles longs par l'innovation. Mais d'autre part, puisqu'il explique que les innovations, grâce à des systèmes de crédit adaptés à une conscience de l'évolution collective, peuvent exister en période d'expansion aussi bien qu'en période de récession, il justifie le fait que des innovations peuvent être prises en charge par le secteur public. Mais ceci peut également s'expliquer par la nature de l'innovation, en effet, celles-ci représentant des coûts fixes pour la firme - notamment en R&D -, impliquant ainsi un processus de destruction créatrice expliquant le phénomène d'innovation en phase B de cycle Kondratiev observé par Mensch.
Investigations méthodologiques

Admettons que les constats établis aux premiers temps de la théorie des cycles longs économiques (début du XXe siècle et même un peu avant), montrent des points d'appuis pour construire des systèmes statistiques en vue de vérifier la théorie. Quels sont ces points d'appuis? D'une part les secteurs économiques différents véhiculeraient des différentiels de productivité. C'est grâce à la connaissance de ces différentiels que l'on pourrait comprendre comment le crédit se diffuse d'un secteur de l'économie à l'autre afin de nourrir la croissance. Mais, si on raisonne non pas du point de vue sectoriel mais du point de vue national, on n'aura pas cette subtilité. Or, c'est cette subtilité qui permet de construire des systèmes économétriques afin de résoudre la question posée. Si on ne peut comprendre le phénomène de la croissance sur le long terme seulement au niveau national, mais qu'il faut passer au niveau mondial pour avancer vers la solution, comment procéder au niveau mondial du point de vue de la méthode? Il faudrait, pour espérer y parvenir, résoudre à nouveau une question de méthode. En effet, les premières théories des cycles longs ont étudié plutôt la question des variations de prix pour chaque pays, et ont posé des méthodes afin d'intégrer la question des quantités ou des revenus. En fait, au niveau mondial, il est presque impossible de comparer directement les prix, mais on n'aborde pas non plus directement la question des quantités, on passe par le produit (plutôt que par la quantité agrégée). Or, il est difficile en une seule phrase de dire exactement quel produit amène l'économie mondiale. Comme les agents économiques doivent quand-même prendre des décisions en temps réel, on peut sans doute considérer que le système monétaire - bien davantage que l'économie réelle - doit absorber les fluctuations de toutes sortes de l'économie afin d'assurer le système économique, ceci au niveau mondial. Statistiquement, si on devait reconstruire une méthode afin d'examiner une théorie des cycles longs non pas adaptée à la période de l'après-guerre et Bretton Woods, mais à celle de la mondialisation, comment faire? Comment assurer les évolutions économiques et sociales afin de prendre en compte à la fois l'aspect général de l'économie, au niveau national ou régional (Union Européenne, États-Unis, etc.) où le droit et l'économie n'entrent pas en contradiction par principe, et au niveau des secteurs d'activité où, par contre, s'expriment des différentiels de productivité importants qui génèrent des effets d'évictions importants aussi, et des inégalités de revenus entre pays et régions. Pour y parvenir tout en tenant compte des anticipations, il faut un troisième terme. On peut considérer que ce troisième terme pourrait être constitué par le système social... ainsi que par l'évolution sociale mondiale. Maintenant, le vrai problème de méthode est que dans une économie très financiarisée, le social n'est peut-être pas l'horizon final pour les décideurs, mais seulement un point sous-jacent de l'évolution collective, qui leur sert à construire de nouveaux contrats en vue de réaliser du profit. Il faudrait créer des systèmes de régressions statistiques en utilisant le social comme support de régression, tout en résolvant le problème de méthode: à tout moment, comment ajuster l'aspect général de l'économie (où l'économie et le droit ne sont pas en conflit), et l'aspect des secteurs, des organisations et des stratégies privées, qui créent de constants conflits d’intérêts.
Une approche francophone des cycles longs

En fait, l'École Française a depuis longtemps développé une approche originale. À mi-chemin entre le système économique et le système politique, il y a le système monétaire. C'est pourquoi les cycles longs peuvent être considérés en fait comme des cycles longs monétaires. En particulier Marjolin, Imbert, Dupriez, Jourdon ont illustré cette approche.
Références

↑ Kondratieff Waves in the World System Perspective. Kondratieff Waves. Dimensions and Perspectives at the Dawn of the 21st Century [archive] / Ed. by Leonid E. Grinin, Tessaleno C. Devezas, and Andrey V. Korotayev. Volgograd: Uchitel, 2012. P. 23–64.
↑ Voir, par exemple Korotayev, Andrey V., & Tsirel, Sergey V.(2010). A Spectral Analysis of World GDP Dynamics: Kondratieff Waves, Kuznets Swings, Juglar and Kitchin Cycles in Global Economic Development, and the 2008–2009 Economic Crisis [archive]. Structure and Dynamics, 4(1).
↑ Parmi une liste potentielle de références volumineuse, citons en particulier. Goldstein Joshua (1988): Long Cycles: Prosperity and War in the Modern Age. New Haven; London: Yale University Press. Modelski George (1983): Long Cycles of World Leadership, in Contending Approaches to World System Analysis. Beverly Hills, CA: Sage Publications. Modelski George (1987): Long Cycles in World Politics, Seattle: University of Virginia Press.

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Cycle Kuznets

Un cycle Kuznets est un cycle économique de l'ordre de 15 à 25 ans. Il est le fruit des travaux de Simon Kuznets. Cet économiste commence sa carrière par la publication en 1930 d'une thèse universitaire portant sur le cycle : Secular Movements in Production and Prices1. Kuznets considère qu'une véritable observation économique suppose un appareil statistique et des indicateurs fiables.

Pour autant les cycles de 14-20 ans qu'il met en avant ne font pas l'unanimité : ses travaux sur le cycle de moyenne durée n'ont été ni confirmés par les faits, ni repris par les économistes.

Cependant, les recherches récentes employant l'analyse spectrale semblent confirmer la présence de cycles Kuznets dans la dynamique du PIB mondial2.
Références

↑ Houghton-Mifflin, Boston and New York
↑ Voir, par exemple Diebolt C., Doliger C. New International Evidence on the Cyclical Behaviour of Output : Kuznets Swings Reconsidered. Quality & Quantity. International Journal of Methodology. Vol.42. #6. P.719–737; Korotayev, Andrey V., & Tsirel, Sergey V. A Spectral Analysis of World GDP Dynamics: Kondratieff Waves, Kuznets Swings, Juglar and Kitchin Cycles in Global Economic Development, and the 2008–2009 Economic Crisis [archive]. Structure and Dynamics. 2010. Vol.4. #1. P.3-57.

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Cycle Kitchin

Un cycle Kitchin est un cycle économique (intervalle de temps d'une durée déterminée qui correspond plus ou moins exactement au retour d'un même phénomène) de l'ordre de 3 à 4 ans. Il est inventé en 19231, par Joseph Kitchin qui déduit ces «cycles courts» à partir d'une étude de la fluctuation des prix de gros entre 1890 et 1922 aux États-Unis.

Le «cycle Kitchin» est considéré comme un cycle court, qui ne connait pas à proprement parler de phase de crise mais se caractérise par une détérioration du phénomène d'expansion tel que perçu dans le cycle Juglar. On considère, par simplification, qu'il y a deux cycles Kitchin dans un cycle Juglar et dix cycles Kitchin dans un Cycle de Kondratiev.

Les recherches récentes employant l'analyse spectrale confirment la présence de cycles Kitchin dans la dynamique du PIB mondial2.
Références

↑ (en) Joseph Kitchin, « Cycles and Trends in Economic Factors », Review of Economics and Statistics, vol. 5, no 1,‎ 1923, p. 10–16 (lire en ligne [archive])
↑ Voir, par exemple Korotayev, Andrey V., & Tsirel, Sergey V.(2010). A Spectral Analysis of World GDP Dynamics: Kondratieff Waves, Kuznets Swings, Juglar and Kitchin Cycles in Global Economic Development, and the 2008–2009 Economic Crisis [archive]. Structure and Dynamics. 2010. Vol.4. #1. P.3-57.

AC/DC - Hells Bells (from Live At Donington
https://www.youtube.com/watch?v=qFJFonWfBBM

« Dantis poetae sepulcrum ».

L'intérieur, revêtu de marbre et de stucs, comporte un sarcophage de l'époque romaine sur lequel figure l'épitaphe en vers :

« Iura monarchie superos Phlaegetonta lacusque
lustrando cecini fata volverunt quousque
sed quia pars cessit melioribus hospita castris
actoremque suum petiit felicior astris
hic claudor Dantes patriis extorris ab oris
quem genuit parvi Florentia mater amoris »

— Bernardo Canaccio, 1366


« Les droits de la monarchie, les cieux et les eaux de Phlégéthon1
en visitant je chantais jusqu'à l'arrivée de mes destins mortels.
Mais vu que mon âme alla demeurer en de meilleurs endroits
et que encore plus béate rejoint parmi les étoiles son créateur,
ici est enfermé, (moi) Dante, exilé de la terre patrie,
qui généra Florence, mère peu aimante. »

Au-dessus du sépulcre, resté identique depuis le XVe siècle, se trouve un bas-relief de 1483, œuvre de Pietro Lombardo, représentant Dante pensif devant un pupitre. Aux pieds du sarcophage se trouve une guirlande en bronze offerte en 1921 par les survivants de la Première Guerre mondiale.

Au plafond brûle une lampe votive du XVIIIe siècle, alimentée en huile d'olive provenant des collines toscanes et offerte annuellement par la commune de Florence le 14 septembre, jour anniversaire de la mort du poète.

Sur la paroi de droite, une stèle en marbre catalogue les différentes restaurations de la tombe et sa décoration en marbre de 1921.

Sur les pendentifs de la voûte devaient être représentés Virgile, Brunetto Latini, Cangrande della Scala et Guido Novello da Polenta, mais la décoration est restée inachevée.

À l'extérieur du monument, sur la droite, une grille mène à l'enceinte Braccioforte qui fait partie du couvent franciscain, où se déroulèrent les funérailles de Dante et où il avait été initialement enterré.

Le tombeau est classé monument national, et la proche Zona dantesca est protégée et classée « zone de respect ».

En 2006-2007 la tombe a été restaurée et la façade complètement repeinte.

TEL UN ACROPOLE, VOILA LE CHEMINEMENT DE NOTRE REGARD SUR DIEU,
LE DIABLE DOIT RIRE DE L'HOMME ET DES
Épiclèses, attributs et sanctuaires

Épithètes : Polydegmon (Πολυδέγμων / Poludégmôn, « celui qui reçoit de nombreux hôtes »), Ploutôn (Πλούτων / Ploútôn, « celui qui enrichit »), Eubouleutes (Εὐϐουλευτής / Eubouleutếs, « le Bon Conseiller »), Aïdôneus (Ἅιδωνευς, « Celui que l'on ne voit pas »), Klymenos (Κλυμένος / Kluménos, « le Renommé »), Pylartes (Πυλάρτης / Pulártês, « aux portes solidement closes »), Stygeros (Στυγερός / Stugerós, « l'Horrible »), Zeus Catachthonios (Ζεὺς Καταχθόνιος / Zeùs Katakhthónios) ou Zeus Chthonios (Ζεὺς Χθόνιος / Zeùs Khthónios).
Son animal favori : le serpent.
Son végétal favori : le cyprès.
Ses attributs : Cerbère, la kunée, la corne d'abondance, la lance à deux fourches et le char tiré par deux créatures mi-hommes, mi-chevaux (les centaures).
Sanctuaires : Samothrace (sous le nom d'Axiokersos, époux de Perséphone-Axiokersa), Élis et Éleusis.

RAPPORT DE
LA CIGOGNE VERTE, CICONIA VERITIS OU LA LUNE
AVEC
LE CITOYEN TIGNARD YANIS

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Kounak le chat....

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OMBRE ET POUSSIÈRE avec FORCE ET HONNEUR

Message par yanis la chouette le Ven 5 Mai - 18:42

« cycle de l'oubli »

OMBRE ET POUSSIÈRE OU FLORENCE avec FORCE ET HONNEUR OU RAVENNE

Histoire de la dépouille de Dante

Le jour suivant la mort de Dante, son corps fut déposé dans le sarcophage actuel qui, à l'époque, était installé le long de la route, à l'extérieur du cloître de Braccioforte.

À la fin du XVe siècle, le podestat de Ravenne, Bernardo Bembo, déplaça le sarcophage sur le côté ouest du cloître.

Peu de temps après, les florentins réclamèrent les reliques de leur illustre citoyen. Ce souhait sembla pouvoir être exaucé vu que deux papes successifs (Léon X et Clément VII) étaient issus de la famille Médicis.

Léon X, à la suite de la demande soutenue aussi par Michel-Ange, concéda en 1519 aux Florentins la permission de récupérer les restes du poète et de les ramener à Florence, mais quand la délégation toscane ouvrit le sarcophage, les ossements avaient disparu.

En effet, auparavant, les moines franciscains avaient creusé un trou à travers le mur du cloître et dans le sarcophage pour « mettre en lieu sûr » les restes du poète qu'ils considéraient comme un des leurs et refusèrent de les rendre malgré les pressions. Le sarcophage fut ensuite transporté dans le cloître et surveillé en permanence. En 1692, lors des travaux d'entretien de la tombe, les ouvriers étaient encore étroitement surveillés par les frères.

En 1677, les ossements furent enfermés dans une cassette par Antonio Sarti, prieur du couvent et ils ne furent déposés dans l'urne actuelle qu'en 1781, quand l'architecte Morigia construisit l'actuel mausolée, partie intégrante du couvent.

Quand, en 1810, le couvent fut supprimé par ordre de Napoléon Bonaparte, les frères cachèrent de nouveau la cassette avec les ossements dans une porte murée de l'oratoire du cloître de Braccioforte. Ceux-ci furent découverts fortuitement, en 1865, pendant les travaux de restauration entrepris à l'occasion du Ve centenaire de la naissance de Dante.

Après avoir été exposés au public, les ossements furent remis, à l'intérieur de deux cassettes, dans le sarcophage original, dans le petit mausolée. Ils n'en furent retirés que deux fois, le 23 mars 1944 et le 19 décembre 1945, afin d'éviter leur destruction au cours des bombardements alliés sur Ravenne. Pendant cette période, elles furent enterrées à proximité du mausolée sous un tumulus couvert par la végétation, aujourd'hui repéré par une stèle commémorative.

Dans l'espoir que les reliques lui soient rendues, la commune de Florence fit réaliser en 1829 un grand cénotaphe dans la Basilique Santa Croce. Celui-ci représente le poète assis et pensif soulevé « en gloire » par l'Italie, tandis que la Poésie pleure, prostrée sur le sarcophage.

La ville de Florence, qui n'a toujours pas obtenu satisfaction, ne peut que fournir chaque année l'huile nécessaire à alimenter la lampe du tombeau2.

Ravenne (italien : Ravenna /raˈvenna/, romagnolo : Ravêna) est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque

Histoire

Ravenne fut fondée par une colonie de Thessaliens, passa ensuite aux Étrusques, aux Sabins et aux Gaulois sénonais dits Sénons de Cisalpine. Elle tomba entre les mains des Romains en l'an 234 av. J.-C., et devint municipe.

Port de bonne capacité de l'Empire romain, Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l'Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d'Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l'Empire romain d'Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des Barbares. Son port de grande capacité, sur l'Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l'Empire romain d'Orient. La cité continua d'être le centre de l'Empire d'Occident jusqu'à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d'Italie d'Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l'Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien Ier, Ravenne fut conquise par le général de l'empire d'Orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d'être à nouveau reprise par le général de l'empire d'Orient Narsès en 552.

C'est pour contrer le danger né de l'invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l'exarchat byzantin d'Italie, par décision de l'empereur Maurice (cf. Exarchat de Ravenne). La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l'exarque, représentant personnel de l'empereur byzantin favorisa, à long terme, l'émancipation des territoires du Nord de l'Italie vis-à-vis du pouvoir impérial.

Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.

Au Moyen Âge, Ravenne recouvra pour quelque temps sa liberté. En 1198, elle prenait la tête de la ligue des villes de Romagne soulevée contre le Roi des Romains Frédéric, et le pape parvint à se l'associer. À l'issue de la guerre de 1218, la famille des Traversari s'imposa à la tête de la ville, et devait s'y maintenir jusqu'en 1240. Mise ensuite pendant quelques années sous la direction d'un vicaire impérial, Ravenne fut restituée aux États pontificaux en 1248 et confiée à l'autorité des Traversari jusqu'à ce qu'en 1275, la famille des Da Polenta prenne la direction des affaires. C'est au cours de ce siècle que Ravenne connut son plus fameux citoyen, le poète Dante. Ravenne fut soumise par Bologne, puis en 1440 le dernier podestat de la famille des Da Polenta, Ostasio III, fut chassé par la république de Venise, qui annexa la ville.

Après la bataille d'Agnadel en 1509, elle fut restituée au pape et devint la capitale de la Romagne. En 1512, les Français, commandés par Gaston de Foix-Nemours, y remportèrent sur les Espagnols et les troupes du pape Jules II une victoire éclatante ; mais Gaston y périt.

L'archevêque de Ravenne était anciennement primat de l'Exarchat et prétendait rivaliser avec le pape ; mais, lors d'un concile tenu en 679, il fut obligé de renoncer publiquement à ses prétentions à l'indépendance.

Ravenne fit partie du royaume d'Italie à partir de 1861.
Patrimoine
Mausolée de Théodoric.

La ville est mondialement réputée pour ses monuments de style byzantin qui possèdent un ensemble incomparable de mosaïques du Haut Moyen Âge :

Mausolée de Galla Placidia
Mausolée de Théodoric
Basilique Saint-Vital
Basilique Sant'Apollinare nuovo
Basilique Sant'Apollinare in Classe
Baptistère des Orthodoxes
Baptistère des Ariens
Chapelle archiépiscopale.

Mosaïque de la basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf représentant le palais de Théodoric le Grand.

Ces monuments paléochrétiens forment un ensemble unique inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Les mosaïques qu'ils renferment, dans un état de conservation remarquable, fournissent une documentation iconographique exceptionnelle sur le monde byzantin de Théodose Ier à Justinien.

On peut aussi y voir le tombeau de Théodoric l'Amale, dit le Grand, roi des Ostrogoths. Ce mausolée construit, vers 520, est remarquable par sa coupole formée d'un monolithe d'Istrie, d'un mètre d'épaisseur, trente-trois mètres de circonférence et pesant trois cents tonnes.

Le poète italien Dante Alighieri est mort à Ravenne en 1321. Le célèbre Tombeau de Dante se trouve entre le parvis de l'église du couvent San Francesco et son cloître, dans le centre ville historique.

Ravenne accueille la Facoltà dei beni culturali de l'université de Bologne.

Hameaux

Classe, Lido di Dante, Lido Adriano, Punta Marina, Marina di Ravenna, Marina Romea, Casalborsetti, Mandriole, San Romualdo, Camerlona, Piangipane, Fornace Zarattini, Villanova di Ravenna, San Michele, San Marco, Ghibullo, San Zaccaria, Fosso Ghiaia, Porto Fuori, Sant'Alberto, Savarna, Conventello, Mezzano, Ammonite
Communes limitrophes

Alfonsine, Argenta (FE), Bagnacavallo, Bertinoro (FC), Cervia, Césène (FC), Comacchio (FE), Forlì (FC), Russi
Jumelages

La ville de Ravenne est jumelée avec3 :

Drapeau de la France Chartres (France) depuis 1957
Drapeau de l'Allemagne Spire (Allemagne) depuis 1989
Drapeau du Royaume-Uni Chichester (Royaume-Uni)

Population
Évolution de la population en janvier de chaque année
Évolution démographique (ligne 1) 1861 1901 1931 1961 1991 2001 2010
55 973 62 723 76 335 115 188 135 844 134 631 158 739
Ethnies et minorités étrangères

Selon les données de l’Institut national de statistique (ISTAT) au 1er janvier 2011 la population étrangère résidente était de 18 238 personnes. Les nationalités majoritairement représentatives (supérieures à 500) étaient :
Pos. Pays Population
1 Drapeau de la Roumanie Roumanie 3 506
2 Drapeau de l'Albanie Albanie 3 333
3 Drapeau de la Macédoine Macédoine 1 239
4 Drapeau du Sénégal Sénégal 1 096
5 Drapeau du Nigeria Nigeria 990
6 Drapeau du Maroc Maroc 881
7 Drapeau de la Pologne Pologne 866
8 Drapeau de l'Ukraine Ukraine 790
9 Drapeau de la Moldavie Moldavie 631
10 Drapeau de la Tunisie Tunisie 570
Ravenne dans la littérature

Dante situe l'entrée du Paradis dans la forêt de Classe, à quelques kilomètres de Ravenne. La ville fut appréciée de Boccace et de Lord Byron. Elle a fait l'objet d'un récit de Vernon Lee à la fin du XIXe siècle, Ravenne et ses fantômes (éditions françaises, Alidades, 2009).
Voir aussi

Marina di Ravenna, station balnéaire.

Sur les autres projets Wikimedia :

Ravenne, sur Wikiquote

Articles connexes

Exarchat de Ravenne
Antiquité tardive
Liste des villes italiennes de plus de 25 000 habitants
Liste des grandes villes d'Italie classées par leur nombre d’habitants
Communes de la province de Ravenne
Liste des archevêques de Ravenne

Notes et références

↑ (it) Popolazione residente e bilancio demografico [archive] sur le site de l'ISTAT.
↑ « Ravenne » [archive], sur Rimini-Excursions (consulté le 31 mars 2015).
↑ Città gemellate [archive].

Queen - The Show Must Go On (Official Video)
https://www.youtube.com/watch?v=t99KH0TR-J4

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Re: Grec κενοτάϕιον : kenos et taphos ou Cycle de Jugar

Message par yanis la chouette le Ven 5 Mai - 18:50

Le terme de convergence est utilisé dans de nombreux domaines :

en géologie, on nomme convergence le rapprochement de deux plaques tectoniques ;
en informatique,
la convergence numérique est un phénomène qui tend à fusionner l'information, le support et le transport,
la convergence d'un algorithme est liée à la convergence mathématique des itérés,
Convergence est une messagerie Web gérée par Sun (groupe Oracle) ;
en météorologie, la convergence désigne une région de l'atmosphère où les flux d'air de différentes directions se rejoignent pour créer une accumulation de masse qui mène éventuellement à un mouvement vertical d'où la formation de nuages et de précipitations ;
en biologie, on parle de convergence évolutive ou d'évolution convergente, lorsque plusieurs espèces ont acquis des adaptations semblables, en réponse à un même milieu, et ce de manière indépendante ( ex: la nageoire du requin et la nageoire du dauphin sont des convergences évolutives) ;
en économie, on parle de critères de convergence à propos des « Critères de Maastricht » ;
en mathématiques, la convergence est une propriété fondamentale des suites dans les espaces topologiques, et des séries numériques, ou plus généralement des séries dans les groupes topologiques (abéliens). Une suite u est dite convergente vers un point l (pas nécessairement unique) dans un espace topologique X lorsque tout voisinage de l contient tous les termes de la suite à partir d'un rang suffisamment grand ; une série est convergente lorsque la suite de ses sommes partielles l'est. Ces notions se spécialisent dans certains espaces :
convergence simple,
convergence inconditionnelle,
convergence absolue,
convergence uniforme,
convergence normale,
En probabilité : convergence de variables aléatoires,
Certains théorèmes comportent le mot convergence comme le théorème de convergence monotone ;
en sport, le Circuit de l'étoile est également appelée la Convergence cycliste ;
en politique :
Convergence est un parti politique mexicain,
Convergences, anciennement appelée Convergences 2015, est une plateforme de réflexion sur la lutte contre la pauvreté et les inégalités ;
en communication, la convergence médiatique consiste à faire passer un même contenu médiatique sur plusieurs médias.

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Re: Grec κενοτάϕιον : kenos et taphos ou Cycle de Jugar

Message par yanis la chouette le Ven 5 Mai - 18:58

Une ombre est une zone sombre créée par l'interposition d'un objet opaque et une source de lumière et la surface sur laquelle se réfléchit cette lumière. Elle se matérialise par une silhouette sans épaisseur.

L'ombre propre sur un objet est la partie que la lumière principale n'atteint pas en plein, et qui est donc plus sombre.

Caractéristiques

La taille de l'ombre portée dépend de la taille de l'objet intercalé et de sa distance relative de la source de lumière1. Plus l'objet est près de la source de lumière, plus la zone d'ombre sera grande. Son intensité dépend de la proportion de la lumière apportée par la source masquée. Si la source masquée est la seule source présente, alors la zone à l'ombre est dans l'obscurité totale.
Différents stades d'ombre
Ombre portée d'une planète
Exemple d'ombre, pénombre et anté-ombre en dehors de l'astronomie.

L'astronome nomme éclipse la situation dans laquelle un astre porte son ombre sur un autre. Il s'agit d'un cas typique de source étendue (non-ponctuelle).

La figure ci-contre illustre les cônes d'ombre et d'anté-ombre ainsi que les zones de pénombre.

On y voit les zones suivantes :

Ombre : le soleil est complètement occulté par la planète
Pénombre : le soleil est partiellement occulté par la planète
Anté-ombre : la planète étant plus petite que le soleil, si l'on se place à une distance suffisante, sa taille ne suffit plus à occulter l'astre.

On parle respectivement de pénombre propre et pénombre portée comme d'ombre propre et d'ombre portée. Comme pour l'ombre, en l'absence de précision c'est « portée ».
Utilisation de l'ombre
Confort
La haie ou l'arbre isolé offrent une ombre recherchée par l'homme et l'animal lorsqu'il fait chaud

Selon les régions et les pays, les architectes, depuis l'antiquité, cherchent à diminuer ou augmenter les parties de la maison ou de la cité qui seront à l'ombre. De même l'agriculture traditionnelle et le nomadisme ont-ils conservé des haies et des arbres pour que leurs troupeaux puissent se protéger de l'ardeur du soleil à leur ombre.
Détermination de l'heure
Cadran solaire dans la cour de la Grande Mosquée de Kairouan

Le cadran solaire utilise depuis l'antiquité l'ombre naturelle d'une barre exposée au soleil pour mesurer le passage du temps selon la position du soleil.
Détermination de la taille d'objet

Sur une photographie verticale aérienne ou satellitaire géoréférencée et horodatée, la taille des bâtiments ou d'objets divers (pylônes, ponts, arbres..) peut être déterminée à partir de celle de leur ombre. L'analyse comparée de photos prises à des heures différentes donne également une indication de leur forme générale.

Une utilisation célèbre de l'ombre a été faite par Thalès pour mesurer la taille des pyramides2 (voir l'article sur le Théorème de Thalès).
Ludique
Jeu d'ombre chinoise formant un lapin

Les jeux d'ombres chinoises consistent, en plaçant ses mains entre la source de lumière et un écran, à obtenir des ombres dont la silhouette évoque un animal ou un objet connu.

Le théâtre d'ombres utilise le même principe, mais se sert de marionnettes opaques sur un écran lumineux pour créer en transparence des scènes animées.
Photographie et cinéma argentique

Les négatifs des photos argentiques servent, lors du tirage, à faire une ombre sur le papier sensible afin de faire réagir celui-ci pour que l'image s'y imprime.

La projection de diapositive ou de film n'est rien d'autre que l'utilisation d'un obstacle partiellement transparent afin que son ombre représente une image.
Considérations diverses
L'ombre de pare-soleils, de ferronneries et divers objets architecturaux est utilisée par les architectes comme élément de décor, mouvant dans l'espace et le temps au rythme des mouvements du soleil. Ici, l'ombre d'un texte posé sur une porte vitrée, est portée par la lumière du soleil sur le mur, inversant le sens des lettres
Sens de l'ombre

En regardant vers la source de lumière, une ombre donne une image inversée de la silhouette, alors que dans le sens des rayons issus de la source de lumière, elle donne une image droite.
Dessin de l'ombre
Article détaillé : Ombre portée.

Dans le domaine des arts plastiques, de l'architecture et parfois du dessin technique, le dessin de l'ombre portée est un des éléments, qui avec la perspective confèrent un réalisme au dessin si elle est fidèlement dessinée. Au contraire l'artiste peut créer des effets poétiques ou plastiques particuliers si elle est portée d'une manière non conforme à ce qu'elle serait en réalité.

En dessin technique et d'architecture, et de façon conventionnelle, on accepte que l'ombre soit le résultat de rayons incidents parallèles comme le sont ceux du soleil sur les petits objets. Cette lumière crée une ombre portée par l'objet sur le plan sur lequel il est posé, et une ombre propre sur les faces de l'objet qui sont soustraites aux rayons incidents.
le soleil comme source lumineuse
éclairage ponctuel comme source lumineuse

Des sources d'éclairage ponctuelles (spots, appareils d'éclairage, luminaires, etc.) vont générer un cône de rayons incidents dont la projection de l'ombre va dépendre de la position relative de la source par rapport à l'objet soumis aux rayons lumineux. Pour des sources non ponctuelles, on distingue des zones d'ombre, de pénombre et d'anté-ombre. Plus la source est large et plus le support de l'ombre est éloigné de l'objet qui masque la lumière, plus la zone de pénombre est étendue et plus le contour de l'ombre est estompé.

La couleur des ombres a fait l'objet d'un bon nombre d'écrits. Il ne suffit pas de mélanger du noir à la couleur, ni même de réaliser un glacis noir pour obtenir des ombres satifaisantes. Les réflexions de la lumière sur les objets avoisinants modifient la couleur de l'objet. À partir de la fin du XIXe siècle, certains peintres, après Paul Cézanne ont utilisé des couleurs vives pour peindre les ombres dans leurs représentations de paysages, d'animaux, natures mortes ou de personnages, c'est le cas par exemple des fauvistes.

Le peintre français Klaus Guingand a immortalisé (de 1987 à 2009) les ombres de 200 personnalités internationales, chaque personnalité posant afin que son ombre soit peinte sur une toile de 200 x 150 cm.[réf. nécessaire]

L'histoire du cinéma a connu tout d'abord aux États-Unis et en Europe une accentuation des éclairages contrastés, tout en particulier dès les années quarante et cinquante et que l'on a appelé le film noir. Dans l'adaptation de Le procès par Welles, la maîtrise de l'ombre est une des principales forces de l'image.

En infographie 3D, on commence à afficher des ombres douces qui renforcent la crédibilité de l'image, mais les temps de calculs et leur complexité augmentent beaucoup.
Attachement de l'ombre à un objet

Le langage courant dit qu'un objet ou une personne a une ombre, qui lui est attachée, et qui le suit partout. Ainsi on parle de suivre quelqu'un comme son ombre pour dire qu'on le suit de très près.

Ce sens correspond à l'ombre portée d'un objet par rapport au soleil. Évidemment pour une personne touchant le sol, il est impossible de cesser de toucher son ombre.

De manière intéressante, contrairement à ce qu'indique le langage courant, un objet peut avoir plusieurs ombres, à condition, ou bien d'utiliser plusieurs sources de lumières, ou bien d'utiliser un miroir.
Ombre et anthropologie culturelle
Illustration en pages intérieures du magazine Weird Tales, septembre 1941.

Susceptible de pouvoir être à l’origine de multiples événements négatifs, mais aussi positifs, l’ombre d’un homme, d’un animal et d’un arbre étaient envisagés dans les cultures traditionnelles comme un sujet très sérieux. L’ombre humaine était considérée comme une partie vitale de l’individu, et par conséquent une source de danger pour lui, car une agression à son ombre serait ressentie comme sur sa propre personne, et la séparation de quelqu’un et son ombre devrait conduire nécessairement à la mort 3. L’ombre d’autrui pourrait aussi présenter des dangers : Frazer rapporte le cas d’un indigène australien qui était presque mort de peur en raison du fait que l’ombre de sa belle-mère aurait frôlé ses jambes pendant qu’il était endormi sous un arbre 4. Certains animaux auraient des pouvoirs inquiétants par l’intermédiaire de leur ombre : Pline l'Ancien attribuait aux hyènes la faculté d’utiliser leur ombre pour rendre les chiens dans l’impossibilité d’aboyer5. Selon le même auteur, l’ombre du noyer « est fâcheuse et nuisible, même à l'homme, à qui elle donne mal à la tête, et elle l'est à tout ce qui croit alentour. » et l'ombre des pins et des sapins « est incontestablement un poison pour tout ce qu'elle touche » 6. Cependant, les ombres pourraient effectuer des actions bénéfiques, comme mentionné dans Actes des Apôtres, selon lesquels l’ombre de Saint Pierre pouvait guérir des malades 7. Ce miracle a été représenté par Masaccio dans la Chapelle Brancacci de l'église Santa Maria del Carmine de Florence (Saint Pierre guérissant les malades en les couvrant de son ombre (1425-1427). Un texte d’offrande du Moyen Empire égyptien attribuait à l’ombre d’un dieu la capacité de produire des émissions séminales 8. Et que dire de l’Annonciation de Saint Luc : « Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre » 9?
L’ombre dans les fictions

Dans Peter Pan, le personnage principal perd son ombre. C’est un thème plusieurs fois exploité par la littérature.

Le thème de l'ombre a été exploré à de nombreuses reprises par Roger Zelazny à travers plusieurs de ses œuvres telles que: Le Maître des ombres où Jack, le maître des ombres, tire son pouvoir de celles-ci, et bien sûr le Cycle des Princes d'Ambre dans lequel les personnages évoluent dans un univers multiple, où chaque monde parallèle façonné par leur imaginaire se nomme Ombre.

Dans une courte histoire à la suite de Philémon et le piano sauvage, Philémon et Barthélemy le naufragé rencontrent un tailleur d’ombre.

Lucky Luke est réputé comme tirant plus vite que son ombre. Dans Le Daily Star, on voit clairement que Lucky Luke tire et que son ombre ne dégaine qu’à la case suivante. Dans le générique du dessin animé, Lucky Luke tire sur son ombre plus vite qu’elle et la « tue ».

Dans nombre d’œuvres de type fantasy, l’ombre est associée à la magie noire.

L’ombre en tant qu’élément chargé et susceptible de décrire un angoissant inconnu est exploité par de nombreux auteurs, tels que J. R. R. Tolkien dans Le Seigneur des anneaux. Dans Eragon ou dans Kingdom Hearts),les ombres sont des créatures maléfiques. Dans Le Monde des Ā, l’ombre est un « méchant ». Dans la saga Le Trône de fer, le prétendant au trône Stannis Barathéon utilise une ombre à son image accouchée par sa conseillère la sorcière rouge, Melisandre, afin d'éliminer ses opposants.

Dans le manga One Piece, un arc est consacré à un corsaire voleur d'ombres et dans le manga Naruto, la clan Nara possède la capacité de manipuler les ombres.

L'ombre du Dr. Facilier dans La Princesse et la Grenouille a son existence propre.
Notes et références

↑ (fr) Christian Sachse, Philosophie de la biologie : enjeux et perspectives, éd. PPUR Presses polytechniques, 2011, p. 120 [archive]
↑ (fr) Jean-Marie Nicolle, Histoire des méthodes scientifiques : du théorème de Thalès au clonage, éd. Bréal, 2006, pp.17-18 [archive]
↑ Sir James Frazer, The Golden Bough. A Study in Magic and Religion, 1890, chapitre 18. The soul as a shadow and a reflection
↑ Ibidem
↑ Pline, Histoire naturelle, 8, 44
↑ Pline, ibidem, xvii, 18
↑ Actes des Apôtres. 5, 12-15
↑ Beate George, Zu den altägyptischen Vorstellungen vom Schatten als Seele, Bonn, 1970, . p. 112, cité par Pieter W Van Der Horst, « Peter's shadow », New Testament Studies (1977) Volume: 23, pp. 204-212
↑ Luc 1.35

Articles connexes

Théâtre d'ombre
Environnement nocturne

Liens externes
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Bibliographie

James Frazer, Le Rameau d'or, édition fr. par Nicole Belmont et Michel Izard, Robert Laffont, coll. "Bouquins", 1984. Chapitre 18. L’âme comme ombre et reflet
Victor Ieronim Stoichiță, Brève histoire de l'ombre, Genève. Librairie Droz, 2000
Articles ombre, obombrer, ombré, ombreux, ombrer, ombrure, pénombre, pénombreux in Annie Mollard-Desfour (préface de Pierre Soulages), Dictionnaire des mots et expressions de couleur. Le Noir, Paris, CNRS Éditions, 2005. Nouvelle édition : Le Noir. Dictionnaire de la Couleur. Mots et expressions d'aujourd'hui. XXe-XXIe s., préface de Pierre Soulages, Paris, CNRS Éditions, 2010.
La revue Sigila a consacré son numéro 16 (2005) au thème de l'ombre.


et

La poussière est constituée de fibres et débris fins, assez légers pour être mis en suspension dans l'air, ou plus généralement, de matériaux particulaires d'un diamètre inférieur à 500 micromètres. Elle peut poser des problèmes graves pour la santé des humains, des animaux et des plantes, mais aussi pour le fonctionnement des machines.

Les poussières sont éliminées de l'air intérieur par des aspirateurs, divers systèmes de filtres ou le procédé du cyclone.

Typologie

Sa qualité évolue avec les époques. Les poussières fossiles étudiées dans les échantillons anciens de poumons des morts du smog londonien montrent une poussière essentiellement issue de la combustion du charbon, alors qu'on y trouve aujourd'hui un nombre bien plus diversifié de polluants, et jusqu'à des particules de métaux du groupe du platine perdus par les pots catalytiques dont l'objet est d'épurer l'air.

La poussière est présente dans l'espace, et est déjà étudiée sur quelques planètes ou leurs satellites (dont la Lune). Sur Terre, elle est naturellement présente dans l'atmosphère, en proportions très variées selon la saison et le contexte biogéographique.
Dans l'environnement extérieur

Elle provient de sources variées, naturelles et anthropiques, dont l'érosion du sol, les éruptions volcaniques, les tempêtes de sable ou de poussières, voire des embruns marins après les tempêtes. C'est un des composants de la pollution urbaine ou issue des cheminées et des pots d'échappement. Elle peut aussi avoir pour origine les incendies de forêts et les tempêtes qui balayent les sols arides ou vulnérables fragilisés par les labours, les abus de pesticides et d'engrais chimiques ou la surexploitation du sol.
Dans l'environnement intérieur

La poussière est présente en grande quantité dans les habitations, bureaux, usines, véhicules... Elle est composée généralement de fibres textiles, de poils, particules de peau et autres phanères provenant des humains ou des animaux familiers, d'insectes morts et spores de moisissures, ainsi que de déchets alimentaires et d'usure de béton et ciment, mais sa composition varie selon les pays et l'environnement1.

La poussière est mise en suspension et transportée par les flux d'air : courants d'air, turbulences induites par le mouvement d'objets, animaux ou personnes, ou l’exposition d'un objet empoussiéré au Soleil.

Elle est la cause de nombreuses allergies et difficultés respiratoires et peut être réduite et traitée. Elle tend, par des phénomènes liés au poids moléculaire de ses constituants, leur caractère plus ou moins hydrophile, à l’électricité statique et en fonction de l’hygrométrie, à se déposer sur les objets (meubles, objets de décorations…) ou à s’agglomérer en chatons de poussière sous et derrière les meubles. La teneur de l’air en poussière augmente avec la sécheresse de l’air.
Poussière et santé
Effets négatifs
Travailleurs en milieu urbain (poussière de béton découpé).
Un des moyens de protéger les travailleurs est de fixer la poussière par arrosage, ici par un camion réservoir.
Arrosage d'un stock de charbon sur un quai d'embarquement (en mai 1973 sur le terminal portuaire de Dundalk aux États-Unis.)

Plusieurs problèmes majeurs sont induits par la poussière.

Autour de sites industriels ou urbains, ou à proximité de couloirs de transports, ou dans des bâtiments construits avec des matériaux toxiques (plomb, amiante…) la poussière contient souvent une proportion significative de toxines qui sont inhalés, notamment par les enfants qui sont plus actifs et inspirent proportionnellement plus d'air qu'un adulte (par rapport à leur masse corporelle). Dans ces mêmes zones, l'air est souvent acide, plus riche en ozone et en autres gaz polluants agressifs pour les poumons, ce qui favorise des phénomènes de synergie.

Même quand les poussières ne sont pas toxiques, leur inhalation chronique induit des cancers (cancer du meunier, du boulanger qui ont inhalé beaucoup de farine par exemple, ou du menuisier exposé aux sciures fines et poussières de bois2,3, lors du ponçage notamment).
Une des causes de la silicose est l'inhalation de poussière de charbon ou de schiste, aggravée par l'inhalation de polluants, dont le radon, un peu de mercure, ou de radionucléides dans certaines mines (d'uranium par exemple).

La poussière contient des allergènes : spores de champignons, de mousses, de fougères, des acariens et des pollens éventuellement naturellement allergènes et/ou dans le cas de nombreux pollens, qui le deviennent en se dégradant dans les milieux urbains où ils ne sont plus emportés par les abeilles, ni piégés et dégradés dans les sols végétalisés qui y sont rares. Les pollens sont en ville exposés à des polluants et à des phénomènes d'abrasion qui dégradent leur cuticule externe et en mettant à jour des molécules allergènes n'entrant normalement pas en contact avec les muqueuses (œil, cavité nasale, bouche, poumon, etc.). Les poussières d'origine organique (issues par exemple de la dégradation de plumes ou de la desquamation de la peau) contiennent des acariens dont les excréments peuvent également être très allergènes pour les personnes sensibles.

Les poussières sont le support de nombreux microbes et autres agents pathogènes qui ne peuvent vivre longtemps en suspension dans l'air, mais subsistent dans la poussière.

La poussière déposée par les semelles de chaussures amène dans les maisons des restes d'excréments de chiens, chats, oiseaux, rats, etc. Des particules toxiques, radioactives contaminantes peuvent être apportées au domicile avec les vêtements de travail par ceux dont le métier les expose à un environnement pollué.

C'est pourquoi l'hygiène veut qu'on opère dans des salles blanches, qu'on traque les poussières dans les hôpitaux et les lieux de soins, tout particulièrement autour des allergiques (asthmatiques en particulier). Les masques à poussières de type FFP1, FFP2, ou FFP3 (les plus efficaces) peuvent protéger les travailleurs et les bricoleurs. Des filtres peuvent débarrasser l'air des poussières les plus grossières ou de poussières plus fines (filtration par voie humide, ou électrostatiques, ou par passage au travers d'une masse fibreuse dense).

L'architecture HQE vise notamment à réduire les facteurs d'empoussièrement de l'air.
Dans les zones circumpolaires où les étés peuvent être secs, le salage est parfois utilisé en été pour stabiliser la poussière sur les routes, grâce au caractère hygroscopique du sel, mais ce sel finit par s'accumuler et pose des problèmes de toxicité pour la flore et certains animaux (poissons et certains amphibiens notamment).

Autres effets possibles

Les taux d'empoussièrement sont naturellement très bas dans les milieux végétalisés grâce à la rosée, aux mousses et lichens qui piègent efficacement de grandes quantités de poussières. Ce sont la neige, la pluie, le brouillard et les bruines qui lessivent l'air des poussières qu'il contient. Celles-ci peuvent d'ailleurs contribuer à nucléer les gouttes d'eau et à faire pleuvoir (particules soufrées, ou certaines bactéries du genre Pseudomonas notamment).

Selon certains chercheurs de l'Université de Bristol et de l'University College de Londres en Angleterre, l'exposition à une certaine espèce de bactéries présentes dans la poussière agirait sur notre santé mentale. Ces bactéries (Mycobacterium vaccae) ont un effet semblable aux antidépresseurs en stimulant dans le cerveau la production de sérotonine, le neurotransmetteur qui fait qu'en cas de manque on plonge en dépression. Ces études menées sur des rongeurs, permettent de mieux comprendre le rôle de certaines poussières sur le système immunitaire des êtres vivants4,5

De nombreux animaux prennent des bains de poussière pour se nettoyer ou se débarrasser des parasites.
Mesure de l'empoussièrement

L'appareil qui sert à mesurer l'empoussièrement des sols s'appelle le bassoumètre. Les réseaux d'alerte et de mesure de la qualité de l'air utilisent aussi depuis quelques décennies en extérieur des jauges Owen qui recueillent passivement les dépôts de poussière, dont on peut ensuite analyser des échantillons, sachant qu'une fraction biodégradable pourra avoir disparu, et que des bactéries pourront s'y être multipliées si les délais d'analyse sont importants.
Le laser (Lidar) peut être utilisé pour mesurer la teneur de l'air en particules, à distance.
Un simple filtre en amont d'une pompe dont le débit d'air est connu permet des mesures quantitatives simples.

Une personne souffrant de la phobie de la poussière est dite amatophobe ou koniphobe.
Étude de la poussière

L'étude de la poussière peut se faire de façon pluridisciplinaire :
Art

En art, des artistes comme Man Ray et Marcel Duchamp ont pratiqué l'accumulation de poussière. Marcel Duchamp laissa ainsi s'accumuler sur son œuvre le grand verre une couche de poussière suffisamment épaisse pour qu'il puisse peindre, à l'aide d'un pinceau, par élimination de couches successives. Aujourd'hui, la photographie Élevage de poussière de Man Ray, donne un aperçu de cette expérience.
Biologie

Des microbes et les acariens sont présents et parfois abondants dans les poussières, et les allergies qu'ils engendrent sont de plus en plus fréquentes.
Chimie

Les poussières sont des particules organiques (suies, pollens, poils) ou minérales (roches érodées par le vent) qui peuvent être analysées.
Surfusion de l'eau

Dans les conditions courantes, l'eau gèle à zéro degré Celsius. Ce phénomène est lié à la présence de poussière.

En conditions « stériles » (sans poussière), l'eau ne gèle pas, même jusqu'à -20 °C et peut rester en équilibre métastable jusqu'à ce qu'on y introduise une impureté ou un cristal de glace : c'est la surfusion.
Symbolique

Symboliquement, le mot poussière désigne parfois le déchet, ou une quantité négligeable, avec une éventuelle connotation négative. Ce que rappelle aux catholiques la formule rituelle du mercredi des cendres « Souviens-toi que tu es né poussière et que tu redeviendras poussière ».
Références

↑ L'élimination de la poussière dans votre maison [archive] par la Société canadienne de l’asthme [archive]
↑ Poussières de bois. Prévenir les risques [archive] Guide (10 pages) de bonnes pratiques de l'INRS, sur les risques lié aux poussières de bois : ED 974 ; 2006
↑ Poussières de bois, et Guide de bonnes pratiques dans le secteur des scieries [archive] (32 pages)
↑ La poussière, nid de bonne humeur [archive], Libération
↑ L’éloge de la poussière [archive]

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

poussière, sur Wikimedia Commons

Bain de poussière
Poussières sédimentables
Particules en suspension
Aérosol
Cyclone (séparation)
Pollution et Pollution de l'air
Dust Bowl, tempête de sable ayant eu lieu aux États-Unis dans les années 1930
Poussière interstellaire, particules dans l'espace
Poussière cométaire, issue de la queue des comètes
Régolithe, couche de poussière produite par l'impact des météorites à la surface d'une planète

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yanis la chouette

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Re: Grec κενοτάϕιον : kenos et taphos ou Cycle de Jugar

Message par yanis la chouette le Ven 5 Mai - 18:58

Une force désigne, en physique, l'interaction entre deux objets ou systèmes, une action mécanique capable d'imposer une accélération induisant la modification du vecteur vitesse (une force exercée sur l'objet fait aller celui-ci plus vite, moins vite ou le fait tourner). En 1684, Isaac Newton a précisé ce concept en établissant les bases de la mécanique newtonienne. La base sensorielle de la notion est donnée par la sensation de contraction musculaire.

Histoire

Le concept de force est ancien, mais il a mis longtemps à obtenir une nouvelle définition utilisable. En effet, à la différence de grandeurs physiques telles que la longueur ou la masse, qui sont représentées par des grandeurs scalaires, les forces peuvent être représentées par des vecteurs. Les représentations vectorielles des forces doivent être distinguées des forces proprement dites. Certains philosophes et physiciens, dits opérationnalistes ou instrumentalistes au sujet des forces, nient qu'il existe des forces : selon eux, les vecteurs de forces utilisés en mécanique sont des outils utiles du physicien, mais ils ne décrivent rien dans la réalité. Un de leurs arguments est que les forces sont imperceptibles. Les réalistes au sujet des forces, à l'opposé, soutiennent que les vecteurs de forces réfèrent à des forces qui existent indépendamment de leur représentation. À l'objection selon laquelle les forces seraient imperceptibles, ils répondent souvent que la perception tactile ou le sens musculaire nous permettent d'expérimenter de telles entités physiques.[réf. souhaitée]

Archimède, lors de l'étude du problème du bras de levier, évoquait le poids des corps, sans expliquer plus explicitement ce qu'il entendait par là. Lors des études sur les poulies, la notion de force est utilisée confusément comme étant la tension dans les fils. Même le problème du plan incliné ou celui de la chute des corps sont résolus par Galilée sans faire appel explicitement à la notion de force.

Parallèlement, la composition des forces apparaît implicitement dans les travaux de Stevin (De Beghinselen der Weeghconst, 1586). Toutefois, la distinction entre la notion de force et de vitesse ne se fait pas encore, et il faudra attendre les travaux d'Isaac Newton pour avoir une formalisation précise de la notion de force. La définition donnée dans les célèbres Philosophiae Naturalis Principia Mathematica (1687) est celle qui est encore acceptée de nos jours.

La définition du concept de force a permis une présentation simple de la mécanique classique par Isaac Newton (lois du mouvement de Newton).

Aujourd'hui, la notion de force reste très utilisée, en particulier dans l'enseignement et dans l'ingénierie. Pourtant, alors que les moments, l'énergie et les impulsions sont des grandeurs fondamentales de la physique, dans le sens où ils obéissent tous à une loi de conservation, la force peut être vue comme un artifice de modélisation, commode mais non indispensable. En mécanique analytique existent des formulations de la mécanique classique qui n'utilisent pas le concept de force. Ces formulations, apparues après la mécanique newtonienne, font cependant appel à des notions encore plus abstraites que le vecteur force, et on considère en conséquence qu'il vaut mieux les introduire seulement dans l'enseignement supérieur.

Les forces sont d'autre part souvent confondues avec le concept de contrainte, et notamment avec les tensions.
Définition

En mécanique classique, une force a un sens strict. C'est la modélisation d'une interaction, quelle que soit la nature de celle-ci. La force ou interaction résulte de l'action d'un objet sur un autre. C'est le cas en particulier des interactions de contact (pression, frottement, interaction dans une liaison) ou à distance (force gravitationnelle, force électrostatique, force électromagnétique). La force est représentée par un vecteur ayant un point d'application, une direction, un sens et une intensité (en newtons). [voir vecteur Force]
Un concept très utile

Le concept de force est très utile pour « imaginer » le mouvement (dynamique), les efforts (statique) ou déformations (Résistance des matériaux) subis par un objet. Quelle que soit la ou les causes du mouvement ou des efforts (freinage par frottement, accélération par moteur, portance sur une aile par les écoulements de l'air, attraction par la terre, attraction par un aimant etc.), tout se passe comme si on attachait à cet objet des petits élastiques tendus avec la même tension que la force qui s'applique sur l'objet.

Qui plus est, il est possible de combiner les forces s'appliquant sur un même point, mais provenant de différentes causes, en une seule force. Pour cela, il suffit de sommer les vecteurs force (cette opération revient à remplacer deux élastiques attachés à un même point, mais tirant peut-être dans des directions différentes, par un seul élastique produisant la même tension).

C'est cette capacité à réunir et à combiner dans un même outil des phénomènes aussi variés qui confère toute sa puissance au concept de force.

Ainsi, une fois assimilées les lois du mouvement de Newton, on peut comprendre l'effet de n'importe quelle interaction sur un objet. Pourvu, toutefois, qu'on reste dans les conditions d'application de la mécanique classique :

Les objets doivent être suffisamment grands, par rapport à un atome, pour que la matière paraisse continue (sinon, il faut utiliser la mécanique quantique)
Les vitesses doivent être relativement faibles, par rapport à la vitesse de la lumière (sinon, il faut utiliser la relativité générale ou la relativité restreinte)
Le champ de gravitation doit être peu variable et d'intensité limitée, afin que l'on puisse négliger ses effets sur la géométrie de l'espace-temps (sinon, il faut utiliser la relativité générale).

Dans notre vie quotidienne de terriens humains, les conditions d'application de la mécanique classique sont toujours satisfaites sur les objets que nous pouvons voir sur terre à l'œil nu. Mais les propriétés de ces objets (couleurs, dureté, fonctionnement d'un appareil électronique, etc.) s'expliquent en général par des interactions au niveau moléculaire, et nécessitent parfois, pour être expliquées, d'avoir recours à la mécanique quantique.
Le vecteur force

En physique, on modélise une force par un vecteur. Un représentant du vecteur force est caractérisé par quatre éléments :

la direction : orientation de la force
le sens : vers où la force agit
la norme (ou intensité) : grandeur de la force, elle est mesurée en newton (N)
le point d'application : endroit où la force s'exerce

Le parallélogramme des forces (Relation de Chasles appliquée aux vecteurs forces)
Parallélogramme des forces
Article détaillé : méthode du parallélogramme.

Le théorème du parallélogramme des forces provient de la constatation du fait que des mouvements peuvent être combinés entre eux sans que l'ordre de cette combinaison ait une quelconque influence sur le mouvement final.

Dans le parallélogramme ci-contre, on peut distinguer deux types de mouvement :

un déplacement parallèle à AB et DC (côtés bleus du parallélogramme)
un déplacement parallèle à AD et BC (côtés verts du parallélogramme)

Quand un solide est situé initialement au point A, l'ordre de parcours AB puis BC ou bien AD puis DC n'a aucune influence sur le résultat final : quel que soit l'ordre des mouvements, le solide est déplacé au point C.

Forts de cette constatation, l'observation entre les forces (les causes) et les mouvements (les effets) fut fait, Simon Stevin puis Isaac Newton purent énoncer le théorème du parallélogramme des forces :

Considérons un solide au point A. Appliquons-lui une force F1 proportionnelle et parallèle au segment AB et qui déplace l'équilibre du solide au point B, puis une force F2 proportionnelle et parallèle au segment BC et qui déplace l'équilibre du solide du point B au point C. Alors la force F3 parallèle au segment AC et qui déplace l'équilibre du solide du point A au point C est telle que :
F 3 A C = F 1 A B + F 2 B C {\displaystyle {\frac {F_{3}}{\rm {AC}}}={\frac {F_{1}}{\rm {AB}}}+{\frac {F_{2}}{\rm {BC}}}} {\displaystyle {\frac {F_{3}}{\rm {AC}}}={\frac {F_{1}}{\rm {AB}}}+{\frac {F_{2}}{\rm {BC}}}}

La force F3 est appelée la force « résultante » des deux forces F1 et F2.

Inversement, soit un point B quelconque et la force F3 proportionnelle et parallèle au segment AC et qui déplace l'équilibre du solide du point A au point C. Considérons les forces F1 et F2 parallèles respectivement aux segments AB et BC et telles que :
F 1 A B + F 2 B C = F 3 A C {\displaystyle {\frac {F_{1}}{\rm {AB}}}+{\frac {F_{2}}{\rm {BC}}}={\frac {F_{3}}{\rm {AC}}}} {\displaystyle {\frac {F_{1}}{\rm {AB}}}+{\frac {F_{2}}{\rm {BC}}}={\frac {F_{3}}{\rm {AC}}}}
Alors l'application des forces F1 et F2 au solide va déplacer l'équilibre de ce dernier du point A au point C.

Décomposition d'une force

Cette dernière propriété des forces permet de séparer une force en plusieurs composantes et est utilisée par exemple pour décomposer une force de réaction R en ses composantes normale (l'effort d'appui N) et tangentielle (l'effort de frottement T).

Enfin, soit un point D tel que ABCD soit un parallélogramme, alors la force F2, qui déplace l'équilibre du solide du point B au point C, peut aussi déplacer l'équilibre du point A au point D. Il en est de même pour la force F1 qui peut indifféremment déplacer le solide du point A au point B ou du point D au point C.

Le parallélogramme des forces amène naturellement à modéliser celles-ci par un vecteur souvent noté F → {\displaystyle {\vec {F}}} \vec{F}. Le sens et la direction du vecteur indiquent respectivement le sens et la direction de l'action, la longueur du vecteur indiquant l'intensité de cette même action.

Avec cette notation, le parallélogramme des forces se résume simplement à la relation vectorielle suivante :

F 3 → = F 1 → + F 2 → {\displaystyle {\vec {F_{3}}}={\vec {F_{1}}}+{\vec {F_{2}}}} {\vec {F_{3}}}={\vec {F_{1}}}+{\vec {F_{2}}}

Le point d'application

Une force exerce son action en un point appelé point d'application (ou point d'impact). La connaissance de ce point est importante pour déterminer le moment de la force....

L'action d'une force peut être transmise aux autres points de l'objet par déformation élastique, par exemple, si l'on pousse une voiture, la force exercée par la paume de la main est transmise au reste du véhicule.

La notion de point d'application est évidente dans le cas d'une cause « ponctuelle » : si l'on pousse un objet à la main, le point d'application est le point de contact entre l'objet et la main, et si on le tire avec une corde, c'est le point d'attache de la corde. Cependant, à y regarder de plus près, la paume de la main fait une certaine surface, et la corde a une section non nulle. La force s'exerce donc sur une surface, et non pas en un point. Le point d'application est en fait le barycentre de la surface, en supposant que la force est répartie uniformément sur la surface ; sinon, cela se ramène à un problème de pression.

La notion peut s'étendre au cas où la surface de contact est importante, comme dans le cas de la réaction d'un support sur lequel est posé un objet, ou bien la poussée d'Archimède. On l'étend également au cas des forces volumiques, c'est-à-dire des forces à distance qui s'exercent en chaque point de l'objet, comme le poids ou l'attraction électrostatique ; le point d'application est alors aussi un barycentre (le centre d'inertie de l'objet dans le cas du poids).
Dimension et unités de mesure

La force a pour équation aux dimensions :

[F] = M × L × T-2

L'unité de mesure (SI) d'une force est le newton, symbole N, en hommage au savant Isaac Newton.

Le newton équivaut à 1 kg⋅m⋅s-2, c'est-à-dire qu'un newton est la force colinéaire au mouvement qui, appliquée pendant une seconde à un objet d'un kilogramme, est capable d'ajouter (ou de retrancher) un mètre par seconde à sa vitesse.

On a utilisé également le kilogramme-force (kgf), force exercée par une masse de 1 kg dans le champ de pesanteur terrestre (au niveau de la mer), et qui vaut donc environ 9,81 N, ainsi que la sthène qui vaut 1 kN. L'aéronautique et l'astronautique ont fait un grand usage d'un multiple du kilogramme-force : la tonne de poussée. Là où l'on utilisait le kgf, on utilise maintenant le décanewton (daN) :

1 daN = 10 N = 1,02 kgf.

Le kilogramme-force est encore parfois utilisé, bien que l'unité ne soit pas recommandée, par exemple sur certains articles de bricolage (résistance d'une cordelette).

Les anglo-saxons utilisent parfois la livre-force :

1 lbf ≃ 4,45 N

Quelques exemples de forces

Les phénomènes qui provoquent l'accélération ou la déformation d'un corps sont très divers, on distingue donc plusieurs types de force, mais qui sont tous modélisés par un même objet : le vecteur force. Par exemple, on peut classer les forces selon leur distance d'action :

forces de contact : pression d'un gaz, action de contact d'un objet sur un autre (appuyer, tirer), frottement.
forces à distance : poids (attraction gravitationnelle), force électromagnétique.

Forces élastiques

Dans le cas le plus simple de la déformation élastique, l'allongement ou la compression modérée d'un ressort dans son axe engendre une force proportionnelle à l'allongement relatif, soit :

F → = − k x → {\displaystyle {\vec {F}}=-k\,{\vec {x}}} {\vec {F}}=-k\,{\vec {x}}

où k est la constante de raideur du ressort et x son allongement (longueur finale moins longueur initiale ; x → = x u → {\displaystyle {\vec {x}}=x\,{\vec {u}}} {\displaystyle {\vec {x}}=x\,{\vec {u}}}, le vecteur unitaire u → {\displaystyle {\vec {u}}} {\vec {u}} étant dirigé du point d'attache du ressort vers son extrémité mobile).
La déformation des solides est étudiée par la mécanique des milieux continus (MMC).
Pressions

Lorsqu'une force s'exerce sur une surface, il est parfois intéressant de considérer la répartition de la force selon la surface. Par exemple, si l'on enfonce une punaise dans du bois, la punaise s'enfonce car la force est répartie sur une toute petite surface (l'extrémité de la pointe) ; si l'on appuie simplement avec le doigt, le doigt ne va pas s'enfoncer dans le bois car la force est répartie sur une grande surface (l'extrémité du doigt). Pour ce type d'études, on divise l'intensité de la force par la surface sur laquelle elle s'exerce, c'est la pression. Au sein d'un matériau solide, cette pression est appelée contrainte (stress).

Par définition, la pression p vaut :

p = F S {\displaystyle p={\frac {F}{S}}} {\displaystyle p={\frac {F}{S}}}



F est la force en newtons (N),
S est la surface en m2,
p est en pascals (Pa), qui sont des N/m2.

Forces centrales
Article détaillé : Mouvement à force centrale.

Une force est dite centrale si sa direction passe à tout instant par un point O fixe dans le référentiel d'étude, appelé centre de force. Bien souvent, de telles forces sont conservatives, mais il est utile de distinguer les deux notions. Ainsi la force de gravitation exercée par un corps ponctuel sur un autre est centrale ET conservative, tandis que pour le pendule simple, la tension du fil est centrale (elle passe à tout moment par le point de fixation du fil) mais NON conservative. Une caractéristique importante du mouvement sous l'action d'une force purement centrale est que le moment cinétique du système par rapport au centre de force est conservé.
Forces conservatives
Article détaillé : Force conservative.

Certaines forces peuvent dériver d'un potentiel, dans ce cas, il existe un champ U homogène à une énergie tel que la force résultante peut s'écrire sous la forme suivante :

F → = − ∇ → U {\displaystyle {\vec {F}}=-{\vec {\nabla }}\,U} {\vec {F}}=-{\vec {\nabla }}\,U

De telles forces sont conservatives.
Forces volumiques

Il existe des forces qui s'exercent sur la totalité de l'objet, comme le poids, ces forces sont dites volumiques. On démontre, dans le cas des solides indéformables, que l'action de telles forces est équivalente à l'application d'une seule force au barycentre du corps, encore appelé « centre de masse », « centre de gravité » ou « centre d'inertie ».
Force et lagrangien

En mécanique lagrangienne, si l'on note L(q,q') le lagrangien du système avec q la position et q' la vitesse du système, on a :

F = ∂ L ∂ q {\displaystyle F={\frac {\partial L}{\partial q}}} {\displaystyle F={\frac {\partial L}{\partial q}}}

On notera que F est une force généralisée : force (au sens ordinaire du terme) si la coordonnée généralisée q est une coordonnée cartésienne (exprimée en mètres), mais moment de force si q est une coordonnée angulaire (exprimée en radians).
Force, travail et énergie

L'énergie fournie par l'action d'une force sur une distance donnée est appelée travail.

En physique, force et énergie sont deux manières différentes de modéliser les phénomènes. Selon les cas, on préfère l'une ou l'autre expression. Par exemple, on pourra traiter la chute d'un objet avec les forces en se servant des lois de Newton, particulièrement la seconde (l'accélération est proportionnelle à la force et inversement proportionnelle à la masse), ou avec les énergies (la diminution de l'énergie potentielle de gravité est égale à l'augmentation de l'énergie cinétique).

Une force travaille (ou effectue un travail) lorsque son point d'application se déplace. Pour le cas d'une force constante, la valeur du travail d'une force, notée W(F), est égale au produit scalaire du vecteur force par le vecteur déplacement.
Mesure d'une force

Tous les appareils servant à mesurer une force reposent dans leur principe de fonctionnement sur la troisième loi de Newton : l'idée est de déterminer l'effort nécessaire qu'il faut opposer à la force à mesurer pour atteindre l'équilibre.

Dans le cas particulier du poids, on peut utiliser une balance qui compare le poids à mesurer au poids d'une masse connue.
Principe de mesure d'une force avec un dynamomètre

Pour les autres cas, on utilise généralement un dynamomètre qui est en général constitué d'un ressort dont on connaît la raideur k et dont une extrémité est attachée à un point fixe. On applique la force à mesurer sur l'autre extrémité du ressort et l'on mesure la variation de longueur Δl du ressort. On en déduit la force F par la relation que nous avons vue plus haut :

F = k Δ l {\displaystyle F=k\;\Delta l} {\displaystyle F=k\;\Delta l}

La mesure de la longueur Δl est généralement faite par un comparateur. La force F étant directement proportionnelle à Δl, il suffit de graduer le cadran du comparateur en newtons plutôt qu'en mètres.

Lorsque la force à mesurer est importante, on peut utiliser une barre massive comme « ressort » (cf. la loi de Hooke). La déformation élastique de la barre est alors mesurée avec un extensomètre (ou jauge de déformation) ; il s'agit en général d'un fil en zig-zag collé sur la barre, et dont la résistance électrique varie avec l'allongement relatif.
Le concept de force et les théories modernes de la physique

En mécanique newtonienne, la relation entre la force et le mouvement est donnée par la 2e loi de Newton ou « principe fondamental de la dynamique » :

F → = d p → d t {\displaystyle {\vec {F}}={\frac {\mathrm {d} {\vec {p}}}{\mathrm {d} t}}} {\displaystyle {\vec {F}}={\frac {\mathrm {d} {\vec {p}}}{\mathrm {d} t}}}

où p → {\displaystyle {\vec {p}}} \vec{p} est la quantité de mouvement de l'objet, c'est-à-dire le produit de la masse par la vitesse (tandis que l'impulsion est le changement de la quantité de mouvement produit dans un court laps de temps donné), et t est le temps. Si la masse est constante, alors on a

F → = m a → {\displaystyle {\vec {F}}=m\,{\vec {a}}} {\displaystyle {\vec {F}}=m\,{\vec {a}}}

où a → {\displaystyle {\vec {a}}} {\vec {a}} est l'accélération.

Ernst Mach a fait remarquer dans son ouvrage La mécanique : Exposé historique et critique de son développement (1883) que la deuxième loi de Newton contient la définition de la force donnée par Isaac Newton lui-même. En effet, définir une force comme étant ce qui crée l'accélération n'apprend rien de plus que ce qui est dans F → = m a → {\displaystyle {\vec {F}}=m\,{\vec {a}}} {\displaystyle {\vec {F}}=m\,{\vec {a}}} et n'est finalement qu'une reformulation (incomplète) de cette dernière équation.

Cette impuissance à définir une force autrement que par des définitions circulaires était problématique pour de nombreux physiciens parmi lesquels Ernst Mach, Clifford Truesdell et Walter Noll1. Ces derniers ont donc cherché, en vain, à établir une définition explicite de la notion de force.

Les théories modernes de la physique ne font pas appel aux forces en tant que sources ou symptômes d'une interaction. La relativité générale utilise le concept de courbure de l'espace-temps. La mécanique quantique décrit les échanges entre particules élémentaires sous la forme de photons, bosons et gluons. Aucune de ces deux théories n'a recours aux forces. Toutefois, comme la notion de force est un support pratique pour l'intuition, il est toujours possible, aussi bien pour la relativité générale que pour la mécanique quantique, de calculer des forces. Mais, comme dans le cas de la 2e loi de Newton, les équations utilisées n'apportent pas d'informations supplémentaires sur ce qu'est la nature intrinsèque d'une force.
Les quatre forces de la nature

L'ensemble des interactions de la matière s'explique par uniquement quatre types de forces :

La force électromagnétique
La force gravitationnelle
L'interaction forte
L'interaction faible

Les deux dernières n'interviennent que de façon interne au noyau atomique et leurs seules manifestations tangibles à notre échelle sont les réactions nucléaires. L'interaction forte permet aux particules composées de quarks, comme les protons et les neutrons, de ne pas se désagréger. Elle est également responsable, bien que de façon indirecte, de la stabilité des atomes. L'interaction faible, plus discrète à notre échelle, se manifeste dans un certain type de réaction nucléaire, la désintégration β.

En dehors des réactions nucléaires, et une fois donnés les atomes et sans considérer leurs interactions internes aux noyaux atomique, la plupart des phénomènes physiques à notre échelle ne font intervenir que les deux autres interactions. La force gravitationnelle se manifeste dans la plupart des phénomènes décrits par l'astronomie et la géologie (essentiellement, en ce qui nous concerne, le fait que nous soyons attirés par la Terre ; que cette dernière ne se désagrège pas en poussière ; les mouvements des astres ; les efforts qu'elle crée sur la croûte terrestre, participant à son évolution géologique ; les marées, …). Toutefois, selon Einstein, la force gravitationnelle n'est pas une force mais le résultat de la courbure de l'espace-temps par la matière. Enfin, la force électro-magnétique est souvent la seule interaction à intervenir dans de très nombreux phénomènes décrits par la chimie (réactions chimiques), la physico-chimie (dureté de certains matériaux, état liquide, solide ou gazeux de la matière), la tribologie (frottements), l'optique (comportement de la lumière), et tous les phénomènes faisant intervenir l'électricité et/ou le magnétisme (y compris le stockage de cet article).
Article détaillé : Interaction élémentaire.
Notes

↑ On the Concept of Force [archive], Walter Noll, 2007

Voir aussi
Articles connexes

Lois du mouvement de Newton
Mécanique statique
Moment (mécanique)
Percussion (physique)
Peson
Poussée
Travail d'une force

Liens externes

La dynamique [archive], Martin Pohl (CERN)

ET

L'honneur peut se définir comme un lien entre une personne et un groupe social qui lui donne son identité 1 et lui confère le respect. L'honneur se gagne par des actes admirés par la collectivité ; on subit la honte en conséquence d'actes méprisés. En ce sens, l'honneur est un attribut collectif, comme la vertu est un attribut individuel. Il peut y avoir des vertus secrètes ; d'honneur secret, point. L'honneur, mais surtout le déshonneur et la honte se transmettent aux proches par contagion.

Dans une même société, il y a le plus souvent des groupes d'honneur différent. Dans les groupes criminels, ne pas parler à la police est une question d'honneur ; fréquenter un délateur atteint au statut de la personne ; tandis que dans la même ville, d'autres gens ont une répulsion du même ordre en ce qui concerne l'usage de la violence, et considèrent comme moralement contaminée une personne qui la pratique, fût-ce dans un contexte sportif, comme la boxe ou le rugby. Si Boileau note qu'un vrai fourbe met son honneur à ne jamais tenir sa parole (Satires XI) c'est que la valeur de référence, pour ceux qu'il estime, c'est le pouvoir de manipuler son prochain ; c'est ce qui le définit comme fourbe.

Lorsque des institutions reconnaissent par un acte public l'importance pour elles d'une personne, cela s'appelle conférer des honneurs. Il y a le tableau d'honneur avec le portrait de l'employé du mois ; les États donnent des décorations, dont en France la principale est la Légion d'honneur. L'appétit des gens pour ces distinctions les amène parfois à manquer leur but. Des candidats avides utilisent, pour les obtenir, des moyens opposés aux valeurs qui soutiennent l'institution. La réaction à cette conséquence de l'institutionnalisation de l'honneur amène d'autres personnes à mettre leur honneur à refuser les honneurs.

Origines

L'honneur procède

« Du lat. class. honos, honoris, masc. « honneur rendu aux dieux, décerné à qqn, marque de considération; charge, magistrature, fonction publique »; à l'époque médiév., honor désigne surtout la charge octroyée par le roi au comte, au duc, aux officiers royaux2. »

L'honneur est une marque de vénération, de considération attachée elle aussi à la vertu et au mérite. Consécutivement, l'honneur est donc une forme d'estime dont on jouit après le combat comme une récompense. Il faut alors comprendre que, pour bénéficier de l'honneur, pour être qualifié d'honorable, il fallait donc avoir combattu. En ce sens, ne rien faire n'était pas un comportement pouvant être qualifié d'honorable, alors qu'il pourrait l'être à notre époque plus paisible (patience courageuse, abstention de revanche, primauté de la réflexion sur l'action, refus de faire une chose choquante, méditation et contemplation monastiques, etc.).
Déclinaisons de la notion d'honneur

Dans le cadre de cette filiation sémantique, l'honneur semble être à l'origine un concept social, patrimonial et moral positif, qui se décline de la manière suivante :

Bien accordé par un suzerain à ses hommes. C'est une récompense, un butin patrimonial qui est plus ou moins synonyme de fief. Le terme reste en usage pour l'Angleterre où Guillaume le Conquérant avait pris soin à ne pas laisser s'établir des principautés. L'un des plus importants, l'honneur de Richmond passera à la famille ducale de Bretagne mettant les ducs bretons dans une situation difficile lors de la guerre de Cent Ans. On connaît aussi l'honneur de Leicester qu'a possédé un temps la famille de Grandmesnil.
Actes de distinction : (rendre les honneurs à...) les honneurs militaires ou les honneurs funèbres, Dame d'honneur ; les diplômes ou Prix d'honneur ; les médailles d'honneur et la décoration de la Légion d'honneur ; les titres décernés Honoris Causa ou à titre honoraire ; être fait citoyen d'honneur d'une ville ; passer sous une haie d'honneur ; faire l'honneur de sa maison à quelqu'un signifie lui faire honneur. Par extension, rentrent dans cette catégorie toutes les distinctions qui font honneur à quelqu'un (décorations, coupes, titres honorifiques ou de noblesse, trophées artistiques, etc.), ainsi que le fait de mettre en lumière ou à l'affiche (mettre à l'honneur) une personne, un événement, un fait, une chose, un métier, une catégorie (générationnelle, sociale...), un comportement (le civisme, par exemple), un territoire, etc.
Dignité, fierté, loyauté, éthique d'un individu, ou d'un groupe : une déclaration sur l'honneur ; donner sa parole d'honneur ; piquer d'honneur revient à persuader quelqu'un que son honneur est en cause ; prendre tout au point d'honneur équivaut à de l'extrême susceptibilité quant à l'honneur ; engager son honneur ou celui du groupe auquel on appartient (l'honneur d'un officier ou de l'Armée) ; honneur national ; tomber au champ d'honneur ; fors l'honneur (François Ier) ; mettre un point d'honneur à, code d'honneur... La radicalisation du sens de l'honneur amène le sentiment individuel revanchard, selon la perception des circonstances historiques ou, tout au contraire le sentiment mortifère de honte en cas d'échec, d'erreur ou de faute déshonorante (mutilation du petit doigt chez les Yakuza et suicide rituel des japonais par hara-kiri). Vendre son honneur signifie accepter faire quelque chose de déshonorant en échange d'une contrepartie quelconque. Tout au contraire, la banalisation de la notion d'honneur amène à considérer une conduite, un comportement honorable, même lorsqu'il se réalise hors du champ traditionnel de l'honneur, ou qu'il se réalise dans l'abstention (voir ci-dessous).
Vertu d'une femme en rapport avec ses mœurs, la perte de sa virginité ou des relations en dehors du mariage, même consenties : ravir son honneur signifie la violer et lui avoir fait perdre sa qualité de jeune fille honorable, même si cette dernière était complice ; rendre l'honneur à une femme signifie l'épouser pour réparer l'offense, avant que ne soit connue l'éventuelle perspective d'enfantement. Aujourd'hui une telle réaction perdure en France dans certaines couches de la société, dès lors qu'un heureux événement s'annonce. Défendre jalousement son honneur signifie protéger sa vertu. Dans certaines sociétés traditionnelles, les atteintes à la vertu d'une femme peuvent provoquer des crimes d'honneur à l'encontre de celle-ci et (ou) de l'homme ayant porté atteinte à son honneur, ayant enfreint le code d'honneur de ladite société.
Formules de politesse plus ou moins convenues et solennelles : J'ai l'honneur de..., Faire honneur à..., Votre honneur (lorsque l'on s'adresse à un juge anglo-saxon).
Certaines figures de cartes à jouer, les plus hautes, à certains jeux : les honneurs au bridge (et au Whist dont il dérive), sont As, Roi, Dame, Valet et, comme dans la noblesse qu'ils incarnent, un petit parvenu récemment anobli, le 10 dans le Bridge moderne. Au Mhing dérivé du Mah-Jong, les honneurs sont les vents et les dragons.

De manière dérivée (honorable) :

Caractère acceptable, mais plus banal, d'un individu, d'un comportement ou d'un résultat : ce comportement est honorable (digne ou seulement, il s'est bien acquitté d'une tache, il s'en est tiré honorablement, cette tâche est à son honneur...). Cela peut se réaliser dans l'action, dans le comportement et la conduite, voire dans l'abnégation ou l'abstention (ne pas s'abaisser, se déshonorer à faire telle chose, avoir le courage de ne pas réagir, ou de supporter, etc). Cela peut se projeter sur la banalisation des critères de la réputation ; cette personne est honorable (bonne réputation ou seulement, ne fait pas parler d'elle, ne pose pas de problème, est bien intégrée). On qualifie aussi un résultat ou une défaite d'honorable, notamment lorsque l'on pouvait craindre un moins bon résultat (sauver l'honneur).

Prise en compte de l'honneur par le système juridique français

L'atteinte à l'honneur d'une femme, au sens décrit plus haut, se retrouve aujourd'hui dans les notions juridiques de viol ou de harcèlement sexuel, donc seulement lorsque l'atteinte est subie, et se résout par une peine correctionnelle ou criminelle en matière pénale. En cette matière, il est moins question d'honneur aujourd'hui que d'atteinte à la dignité et à l'intégrité de la femme, ou d'un homme, bien que ce sentiment d'atteinte à l'honneur perdure culturellement dans l'entourage familial de certaines victimes féminines.

Le duel était de coutume pour laver son honneur après tout comportement jugé comme un affront

L'atteinte à la réputation d'une personne se résolvait par le passé par le duel qui, interdit sous Louis XIII, continua en pratique jusqu'au début du XXe siècle, « comme supplément obligé des lois qui ne connaissent pas des offenses à l'honneur » dira Chateaubriand3. Cependant, afin de ne pas encourir de peine criminelle, il s'achevait généralement dès la première goutte de sang versée. La prise en compte de cette atteinte à la réputation se retrouve aujourd'hui dans la notion juridique de diffamation et se résout par l'octroi de dommages-intérêts en matière civile. S'agissant des diffamations dans les médias, la procédure amiable du droit de réponse, si elle est suivie d'effet, peut cependant suffire, au gré du diffamé.
La vendetta, c'est-à-dire le fait de se faire justice soi-même notamment pour venger une offense à l'honneur ou une dette d'honneur (meurtre, atteintes physiques ou patrimoniales) est courant dans les populations ayant gardé une tradition culturelle forte et extensive de l'honneur, à laquelle le droit ne répond pas (ou pas assez). Par exemple, en Afghanistan où un père ne saurait se soustraire à sa parole de donner sa fille à marier4. Toutefois, dans les sociétés modernes (pays occidentaux notamment), les actes auxquels cette vengeance donne lieu sont sanctionnés à hauteur de l'infraction commise, généralement sans considération pour le motif, selon, sur le plan pénal ou sur le plan civil (atteintes patrimoniales et dommages-intérêts).
La déclaration sur l'honneur est aujourd'hui admise comme suffisante dans un certain nombre de procédures administratives (déclaration de concubinage, déclaration de situation aux organismes sociaux ou assurances, publication des bans, etc.) et se retrouve, en quelque sorte, devant un tribunal lorsque l'on y prête serment.
L'atteinte à l'honneur national a fait, ou fait encore parfois l'objet d'une incrimination pénale (Andorre, Bulgarie, Espagne, Italie) 5 mais c'est généralement à travers l'atteinte aux symboles nationaux (drapeau, Chef de l’État, hymne national, etc.) que cette notion est appréhendée par le droit, comme c'est le cas en France. En droit international, hormis les agressions caractérisées, les actes et les déclarations qui peuvent être considérées comme une atteinte à l'honneur national ne font plus l'objet d'un état de belligérance, comme par le passé. Aujourd'hui, elles se résolvent sur le terrain diplomatique et se traduisent par une demande d'excuses ou, à défaut, par diverses mesures de rétorsion (rappel d'ambassadeur, ou au contraire expulsion de diplomates étrangers, sanctions économiques, etc.).
L'octroi de la Légion d'honneur fait l'objet d'un décret du Président de la République. Cette décoration a la préséance sur toutes les autres. Elle donne le droit, à la descendance féminine du titulaire (jusqu'au troisième degré), de bénéficier d'une scolarité à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur. La radiation de l'Ordre peut intervenir en cas d'atteinte à l'honneur ou à la dignité. Elle est automatique, parce que considérée comme telle, en cas de déchéance de la nationalité française ou de condamnation à une peine d'emprisonnement d'un an ou plus, pour crime 6. Cas de Maurice Papon qui, bien que s'étant vu retirer cette décoration, a été enterré avec celle-ci 7.
Un enfant, selon le Code civil, « doit honneur et respect à ses pères et mères ». Notre Code civil reprend ainsi l'un des dix commandements judéo-chrétiens. Ledit code précise que cette obligation pèse sur l'enfant « à tout âge »8. Toutefois, en pratique, ce n'est que d'une manière indirecte qu'est sanctionnée cette obligation à l'honneur, notamment, par l'obligation pesant sur les enfants de prendre en charge les obsèques de leurs parents, même en cas de refus de la succession de ces derniers ; la déclinaison la plus concrète de l'obligation d'honorer ses parents étant formalisée dans un autre article du Code civil relatif à l'obligation alimentaire due aux ascendants par les enfants 9. Les enfants sont donc invités, en quelque sorte, à mettre un point d'honneur à assurer à leur parents la réciprocité des obligations d'entretien et d'éducation qui pesaient sur leurs ascendants à leur profit 10.
Différents corps d'agents publics et d'auxiliaires de justice doivent répondre de leurs manquements à l'honneur (entre autres). Ainsi les avocats s'exposent à des sanctions disciplinaires (par exemple une suspension), selon le code disciplinaire et la déontologie qui régissent leur profession 11. Tel est aussi le cas des magistrats qui manquent à l'honneur de leur charge ou à l'honneur de la justice 12. De même que pour tout agent public dont les manquements à la probité, aux bonnes mœurs ou à l'honneur peuvent être constitutifs d'une faute professionnelle[réf. nécessaire].
Maurice Cusson fait de l'honneur le motif essentiel de l'homicide13. Il établit ainsi un lien entre la perte du sens de l'honneur au long de l'histoire et la baisse du taux d'homicide14.

La notion d'honneur

Il s'agit à la fois d'une notion sociologique et culturelle, contingente :

de la sensibilité individuelle et/ou collective (familiale ou sociétale) ;
de la morale et des mœurs d'une époque donnée ;
des circonstances.

Les origines viriles de l'honneur

Les origines de l'honneur relient cette notion à la victoire sur le champ de bataille[réf. nécessaire].

Durant l'antiquité, la défaite était cruelle et le vainqueur pouvait humilier l'adversaire. « Vae Victis ! » 15. Les vaincus, en perdant le contrôle sur leur destin, perdaient, avec tous leur biens y compris les plus précieux, leur honneur dans l'humiliation. Au besoin, le suicide permettait d'échapper à l'ennemi et au déshonneur. Cassius et Brutus se suicidèrent après leurs défaites contre les triumvirs. Dans la société romaine, le pouvoir sur les choses et les gens était exercés par les hommes. Aussi l'honneur, associé au pouvoir sur soi et ses dépendants, épouse, enfants, esclaves, est-il, comme la vertu (de vir, homme), une qualité virile. Cependant, une femme exerçant le pouvoir, la reine d'Égypte, Cléopâtre, préfère-t-elle aussi, dans des circonstances semblables, mourir plutôt que d'être exhibée comme vaincue dans le triomphe d'Auguste.

Au Moyen Âge, les chevaliers se souciaient plus de l'honneur de leur lignée que du sort de la bataille, c'est-à-dire de se comporter avec bravoure et panache que de se comporter de manière efficiente 16.

À l'époque moderne, l'honneur reste attaché au devoir patriotique et au sacrifice pour la nation qui seront exaltés pour soutenir l'effort de guerre lors des grands conflits.

L'honneur est d'abord une valeur collective. Il s'attache à la lignée, à la tribu, à la nation. Ainsi, l'honneur perdu d'une femme, c'est-à-dire le fait pour elle d'avoir des relations sexuelles avec un homme qui n'y a pas été intégré (ou à la lignée duquel elle n'a pas été intégrée) est d'abord celui de la lignée. Celle-ci repose sur l'idée que les hommes se perpétuent par le sang dans des femmes, considérées à peu près comme un vase où se développe la semence. Pour que la lignée se poursuive, il faut que la filiation ne puisse être mise en doute[réf. nécessaire]. La virginité d'une femme, sa sexualité ne lui appartiennent pas. C'est un mécanisme de clan, une affaire familiale. C'est l'honneur de la famille, au premier rang duquel se trouve le père, puis le mari, que de protéger la femme de toutes relations hors cadre ou de toutes tentations. Aujourd'hui encore, bien que sous une forme souvent atténuée, se perpétue cette idée que la famille est éclaboussée par la conduite d'une femme, comme elle l'est d'ailleurs par celle des hommes qui manquent à la probité, à la parole donnée, et par ses membres affligés d'une difformité physique, et qu'elle doit donc se plier à certains codes comportementaux et vestimentaires dans ses relations avec les hommes, à peine de mettre en cause l'honneur de son clan[réf. nécessaire].

Ces aspects guerriers et claniques expliquent en partie la survivance de certains codes d'honneur, notamment au nord ou au sud de la Méditerranée, chez des peuples repliés sur leurs valeurs familiales, leur territoire et leur tradition de résistance face aux invasions multiples qu'ils ont connues. On pense à la vendetta, à l'omertà et au machisme qui caractérisent le code d'honneur en Sicile et en Corse, ou le Kanoun très stricte en Albanie et en Kabylie. Mais ces origines guerrières, qui permettaient d'obtenir un fief, une ville, un territoire, et donc un titre, que l'on transmettait à sa descendance avec les valeurs viriles qui en étaient la source, expliquent aussi qu'en Occident, l'honneur fut d’abord associé au fait d'être bien né (sous-entendu, issu de cette noblesse guerrière) et d’être ainsi capable, dans l'action, d'une grandeur pouvant dépasser les exigences du strict devoir ou de la stricte utilité. C'est ce qui a fondé les valeurs de la noblesse patriarcale (toutes origines progressivement confondues) pendant quelques siècles.
L'honneur dans la littérature

Platon souligne que le Thumos (l'une des trois parties de l'âme) « est en réalité le siège du courage, du sentiment de dignité, de fierté, d'honneur ».
Rabelais donne dans Gargantua (1532) une définition de l'honneur : « Les gens libères, bien néz, bien instruictz, conversans en compaignies honnestes, ont par nature un instinct et aiguillon qui tousjours les poulse à faictz vertueux et retire de vice, lequel ils nommoient honneur. » (Gargantua, LVII.)
William Shakespeare fait dire à Falstaff dans sa pièce Henry IV (première partie) que « l'honneur peut-il remettre un jambe? Non. Un bras? Non. M'ôter la douleur d'une blessure? Non. Qu'est-ce que l'honneur? un mot. Et qu'est-ce que ce mot, l'honneur? Ce qu'est l'honneur : du vent. Un joli appoint vraiment ! Et à qui profite-t-il? Celui qui mourut mercredi, le sent-il? Non. L'entend-il? Non. L'honneur est donc une chose insensible? Oui, pour les morts. Mais ne saurait-il vivre avec les vivants? Non. Pourquoi? C'est que la médisance ne souffrira jamais. A ce compte, je ne veux point d'honneur, l'honneur est un pur écusson funèbre : et ainsi finit mon catéchisme »
Jean de La Fontaine illustre dans sa fable Le Lièvre et la Tortue comment l'honneur peut être dévoyé par l'orgueil ; « Elle [la Tortue] se hâte avec lenteur, Lui cependant méprise une telle victoire, Tient la gageure à peu de gloire, Croit qu'il y va de son honneur, De partir tard ».
Montesquieu voit dans l'honneur, le ressort « qui borne la puissance » dans les États monarchistes et modérés. L'honneur « règne, comme un monarque, sur le prince et le petit peuple ». (De l’esprit des lois, III, X.).
Voltaire souligne que l'honneur ne serait pas seulement l'affaire des honnêtes gens : « Je conçois bien qu'un scélérat, associé à d'autres scélérats, cèle d'abord ses complices ; les brigands s'en font un point d'honneur ; car il y a ce que l'on appelle de l'honneur jusque dans le crime. » (Dissertation sur la mort d'Henri IV.)
Chamfort évoque ironiquement l'évolution moderne de la notion d'honneur : « Pour ne parler que de morale, on sent combien ce mot, l'honneur, renferme d'idées complexes et métaphysiques. Notre siècle en a senti les inconvénients ; et, pour ramener tout au simple, pour prévenir tout abus de mots, il a établi que l'honneur restait dans son intégrité à tout homme qui n'avait point été repris de justice. » (Maximes et Pensées, Philosophie et morale, XLII.)
Arthur Schopenhauer aborde assez longuement la notion d'honneur dans son ouvrage Aphorismes sur la sagesse dans la vie (chap. 4) : « L’honneur est, objectivement, l’opinion qu’ont les autres de notre valeur, et, subjectivement, la crainte que nous inspire cette opinion. En cette dernière qualité, il a souvent une action très salutaire, quoique nullement fondée en morale pure, sur l’homme d’honneur. […] L’honneur a, dans un certain sens, un caractère négatif, par opposition à la gloire dont le caractère est positif, car l’honneur n’est pas cette opinion qui porte sur certaines qualités spéciales, n’appartenant qu’à un seul individu ; mais c’est celle qui porte sur des qualités d’ordinaire présupposées, que cet individu est tenu de posséder également. L’honneur se contente donc d’attester que ce sujet ne fait pas exception, tant que la gloire affirme qu’il en est une. La gloire doit donc s’acquérir ; l’honneur au contraire n’a besoin que de ne pas se perdre 17. »
Simone Weil décrit l'honneur comme un moteur de l'âme : « L'honneur est un besoin vital de l'âme humaine. Le respect dû à chaque être humain comme tel, même s'il est effectivement accordé, ne suffit pas à satisfaire ce besoin ; car il est identique pour tous et immuable ; au lieu que l'honneur a rapport à un être humain considéré, non pas simplement comme tel, mais dans son entourage social. Ce besoin est pleinement satisfait, si chacune des collectivités dont un être humain est membre lui offre une part à une tradition de grandeur enfermée dans son passé et publiquement reconnue au-dehors. » (L'Enracinement.)

Bibliographie

Marie Gautheron, L'honneur. Image de soi ou don de soi : un idéal équivoque, Collection Morales, Autrement (Paris),1991, 231 p. (ISBN 2-86260-316-3)
Marie-Luce Gélard, Le pilier de la tente. Rituels et représentations de l’honneur chez les Aït Khebbach (Tafilalt), Paris, Maison des sciences de l’homme, 2003
Philippe d'Iribarne, La logique de l'honneur. Gestion des entreprises et traditions nationales, Collection Essais, Poche, 1993
Pierre Lafargue, L'honneur se porte moins bien que la livrée, William Blake & Co. Edit, 1994
Florence Weber, L'honneur des jardiniers. Les potagers dans la France du XXe siècle, Belin, coll. « socio-histoire », Paris, 1998, 287 p.

Notes et références

↑ Hobbes, Léviathan (1651), ch. X.
↑ Trésor de la langue française, article « Honneur ».
↑ Mémoires d'outre-tombe, t. VI, p 280
↑ Tel ce vieux père qui en échange d'avoir reçu une jeune fille comme épouse lors de son veuvage a promis dès qu'elle avait 5 ans de donner sa fille à marier en échange. L'ONG, aidée des autorités locales, ne réussira pas à faire changer d'avis le père menacé de mort s'il ne rembourse pas sa dette d'honneur, et qui se sent déshonoré que d'autres s'occupent de cette histoire qui obligera l'enfant à quitter l'école (Nassima, une vie confisquée, Envoyé spécial, France 2, 31 décembre 2008)
↑ Art. 79 du Code Pénal d'Andorre ; art. 88 du Code Pénal 1951 de Bulgarie ; art. 5 du Code Pénal d'Espagne ; art. 291 du Code Pénal 1930 d'Italie
↑ Articles R90 et R91 du Règlement de l'Ordre national de la Légion d'honneur
↑ À cet égard, les autorités publiques ont laissé se dérouler la cérémonie selon les vœux des partisans du défunt [1] [archive]
↑ Article 371 du Code civil français
↑ Article 205 du Code civil français
↑ Article 371-2 du Code civil français
↑ Article 138 du décret du 27 novembre 1991 qui vient en complément des dispositions de la loi du 31 décembre 1971 (art. 3)
↑ Article 43 de l'ordonnance n°58-1270 du 22 décembre 1958
↑ Maurice Cusson, Les homicides - Criminologie historique de la violence et de la non-violence, Éditions Hurtubise inc., 2015, 256 p.
↑ Laurent Lemasson, « Tu ne tueras point », Revue française de criminologie et de droit pénal, vol. 5,‎ octobre 2015 (lire en ligne [archive])
↑ Tite-Live V, 48
↑ À la bataille de Waterloo, alors que la situation était désespérée, le Maréchal Ney repartit à l'attaque, à pied, en s'écriant : « Venez voir comment meurt un maréchal de France ! ». Et, effectivement, tous les témoins dirent qu'il cherchait la mort, mais que la mort ne voulut pas de lui.
↑ Arthur Schopenhauer (trad. J.-A. Cantacuzène), Aphorismes sur la sagesse dans la vie, Paris, Librairie Germer Baillière et Cie, 1880 (lire sur Wikisource) p. 78 et 82.

Articles connexes

Crime d'honneur
Culture de l'honneur
Honorariat [Lequel ?]
Bras d'honneur
Doigt d'honneur
Droit à l'honneur

Liens externes

Différentes définitions de l'honneur selon l'Ordre des Templiers [2] [archive]
L'honneur et la chose honorable. Bulletin réflexif ; Institut québécois d'éthique appliquée ; [3] [archive]

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