TOULOUSE: CONFERENCE THEATRE GARONNE DU 21/05/2017 TOULOUSE

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TOULOUSE: CONFERENCE THEATRE GARONNE DU 21/05/2017 TOULOUSE

Message par yanis la chouette le Ven 26 Mai - 16:57

Conférence du Théâtre Garonne de Toulouse avec des allusions sur l'empire comanche et son dictons: Herbes, Chevaux et Bisons, les parfums de angres gris, un gout qui vient de chine... Le dimanche 21 mai 2017

la découverte du cheval par l’Amérique: SES MODIFICATIONS ET SES MALHEURS

Les expéditions espagnoles, ou explorations espagnoles, sont un ensemble d'expéditions menées par des explorateur espagnols ou parrainées par l'Espagne (en incluant sous ce terme les différents royaumes qui ont formé la monarchie hispanique et les configurations territoriales et juridiques successives de l'État, jusqu'à l'actuel royaume d'Espagne) à des fins scientifiques (géographiques, botaniques, etc.), religieuses (prosélytisme, évangélisation, missionnaires, etc.) ou stratégiques (militaire, politique, économique, etc.).

Les expéditions les plus importantes sont celles qui ont eu lieu à l'époque des Grandes découvertes (XVe et XVIe siècles), liées à l'expansion de l'Empire espagnol. À cette époque Christophe Colomb traverse l'Atlantique et découvre l'Amérique (1492), Vasco Nunez de Balboa traverse l'isthme de Panama et découvre l'océan Pacifique (1513), Ferdinand Magellan est le premier à traverser le Pacifique et découvre Guam et les Philippines (1521). L'expédition de Magellan est achevée par Juan Sebastian Elcano, et devient le premier tour du monde de l'histoire (1519-1522).

Moyen Âge

al-Garnatí et Ibn Jubair (XIIe siècle, initiateurs du genre du rihla, récits de voyage cosmographiques).
Benjamin de Tudèle (XIIe siècle, juif).
Ruy Gonzáles de Clavijo (XIVe siècle, ambassadeur castillan à la cour de Tamerlan)
Pero Niño, (fin du XIVe siècle et première moitié du XVe siècle, navigateur castillan)

XVe siècle
Voyages de Colomb.

Voyages de Christophe Colomb (Christophe Colomb, découverte de l'Amérique)
Alonso de Ojeda
Vicente Yáñez Pinzón et Martín Alonso Pinzón
Diego de Lepe
Pedro Alonso Niño
Amerigo Vespucci

XVIe siècle

Expéditions américaines :
Conquête de l'Amérique
Colonisation espagnole des Amériques
Expédition scientifique en Nouvelle-Espagne de Francisco Hernández de Tolède (1571 et 1577)

Première circumnavigation autour du monde (expédition de Magellan-Elcano)

Expéditions dans le Pacifique et aux Philippines :
Expédition de Magellan-Elcano,
Expédition de García Jofre de Loaísa (1525-1526),
Expédition d'Álvaro de Saavedra Cerón (1527-1528),
Expédition de Grijalva dans le Pacifique équatorial (1537),
Ruy López de Villalobos (1542-1543),
Expédition de Juan Jufré et Juan Fernández en Polynésie (1576-1577 ? ou 1578 ?),
Expéditions espagnoles d'Álvaro de Mendaña aux îles Salomon,
Première expédition espagnole aux îles Salomon (1567-1569),
Seconde expédition espagnole aux îles Salomon (1595-1596),
Expédition de Miguel López de Legazpi (1564),
Tornaviaje d'Andrés de Urdaneta et Alonso de Arellano (1565).

Passage du Nord-Ouest :
Juan de Fuca explore la côte nord-américaine du Pacifique (1592) à la recherche du passage du Nord-Ouest.

XVIIe siècle

Expédition au Vanuatu et en Australie de Pedro Fernández de Quirós et Luis Váez de Torres en 1606,
Bartolomé de Fonte dit avoir navigué entre la baie d'Hudson et le Pacifique en 16401,
Pedro Ordóñez de Cevallos, jésuite en Cochinchine2,
Juan Carrasco, jésuite en Cochinchine.

XVIIIe siècle

Mission géodésique au Pérou (1734), Expédition franco-espagnole de La Condamine, Jorge Juan et Antonio de Ulloa, pour la mesure du méridien terrestre.

Dernier quart du siècle :

Pacifique Nord-Ouest (Canada et Alaska) : dix campagnes entre 1774 et 1792, dirigées par Juan José Pérez, Dionisio Alcalá Galiano, Cayetano Valdés, Juan Francisco de la Bodega.
Pacifique Sud :
Expéditions espagnoles à Tahiti et en Polynésie, de Domingo de Boenechea et José de Andía y Varela (1772-1775)
Expédition de González de Haedo à l'Île de Pâques (1770-1771)
Expéditions des limites hispano-portugaises, qui ont exploité le potentiel scientifique de la délimitation des possessions espagnoles et portugaises en Amérique du Sud, qui fut l'objet de diverses interprétations scientifiques et diplomatiques :
Jose de Iturriaga, Francisco Fernández de Bobadilla, Apolinar Díaz de la Fuente et Pehr Löfling au bassin de l'Orénoque (ce dernier avec les médecins et botanistes catalans Benito Paltor et Antonio Condal et les dessinateurs Bruno Salvador Carmona et Juan de Dios Castel).
Félix de Azara à la Colonia del Sacramento (Apuntamientos para la historia natural de los cuadrúpedos del Paraguay y río de la Plata, 1802 et Voyages dans l'Amérique méridionale, 1809).
Expédition botanique royale aux royaumes du Pérou et du Chili ou Expédition botanique à la vice-royauté du Pérou (1777-1786, d'Hipólito Ruiz et José Antonio Pavón Quinología o tratado del árbol de la quina ou cascarilla, 1792, Florae Peruvianae, et Chilensis prodomus, 1794, Disertaciones sobre la raíz de la ratánhia, de la calaguala y de la china y acerca de la yerba llamada canchalagua, 1796, Flora peruviana et chilensis, 1798-1802, Systema vegetabilium florae peruvianae et chilensis, 1798. Juan José Tafalla Navascués, [1] [archive], commissaire de cette expédition, a également fait un voyage expéditionnaire en Équateur, 1799-1808. Le matériel resta inédit et fut récupéré par un chercheur équatorien Eduardo Estrella Aguirre en 19893.
Expédition botanique royale à la Nouvelle Grenade (1782-1808, José Celestino Mutis (Instrucción relativa a las especies y virtudes de la quina, 1792, El arcano de la quina, 1828, Flora de Nueva Granada -seulement des feuilles-);
Expédition botanique royale à la Nouvelle Espagne (1787-1803, Martín Sessé et José Mariano Mociño Flora Mexicana et Plantae Novae Hispaniae -inédites-).
Expédition au Chili et au Pérou des frères Heuland (Conrado Heuland et Cristián Heuland), envoyés par José Clavijo y Fajardo, directeur du cabinet royal d'Histoire naturelle4.
Expédition à Cuba de Joaquín de Santa Cruz, comte de Mopox, et Baltasár Boldó (rapport présenté en 1802).
L'expédition d'Alejandro Malaspina (1789-1794, José Bustamante, du cartographe Felipe Bauzá, des naturalistes Tadeo Haenke, Luis Née et Antonio Pineda, des peintres José Guío, José del Pozo, Fernando Brambila, Juan Ravenet et Tomás de Suria) dont les problèmes politiques avec Godoy provoquèrent la saisie et l'oubli de leurs matériaux collectés, qui n'aboutirent à aucun résultat concret en Espagne ; triste sort qui, pour une circonstance ou une autre, fut partagé par la plupart des trouvailles de ces expéditions, ce qui dénote la faible réceptivité de la société et du système productif espagnol à l'égard des innovations et des découvertes, fait beaucoup plus décisif que la volonté mouvante des gouvernements éclairés qui les impulsaient ou l'enthousiasme des scientifiques qui les dirigeaient.

Au moins une de ces expéditions a eu un succès incontestable : l'expédition Balmis (Expédition royale philanthropique de la vaccination, 1803-1814), directeur Francisco Javier Balmis, sous-directeur José Salvany y Lleopart.
Autres, plutôt d'espionnage que scientifiques, furent les voyages africains de Domingo Badía, travesti en Alí Bey (Plan de Viaje al África, 1801, Voyages d'Ali-Bey en Afrique et en Asie pendant les années 1803-1807, 1814, version castillane de 1836).

XIXe siècle

Commission scientifique du Pacifique (Marcos Jiménez de la Espada, 1862-1865);
Expédition (essentiellement militaire) en Guinée équatoriale de Juan José Lerena y Barry (1843);
Expédition scientifique du commandant Julio Cervera, du géologue Francisco Quiroga et de l'interprète Felipe Rizzo au Sahara occidental en 18865 ;
Expédition de Francisco Noroña dans l'océan Indien et aux îles Philippines ;
Expéditions de Manuel Iradier (1868 et 1877)6 ;
Autres périples individuels ou collectifs à des fins plus ou moins scientifiques ou aventurières, comme celui de Francisco de Paula Marín —introducteur de l'ananas à Hawaï—, José María de Murga, le Moro Vizcaíno, Joaquín Gatell y Foch, Caid Ismail — Maroc et Sahara —, Víctor Abarques de Sostén — mer Rouge et Abyssinie —, Cristóbal Benítez — Tombouctou et Sénégal, 18807 — et Bonelli, Álvarez Pérez, Bens y Capaz — Río de Oro et Ifni8—.

Première moitié du XXe siècle

Explorations scientifiques en Afrique occidentale (1886-1915).
Commission permanente pour l'exploration et l'étude du Nord-Ouest de l'Afrique (1901-1915).
Voyage au golfe de Naples (1905).
Études et envois de matériels zoologiques de Guinée (1924-26).
Excursion du Sr. Lozano au Río de Oro [sic], (1933).
Projet d'expédition transafricaine (1933-1936)
Commission scientifique d'Ifni. 1834-1935 [sic, devrait être 1934-1935].
Expédition du capitán Iglesias en Amazonas (1936).
Trabajos préparatoires de l'expédition en Guinée et à Ifni (1939-1940).
Expédition aux Philippines (sans date).

Fin du XXe siècle et XXIe siècle

Absente des deux premiers appels de l'Année polaire internationale (API) (1882 et 1932) et avec une participation modeste à l'Année géophysique internationale de 1957-1958, l' Espagne a pris part pour la première fois à l'Année polaire internationale 2008 -2009, sur la base de vingt ans d'expérience des navires de recherche océanographique Las Palmas (A-52) et Hespérides (A-33) et des bases antarctiques de l'Espagne (base antarctique Juan Carlos Primero dans l'île Livingston, 1988 ; base antarctique Gabriel de Castilla, île de la Déception, 1989) et après avoir adhéré au traité sur l'Antarctique en 19829.
Voir aussi
Articles connexes

Histoire de l'Espagne

Notes et références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Expediciones españolas » (voir la liste des auteurs).

↑ (es) María Pilar de San Pío, Expediciones españolas del siglo XVIII: el paso del noroeste, t. 12, Editorial MAPFRE, coll. « Colección Mar y América », 1992, 314 p..
↑ (es) Luis Conde-Salazar Infiesta, Manuel Lucena Giraldo, Atlas de los exploradores españoles : Viaje y Aventura, Barcelone, GeoPlaneta, 2009, 320 p. (ISBN 9788408086833).
↑ (es) Eduardo Estrella, Iván Cruz Cevallos, Flora huayaquilensis: La Expedición Botánica de Juan Tafalla a la Real Audiencia de Quito 1799-1808, t. 2, Ediciones Abya-Yala, 1991, 103 p..
↑ Miguel Ángel Puig-Samper, op. cit. p. 42.
↑ (es) José Antonio Rodríguez Esteban, Conmemoración de la expedición científica de Cervera-Quiroga-Rizzo al Sáhara occidental en 1886, Madrid, Madrid : Consejo Superior de Investigaciones Científicas, 2008 (ISBN 978-84-00-08675-6)
recension dans Boletín de Historia de la Geología de España, nº 32, novembre 2008 [archive] (Sociedad Geológica de España)
.
↑ Celle-ci et les précédentes sont listées dans : J. Luis Maldonado Polo Las expediciones científicas españolas en los siglos xix y xx en el archivo del museo nacional de ciencias naturales [archive], in Asclepio, vol. LIII, février 2001.
↑ (es) Jorge Pina, Tras los pasos de Benítez en Tombuctú, coll. « La aventura de la historia », septembre 2009, p. 82.
↑ (es) Victoriano Darias de Las Heras, « El africanismo español y la labor comunicadora del Instituto de Estudios Africanos » [archive], 2002 (consulté le 12 mai 2015).
↑ (es) « España participa por primera vez en el Año Polar Internacional », El Mundo.es - Ciencia y Ecología,‎ 8 janvier 2007 (lire en ligne [archive]).



Au cours du XVIe siècle et au début du XVIIe, les navigateurs espagnols ont été très actifs dans l'océan Pacifique. En 1545, Íñigo Ortiz de Retes atteint la Nouvelle-Guinée et lui donne ce nom en raison de la ressemblance des indigènes avec ceux de la Guinée en Afrique. Plusieurs expéditions atteignent les îles Mariannes, les Carolines et les Palaos, qui sont rattachées à la Capitainerie générale des Philippines. En 1565 Miguel López de Legazpi fonde le premier établissement espagnol dans le Pacifique, à Cebu (Philippines) et le navigateur Andres de Urdaneta découvre le « tornaviaje », l'itinéraire de retour de l'Asie vers l'Amérique. Cet itinéraire permit d'établir une route transpacifique, connue sous le nom de Galion de Manille, qui a fonctionné pendant deux siècles et demi, de 1565 à 1815, reliant les ports d'Acapulco et de Manille.

En 1568, le navigateur, Alvaro de Mendaña, découvre les îles Tuvalu et les îles Salomon, et lors d'une deuxième expédition en 1595 il découvre les îles Marquises. En 1606, l'expédition espagnole de Quiros découvre les îles Pitcairn, les Nouvelles-Hébrides (l'actuel Vanuatu) et visite les îles Salomon. Quiros a débarqué sur l'île principale des Nouvelles-Hébrides qu'il baptise l'« Austrialie du Saint-Esprit », pensant qu'il avait atteint la Terra Australis, le continent australien.

Au cours du XVIIIe siècle, il se produit une adaptation aux idéaux de l'Illustration, qui fait que la finalité scientifique gagne en importance, sans toutefois que soient abandonnées les vues stratégiques et militaires. La plus importante expédition espagnole de l'époque fut l'expédition Malaspina qui a duré cinq ans, de 1789 à 1794. C'était un voyage d'exploration politico-scientifique qui fit le tour du monde dans le but de visiter les territoires espagnols d'Amérique et d'Asie, ainsi que de nombreux autres territoires, en recueillant des informations anthropologiques, géographiques, biologiques (flore et faune), mais également politiques. À la fin du XVIIIe siècle, sont organisées également plusieurs expéditions dans le Pacifique, dont les expéditions à Tahiti dans le Pacifique Sud et de multiples expéditions au Canada et en Alaska.

L'émancipation de la plupart des possessions américaines au début de XIXe siècle s'est traduite par une modification des objectifs des explorations, et surtout par une diminution de leur importance, juste au moment où les expéditions coloniales de l'impérialisme européen étaient dans leur phase la plus décisive (partage de l'Afrique). Dans la première moitié du XXe siècle, après la guerre hispano-américaine, eut lieu une réorientation de la politique expéditionnaire, qui s'est concentrée sur l'Afrique occidentale. Après la décolonisation du Maroc (1956), de la Guinée équatoriale (1968) et, enfin, du Sahara occidental (1975), les expéditions espagnoles sont réorientées vers la connaissance scientifique de l'Antarctique.

théâtre GARONNE DE TOULOUSE

UN GRAND DÉTAIL DE L'HISTOIRE HUMAINE ET DE SON ÉVOLUTION DE NAVIGATION...

MESDAMES ET MESSIEURS?, LES BRITANNIQUES !

La tentative de colonisation espagnole de l'Alaska commence en 1774 par le voyage de Juan José Pérez Hernández et s'achève en 1793. Les revendications espagnoles sur l'Alaska et la côte ouest de l'Amérique du Nord datent de la bulle pontificale de 1493, et du traité de Tordesillas. En 1513, cette demande est renforcée par l'explorateur espagnol Vasco Núñez de Balboa, premier Européen à apercevoir l'océan Pacifique, où il revendique toutes les terres jouxtant cet océan au nom de la couronne espagnole. L'Espagne ne commence à coloniser le territoire revendiqué, au nord de l'actuel Mexique, qu'au XVIIIe siècle, quand elle envoie ses premiers ressortissants peupler la côte nord de Las Californias (Californie).

Dès le milieu du XVIIIe siècle, la revendication espagnole commence à être remise en question par les Britanniques et les Russes pratiquant la traite des fourrures. Le roi Charles III d'Espagne et ses successeurs envoient un certain nombre d'expéditions vers le Canada d'aujourd'hui et l'Alaska entre 1774 et 1793, pour contrer la menace des colons russes et britanniques et renforcer la revendication espagnole.

Voyage de Pérez en 1774

Le premier voyage est effectué par Juan José Pérez Hernández sur la frégate Santiago (alias Nueva Galicia1,2). Bien qu'ayant l'intention d'atteindre l'Alaska, l'expédition fait demi-tour à Haida Gwaii. Pérez et son équipage de 86 hommes sont les premiers Européens à visiter le Nord-Ouest Pacifique.
Voyage de Heceta et Bodega y Quadra en 1775
Portrait de Bodega y Quadra (vers 1785), collection du Museo Naval de Madrid.

Un second voyage emmène quatre-vingt dix hommes commandés par le lieutenant Bruno de Heceta à bord du Santiago, depuis San Blas, le 16 mars 1775, avec l'ordre de faire des revendications espagnoles claires sur toute la côte nord-ouest du Pacifique. La goélette Sonora, alias Felicidad, commandée initialement par Juan Manuel de Ayala, accompagne Heceta1,2. Le Sonora, avec ses 36 pieds (11 m) de long3, et ses 16 membres d'équipage sont là pour effectuer les reconnaissances du littoral et la cartographie, et toucher terre aux endroits où le Santiago n'a pas pu approcher lors de son précédent voyage. De cette façon, l'expédition peut officiellement réaffirmer les revendications espagnoles sur les terres au nord de la Nouvelle-Espagne qu'il va visiter. Ayala reprend le commandement du « paquebote » San Carlos, alias Toysón de Oro1, qui participe aussi à l’expédition, après que son commandant, Miguel Manrique, soit tombé malade. Heceta donne à Bogeda y Quadra le commandement du Sonora. Francisco Antonio Mourelle sert de pilote à Bodega y Quadra et tous deux se lient alors d'amitié.

Les trois navires naviguent de concert jusqu'à la baie de Monterey en Haute-Californie. La mission d'Ayala est d'explorer le détroit du Golden Gate alors que Heceta et Bodega y Quadra continuent plus au nord. Ayala et l'équipage du San Carlos deviennent ainsi les premiers Européens connus à entrer dans la baie de San Francisco. Le Santiago et le Sonora font voile ensemble jusqu'à « Punta de los Martires » (aujourd'hui pointe Grenville) ainsi nommé par Heceta qui y a subi une attaque des Indiens Quinault4. Les vaisseaux se séparent dans la soirée du 29 juillet 1775. Le scorbut a tellement affaibli l'équipage du Santiago que Heceta décide de retourner à San Blas. Sur la route du sud, il découvre l'embouchure du fleuve Columbia (nommée Entrada de Hezeta sur les cartes espagnoles) entre les actuels États de l'Oregon et de Washington5. Juan Pérez, le pilote de Heceta, meurt au cours de cette partie sud du voyage.

Bodega y Quadra, sur le Sonora, remonte la côte selon les ordres reçus, pour atteindre finalement la latitude de 58° nord et l'Île Nootka, le 15 août, près de l'actuelle ville de Sitka, en Alaska. Pendant son voyage de retour vers le sud Bodega y Quadra découvre et explore une partie de la baie de Bucareli (sur la côte ouest de l'actuelle Île du Prince-de-Galles) qu'il nomme « Puerto y Entrada de Bucareli », en l'honneur d'Antonio María de Bucareli y Ursúa, alors vice-roi de Nouvelle-Espagne6.

Pendant le voyage de Bodega y Quadra de nombreux « actes de souveraineté » sont effectués, par exemple grâce à des noms de lieux comme Puerto y Entrada de Bucareli, Puerto de los Remedios ou encore Montaña de San Jacinto, rebaptisé mont Edgecumbe par l'explorateur britannique James Cook trois ans plus tard7,8.
Voyage d'Arteaga et Bodega y Quadra en 1779
Régions d'Alaska et de Colombie Britannique explorées par l'Espagne.

Un troisième voyage est lancé en 1779. Ignacio de Arteaga commande l'expédition et l'une des deux corvettes armées, le Favorita, l'autre, le Princesa est aux ordres de Bodega y Quadra. Sur le Favorita, il y a, outre l'équipage, l'officier en second Fernando Quiros y Miranda, le chirurgien Juan Garcia, le pilote Jose Camacho et le pilote en second Juan Pantoja second y Arriaga et sur le Princesa, l'officier en second Francisco Antonio Mourelle, le chirurgien Mariano Nunez Esquivel, le pilote Jose Canizares et pilote en second Juan Bautista Aguirre9. L'objectif de l'expédition est d'évaluer la pénétration russe en l'Alaska, la recherche d'un passage du Nord-Ouest et la capture de James Cook, s'ils le trouvent dans les eaux espagnoles. L'Espagne a appris vers 1778, que Cook explore la côte du nord-ouest Pacifique. En juin 1779, lors de l'expédition d'Arteaga et Bodega y Quadra, l'Espagne participe à la guerre d'indépendance des États-Unis comme alliée de la France, précipitant parallèlement une guerre anglo-espagnole, qui perdure jusqu'au Traité de Paris en 1783.

Au cours de leur voyage Arteaga et Bodega y Quadra cartographient scrupuleusement la baie de Bucareli, puis se dirigent au nord vers port Etches (en) sur l'île Hinchinbrook. Ils entrent en baie du Prince-William et atteignent la latitude de 61° nord, le point le plus septentrional des explorations espagnoles en l'Alaska. Ils explorent également le golfe de Cook et la péninsule Kenai, où une cérémonie de prise de possession est effectuée le 2 août, dans ce qui est aujourd'hui Port Chatham. À cause de l'état de santé de l'équipage d'Arteaga l'expédition retourne en Californie sans avoir trouvé les Russes, ni Cook, qui a été tué à Hawaii en février 17799.

Tout au long du voyage, l'équipage des deux navires a enduré de nombreuses épreuves, comme des pénuries alimentaires et le scorbut. Le 8 septembre, les navires se rejoignent et se dirigent vers le sud pour retourner à San Blas. Bien que les Espagnols soient discrets sur leurs explorations et leurs découvertes, le voyage de 1779 d'Arteaga et de Bodega y Quadra fait exception à la règle. La Perouse obtient une copie de leur carte, qui est publiée en 1798. Le journal de Mourelle est acheté et publié à Londres, la même année, par Daines Barrington.

Après ces trois voyages en Alaska, en cinq années, aucune autre expédition espagnole n'est lancée vers le Pacifique nord-ouest jusqu'en 1788, après le traité de Paris qui met fin à la guerre entre l'Espagne et la Grande-Bretagne. Pendant les hostilités, l'Espagne a consacré le port de San Blas au soutien de l'effort de guerre aux Philippines9.
Voyage de Martínez et Haro en 1788
Portrait d'Esteban José Martínez Fernández y Martínez de la Sierra, Armada espagnole, vers 1785.

En mars 1788, deux navires sont envoyés au nord de San Blas pour enquêter sur l'activité russe dans la région. Esteban José Martínez, sur le Princesa, est à la tête de l'expédition, accompagné par le San Carlos sous le commandement de Gonzalo López de Haro et José María Narváez comme pilote. Les navires arrivent à la baie du Prince William en mai. Après la découverte de traces de la traite des fourrures par les Russes, les navires naviguent à l'ouest. En juin Haro atteint l'île Kodiak et apprend par les indigènes qu'un poste russe se trouve à proximité10.

Le 30 juin 1788, Haro envoie Narváez à bord d'une chaloupe pour chercher le poste russe dans la baie de Three Saints. Celui-ci le découvre, devenant ainsi le premier Espagnol à prendre contact avec un important contingent de Russes en Alaska. Narváez emmène le commandant russe, Evstratii Ivanovitch Delarov (en), rencontrer Haro sur le San Carlos, puis le raccompagne au poste russe. Delarov donne à Narváez une carte russe de la côte de l'Alaska et indique les emplacements des sept postes russes, comptant près de 500 hommes. Delarov dit également à Narváez que les Russes ont l'intention d'occuper la baie de Nootka, sur la côte ouest de l'île de Vancouver11.

Après cette rencontre Haro navigue à l'est et rejoint Martínez à l'île Sitkinak. En utilisant les informations de Delarov, l'expédition part vers l'île d'Unalaska, où se trouve un important poste russe, sous le commandement de Potap Kuzmich Zaikov. Martínez arrive le 29 juillet et Haro, le 4 août. Zaikov donne à Martínez trois cartes couvrant les îles Aléoutiennes. Il confirme également que les Russes prévoient de prendre possession de la baie Nootka l'année suivante10. Zaikov explique que deux frégates russes sont déjà en route et qu'une troisième s'y trouve déjà. Il fait allusion à l'expédition de Joseph Billings, en 1789, mais en exagérant grandement sa mission12,13. Cette visite à Unalaska marque le point le plus occidental atteint par les expéditions espagnoles d'exploration en Alaska.

L'expédition espagnole quitte Unalaska, le 18 août 1788, pour le sud de la Californie et le Mexique. En raison d'un désaccord entre Martínez et Haro, les navires rompent le contact au bout de trois jours et naviguent séparément vers le sud. Martínez l'a autorisé, mais a ordonné à Haro de rejoindre Monterey. Cependant, au cours du voyage, Haro, avec le soutien de Narváez et des autres pilotes, déclare que son bateau n'est plus sous le commandement de Martínez. Ils naviguent seuls directement vers San Blas et y arrive le 22 octobre 1788. Martínez passe un mois à Monterey à attendre Haro. Il arrive à son tour à San Blas, en décembre et doit faire face à des accusations d'incompétence. Il regagne cependant rapidement les faveurs de ses supérieurs et est placé à la tête d'une nouvelle expédition destinée à occuper la baie de Nootka avant les Russes10.
Colonisation de la baie de Nootka en 1789
Saisie de l’Argonaut et arrestation de son capitaine, James Colnett (en), par Martínez le 2 juillet 1789 (début de la crise de Nootka).

Martínez et Haro reçoivent l'ordre de prendre possession de la baie de Nootka avant que les Russes ou les Britanniques ne le fassent. Pendant l'été 1789, Martínez envoie José María Narváez explorer le détroit de Juan de Fuca, sur le Santa Gertrudis la Magna (anciennement le Northwest America, un navire britannique capturé plus tôt par Martínez dans la baie de Nootka). Narváez découvre que le détroit est en fait un immense bras de mer riche de promesses pour une future exploration. La capture des navires britanniques aboutit à une crise entre Britanniques et Espagnols. Le vice-roi de Nouvelle-Espagne, Manuel Antonio Flores, ordonne à Martínez d'évacuer la Baie de Nootka à la fin de l'année 1789. Cependant, le successeur de Flores, Juan Vicente de Güemes Padilla Horcasitas y Aguayo, arrivé en octobre 1789, est bien décidé à ne pas céder aux Britanniques et ordonne une nouvelle expédition vers la baie de Nootka afin de réoccuper le territoire10.

Trois navires s'y rendent, en 1790, avec à leur tête Francisco de Eliza comme commandant en chef et capitaine du Concepción, Manuel Quimper capitaine du Princesa Real (nom espagnol du navire britannique le Royal Princess, capturé par Martínez en 1789) et Salvador Fidalgo capitaine du San Carlos. La première colonie, Santa Cruz de Nuca, dans l'actuelle Colombie-Britannique, est bâtie dans la baie Nootka, ainsi que le Fort San Miguel, tenu par des soldats de la première compagnie des volontaires de Catalogne commandée par Pedro de Alberni. Une fois installé, Eliza envoie Fidalgo en exploration au nord et Quimper au sud10.
Exploration de Fidalgo en 1790

Salvador Fidalgo à bord du San Carlos explore et baptise la baie de Cordova (en) et Port Valdez dans la baie du Prince William et des actes de souveraineté sont accomplis dans les deux endroits. Fidalgo entre dans le golfe de Cook et trouve le poste russe de la compagnie Pavel Lebedev-Lastochkin à l'embouchure du fleuve Kenai. Fidalgo ne s'y arrête pas mais continue à l'ouest vers l'île Kodiak, où il relève la position du poste Shelikov14. Fidalgo se rend ensuite à la colonie russe d'Alexandrovsk (aujourd'hui English Bay ou Nanwalek), au sud-ouest de l'actuel Anchorage sur la péninsule de Kenai, où, à nouveau, il revendique la souveraineté espagnole sur ces lieux15.
Exploration de Quimper en 1790

Manuel Quimper, accompagné des officiers López de Haro et Juan Carrasco, sur le Princesa Real se rendent dans le détroit de Juan de Fuca, suivant les traces de Narváez l'année précédente. Ils remontent jusqu'à l'extrême est du détroit, découvrant les îles San Juan et nombre de détroits et bras de mer, mais n'ont pas le temps de les explorer. Des vents contraires les empêchent de ramener leur petit navire à Nootka, aussi Quimper décide-t-il de rentrer à San Blas16.
Exploration de Eliza en 1791

En 1791, Francisco de Eliza reçoit l'ordre de poursuivre l'exploration du détroit de Juan de Fuca. L'expédition est composée de deux vaisseaux. Eliza commande le San Carlos, avec Pantoja comme pilote et Narváez sur le Santa Saturnina, avec Carrasco et Verdía comme pilotes. Pendant leur voyage, le détroit de Géorgie est découvert et Narváez en explore la plus grande partie. Eliza ramène le San Carlos dans la baie de Nootka, mais le Santa Saturnina, de Carrasco, ne parvient pas à rentrer à Nootka et navigue vers Monterey et San Blas. À Monterey, Carrasco rencontre Alessandro Malaspina et lui parle de la découverte du détroit de Géorgie, ce qui va conduire au voyage de Galiano et Valdés, en 179216.
Voyage de Malaspina et Bustamante de 1789 à 1794
Article principal : Expédition Malaspina.

Le roi d'Espagne donne, à Alejandro Malaspina et José de Bustamante y Guerra, le commandement d'une expédition scientifique autour du monde, à bord de deux corvettes, le Descubierta et l’Atrevida. L'un des ordres du roi est de rechercher un possible passage du Nord-Ouest. L'expédition doit aussi chercher de l'or, des pierres précieuses et toutes colonies américaine, britanniques ou russes sur les côtes du Nord-Ouest. Arrivés en Alaska en 1791, Malaspina et Bustamante cartographient la baie du Prince William. Dans la baie de Yakutat, l'expédition entre en contact avec les Tlingits. Les scientifiques espagnols étudient la tribu, collectent des informations sur leurs mœurs, langue, économie, stratégie militaire et rites funéraires. Les artistes de l'expédition, Tomas de Suria et José Cardero, font des portraits des membres de la tribu et dessinent des scènes de la vie quotidienne17. Le glacier Malaspina qui surplombe la baie de Yakutat est ainsi baptisé, en 1874, par le scientifique américain William Healey Dall, en l'honneur d'Alessandro Malaspina18.
Voyage de Galiano et Valdés en 1792

En 1792, Dionisio Alcalá Galiano, sur le Sutil, et Cayetano Valdés y Flores, sur le Mexicana, font voile de San Blas à la baie de Nootka Sound, puis font le tour de l'île de Vancouver19,20. Un récit, du voyage de Galiano et Valdés, est ensuite publié en Espagne et il éclipse l'expédition bien plus importante de Malaspina, qui pour des raisons politiques a été emprisonné peu après son retour.
Voyage d'Eliza et Martínez y Zayas en 1793

En 1793, Francisco de Eliza et Juan Martínez y Zayas cartographient les côtes situées entre le détroit de Juan de Fuca et la baie de San Francisco et explorent l'embouchure du fleuve Columbia21.
Notes et références

↑ a, b et c Geographical Society of the Pacific 1907, p. 108, 152.
↑ a et b Rodríguez Sala 2006, p. 35
↑ (en) Derek Pethick, First Approaches to the Northwest Coast, Vancouver, J.J. Douglas, 1976 (ISBN 0-88894-056-4), p. 43
↑ (en) Freeman M. Tovell, At the Far Reaches of Empire : The Life of Juan Francisco De La Bodega Y Quadra, University of British Columbia Press, 2008 (ISBN 978-0-7748-1367-9, lire en ligne [archive]), p. 25–29
↑ (en) Derek Hayes, Historical Atlas of the Pacific Northwest : Maps of Exploration and Discovery, Sasquatch Books, 1999 (réimpr. 2002), 208 p. (ISBN 978-1570612152)
↑ (en) Wallace M. Olson, Through Spanish Eyes : Spanish Voyages to Alaska, 1774-1792, Auke Bay, Alaska, Heritage Research, 2002 (ISBN 0-9659009-1-6), « The Hezeta Expedition of 1775: Selections from the journals of: Bodega y Quadra, Mourelle », p. 46
↑ (en) Henry Wagner, The Cartography of the Northwest Coast of America to the Year 1800, Berkeley, University of California Press, 1937, 385 p.
↑ (en) Donald J. Orth, Dictionary of Alaska Place Names, Geological Survey, Professional Paper 567, Washington, United States Government Printing Office, 1967
↑ a, b et c The California State Military Museum
↑ a, b, c, d et e McDowell 1998
↑ McDowell 1998, p. 122
↑ (en) Stephen W. Haycox, Alaska: an American Colony, University of Washington Press, 2002 (ISBN 978-0-295-98249-6, lire en ligne [archive]), p. 175
↑ Billings, Joseph [archive], Dictionary of Canadian Biography Online
↑ (en) Stephen W. Haycox, Alaska : an American Colony, University of Washington Press, 2002 (ISBN 978-0-295-98249-6, lire en ligne [archive])
↑ Arsenio Rey-Tejerina, Cordova in Alaska [archive], ExploreNorth, 1990
↑ a et b Hayes, « Spanish Explorations of the West Coast »
↑ Alejandro Malaspina, The Malaspina expedition / 2. Panama to the Philippines, London, Hakluyt Society, 2003.
↑ « Malaspina, Alessandro » in Geological Survey (U.S.), Geological Survey Professional Paper, vol. 567, U.S. Government Printing Office, 1967
↑ John Kendrick Dionisio Alcalá-Galiano, Cayetano Valdés Flores Bazán y Peón, Josef Espinosa y Tello, José Cordero, The voyage of Sutil and Mexicana, 1792 : the last Spanish exploration of the northwest coast of America, Spokane, Arthur H. Clark Co., 1991.
↑ Juan de la Bodega y Cuadra, Plano del Estrecho de Juan de Fuca descuvierto el año de 1592, reconocido en 1789 por Dn. José Narbaez, en el de 90, Cp. Dn. Manuel Quimper, en 91, Q. Cp. Dn. Franco Eliza y concluido en este por el Commandante Vancouver y Dn. Dionissio Galiano ; en el qual sedenotan con el color negro los descubrimtos. hechos hasta 91, con el encarnado los Vancouver, y con el azul los de Galiano.
↑ (en) Freeman M. Tovell, At the Far Reaches of Empire : The Life of Juan Francisco De La Bodega Y Quadra, University of British Columbia Press, 2008 (ISBN 978-0-7748-1367-9, lire en ligne [archive])

Voir aussi
Bibliographie

(en) Derek Hayes, Historical atlas of Canada : Canada's history illustrated with original maps, Vancouver, Douglas & McIntyre, 2002
(en) Jim McDowell, José Narváez : The Forgotten Explorer, Spokane, Washington, The Arthur H. Clark Company, 1998 (ISBN 0-87062-265-X)
(en) Geographical Society of the Pacific, Transactions and Proceedings of the Geographical Society of the Pacific, vol. 4, San Francisco, 1907 (OCLC 15737543, lire en ligne [archive])
(es) María Luisa Rodríguez Sala, De San Blas Hasta la Alta California : Los Viajes y Diarios de Juan Joseph Pérez Hernández, Universidad Autónoma de México, 2006 (ISBN 978-970-32-3474-5, lire en ligne [archive])

Liens externes

(en) « The Spanish Navy in the Californias during the Revolutionary War Era » [archive], The California State Military Museum (consulté le 6 décembre 2009)

THÉÂTRE DE LA GARONNE, TOULOUSE

yanis la chouette

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Re: TOULOUSE: CONFERENCE THEATRE GARONNE DU 21/05/2017 TOULOUSE

Message par yanis la chouette le Ven 26 Mai - 16:58

LONDRES... IMPÉRIALE ET ABANDONNÉE...

Sierra Leone, dlhý tvar Sierraleonská republika je štát v západnej Afrike.

Obsah

1 Poloha a charakteristika
2 Hospodárstvo
3 Doprava
4 Ekonomika
5 Pôvod mena
6 História
7 Vývoj od 80.rokov 20.storočia
8 Politika
9 Administratívne rozdelenie
10 Cestovný ruch
11 Referencie
12 Iné projekty

Poloha a charakteristika

Sierra Leone je prímorský štát v západnej Afrike pri pobreží Atlantického oceána. Jeho nízke pobrežie prechádza širokou nížinou a ďalej do vnútrozemia v hornatine Loma Mountains (1 948 m n. m.). Pozdĺž pobrežia sa tiahne nížinný pás močiarov a lagún a za ním je široká úrodná aluviálna nížina. Nachádza sa vo vlhkom tropickom podnebí s bohatými letnými zrážkami (až 4 000 milimetrov ročne), s vlhkými tropickými lesmi a savanami, na pobreží s mangrovovými porastmi. V hlavnom meste je priemerná teplota najteplejšieho mesiaca apríl 28 stupňov celzia. Sierra Leone je charakteristická hustou riečnou sieťou, medzi najväčšie rieky patria Seli, Sewa a Moa. Z množstva ostrovov je najväčší ostrov Sherbro.
Hospodárstvo

Rozvojový poľnohospodársky štát s významným ťažobným priemyslom. Ťažia sa tu najmä diamanty, bauxit, zlato a ilmenit. Nachádzajú sa tu svetové zásoby rutilu, z ktorého sa získava titán. Zo ziskov z predaja diamantov sa financuje nákup zbraní, preto sa často označujú ako „krvavé diamanty“. V období rokov 2000 – 2003 platilo embargo na ich vývoz, vyhlásené Bezpečnostnou radou OSN. Veľký význam pre štát má tiež ťažba dreva. Pestuje sa tu ryža, maniok, batáty, palmové jadrá a olej. Zo živočíšnej výroby má najväčší význam rybolov, chov hovädzieho dobytka, oviec a hydiny. Priemysel je slabo rozvinutý, spracúva hlavne poľnohospodárske výrobky a drevo.
Doprava

Briti na území štátu postavili železnicu ešte v roku 1908, z ktorej sa ale zachovalo len torzo. V roku 1971 bola táto železnica odstavená. Cesty tvoria približne 6 750 km, mnohé cesty z nich sú však zničené po občianskej vojne a opravujú sa. Časť dopravy sa realizuje po vodnej ceste. Prístav vo Freetowne sa považuje za jeden z najväčších v západnej Afrike. Medzinárodným letiskom je letisko Lungi, vzdialené cca 2 hodiny autom od Freetownu. V Sierra Leone sa jazdí vpravo.
Ekonomika

Ekonomika Sierra Leone trpí dlhodobými vnútornými politickými konfliktami, ktoré brania pozitívnym zmenám. Väčšinu strategických podnikov kontrolujú európski a ázijskí investori alebo menší podnikatelia. Medzi hlavné zdroje príjmov krajiny patria tropické lesy s vyhľadávanými druhmi tvrdého dreva, tiež nerastné suroviny a rybolov.
Pôvod mena

Zem dostala v roku 1460 portugalské meno Serra do Leão podľa tvaru pobrežných hôr pripomínajúcich levie zuby. Po roku 1500 sa na mapách objavila španielska obnova názvu Sierra Leona.
História

Prvými obyvateľmi boli pravdepodobne Bulomovia. V 14. a 15. storočí migrovali do Sierry Leone kmene Mende a Temne. Pred príchodom Európanov existovala na tomto území celá rada drobných kráľovstiev. Pobrežné oblasti objavili Portugalci pod vedením Alvara Fernandeza v roku 1447, ale podrobnejšie bolo toto územie preskúmané až v roku 1467 Pedrom da Cintra. V roku 1495 Portugalci zriadili pevnosť na mieste dnešného hlavného mesta. Brehy však stále navštevovali námorní lupiči a otrokári. V roku 1787 založili britský filantropi Freetown ako domov pre oslobodených otrokov, ktorí tam boli dopravení z Anglicka, Nového Škótska a Jamajky. Roku 1808 sa Freetown stal britskou kolóniou a okolité oblasti boli v roku 1868 prehlásené britským protektorátom. Od 40. rokov 20. storočia, kedy sa rozširovalo silné protibritské národné osloboditeľské hnutie, Sierra Leone vyhlásila nezávislosť v rámci Commonwealthu (27. apríl 1961). V roku 1967 vojenský prevrat vedený Charlesom Blakeom predal kontrolu v zemi vojenským zriadencom. V apríli o rok neskôr bola civilná vláda obnovená a 22. apríla 1971 bola vyhlásená republika s prvým prezidentom Siakom Stevensom. V roku 1978 bola prijatá nová ústava a bol zavedený systém vlády jednej strany.
Vývoj od 80.rokov 20.storočia

Na počiatku roku 1991 sa guerillové skupiny v Libérii spojili so sierraleonskými disidentami a obsadili niekoľko miest blízko libérijskej hranice. Vláda bola nútená prijať novú ústavu 1. októbra 1991), ktorá zaviedla pluralitný systém. V apríli 1992 skupina dôstojníkov urobila štátny prevrat a moci sa ujala nová vláda (NPRC). Na prelome rokov 1994 až 1995 vypuklo na juhovýchode a v severnej provincií Kambia protivládne povstanie vedené Revolučnou zjednotenou frontou (RUF). V apríli 1995 predseda NPRC Valentino Strasser sľúbil zrušenie zákazu politických strán. Vojenským prevratom v roku 1996 sa k moci dostal predseda Rady štátnych tajomníkov Julius Maada Bio, ktorý sa dostal zároveň na čelo NPRC. Už 26. – 27. februára 1996 sa konali pluralitné prezidentské a parlamentné voľby, ktoré boli prvé po devätnástich rokoch jednej vlády a vojenských vlád. Najviac hlasov získala Ľudová strana Sierra Leone (SLPP), ktorá bola vládnúcou stranou v rokoch 1961 – 1967. Táto strana získala najväčšiu podporu aj v nasledujúcich prezidentských voľbách. Novým prezidentom sa stal jej kandidát Ahmad Tejan Kabbah. 30. novembra 1996 bola v Abidjane podpísaná mierová zmluva medzi prezidentom Kabbahom a vodcom povstaleckej sierraleonskej jednotnej revolučnej fronty (RUF) Fodayom Sankohom. 25. mája 1997 nastal vojenský prevrat, civilná vláda bola nahradená vojenskými prestaviteľmi a najvyšším orgánom sa stala Revolučná rada ozbrojených síl (AFRC). Novým šéfom sierraleonského štátu sa stal Johny Paul Koroma. Na svojom prvom verejnom politickom prejave dva dni po prevrate oznámil, že až do nového nariadenia sa ruší ústava a zakazujú sa politické strany. 17. júna 1997 sa Koroma stal prezidentom a prebral aj funkciu predsedu vlády a ministra obrany. S pomocou nigérijských vojenských jednotiek bola táto vláda v roku 1998 zvrhnutá, ale ústavu sa nepodarilo obnoviť. Nakoniec sa do prezidentského kresla vrátil zvrhnutý prezident Ahmad Tejan Kabbah. Úsilie o mierové riešenie konfliktu pomocou medzinárodných síl pokračoval na prelome 20. a 21. storočia. Nové prímerie medzi povstalcami z RUF a vládnymi jednotkami nastalo v roku 2001. Nasledovalo postupné odzbrojovanie povstalcov, ktoré bolo dokončené v roku 2004.
Politika

Sierra Leone je prezidentskou republikou. Súčasným prezidentom je Ernest Bai Koroma.
Administratívne rozdelenie

Štát sa delí na 3 provincie – Eastern Province, Northern Province a Southern Province a jedno územie Western Area. Tieto provincie sú rozdelené na 12 dištriktov – Bombali District, Koinadugu District, Tonkolili District, Port Loko District, Kambia District, Kenema District, Kono District, Kailahun District, Bo District, Bonthe District, Moyamba District a Pujehun District a Western Area na 2 dištrikty – Western Area Urban District a Western Area Rural District.
Cestovný ruch

Pre vycestovanie do Sierra Leone je potrebný platný cestovný pas (minimálne 6 mesiacov), platné vízum a medzinárodný očkovací preukaz s vyznačenou platnou vakcináciou proti žltej zimnici a cholere. Vízum sa zvyčajne udeľuje s platnosťou na 30 dní. Po prílete do krajiny je potrebné vyplniť jednoduchú imigračnú kartu. Miestne reštaurácie ponúkajú hlavne pokrmy z anglickej, francúzskej, americkej a libanonskej kuchyne. Medzi špeciality patrí homár, krevety a pestrý výber tropického ovocia a zeleniny. V Sierra Leone je zakázaný vývoz diamantov. SR nemá v Sierra Leone diplomatický ani iný zastupiteľský úrad. Príslušným je Veľvyslanectvo SR v Abuji, Nigéria.
Referencie

Sierra Leone makes Bengali official language. archivované na [http://www.dailytimes.com.pk/default.asp?page=story_29-12-2002_pg9_6 originál z 2012-05-26 prístup: 2002-12-29.

Iné projekty

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Africká únia

Alžírsko Angola Benin Botswana Burkina Burundi Čad Džibutsko Egypt Eritrea Etiópia Gabon Gambia Ghana Guinea Guinea-Bissau Juhoafrická republika Kamerun Kapverdy Keňa Komory Kongo Konžská demokratická republika Lesotho Libéria Líbya Madagaskar Malawi Mali Maurícius Mauritánia Mozambik Namíbia Niger Nigéria Pobrežie slonoviny Rovníková Guinea Rwanda Senegal Seychely Sierra Leone Somálsko Stredoafrická republika Sudán Svätý Tomáš a Princov ostrov Svazijsko Tanzánia Togo Tunisko Uganda Zambia Západná Sahara Zimbabwe

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Štáty Afriky
Severná Afrika

Alžírsko Egypt1 Líbya Maroko Sudán Tunisko Západná Sahara


Blank Map-Africa.svg
Južná Afrika

Botswana Južná Afrika Lesotho Namíbia Svazijsko

Západná Afrika

Benin Burkina Gambia Ghana Guinea Guinea-Bissau Kapverdy Libéria Mali Mauritánia Niger Nigéria Pobrežie Slonoviny Senegal Sierra Leone Togo

Východná Afrika

Burundi Džibutsko Eritrea Etiópia Keňa Komory Madagaskar Malawi Maurícius Mozambik Rwanda Seychely Somálsko Tanzánia Uganda Zambia Zimbabwe

Stredná Afrika

Angola Čad Gabon Južný Sudán Kamerun Kongo Konžská demokratická republika Rovníková Guinea Stredoafrická republika Svätý Tomáš a Princov ostrov

Závislé územia
Francúzsko

Mayotte Îles Éparses Réunion

Portugalsko

Madeira

Španielsko

Ceuta Melilla Chafarinas Peñón de Vélez de la Gomera Peñón de Alhucemas Perejil Kanárske ostrovy

Spojené kráľovstvo

Svätá Helena2 Britské indickooceánske územie

1 Sčasti v Ázii. 2 Zahŕňa závislé územia Ascension a Tristan da Cunha.

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Členovia Svetovej obchodnej organizácie (WTO)

Albánsko Angola Antigua a Barbuda Argentína Arménsko Austrália Bahrajn Bangladéš Barbados Belize Benin Bolívia Botswana Brazília Brunej Burkina Burundi Čad Čile Čína Dominika Dominikánska republika Džibutsko Egypt Ekvádor Európska únia1 Fidži Filipíny Gabon Gambia Ghana Grenada Gruzínsko Guatemala Guinea-Bissau Guinea Guyana Haiti Honduras Hongkong India Indonézia Island Izrael Jamajka Japonsko Jordánsko Južná Afrika Kapverdy Kambodža Kamerun Kanada Katar Keňa Kirgizsko Kolumbia Kongo Konžská demokratická republika Kórejská republika Kostarika Kuba Kuvajt Lesotho Lichtenštajnsko Macao Macedónsko Madagaskar Malajzia Malawi Maldivy Mali Maroko Maurícius Mauritánia Mexiko Mjanmarsko Moldavsko Mongolsko Mozambik Namíbia Nepál Niger Nigéria Nikaragua Nórsko Nový Zéland Omán Pakistan Panama Papua-Nová Guinea Paraguaj Peru Pobrežie Slonoviny Rusko Rwanda Salvádor Saudská Arábia Senegal Sierra Leone Singapur Spojené arabské emiráty Spojené štáty Srí Lanka Stredoafrická republika Surinam Svätá Lucia Svätý Krištof a Nevis Svätý Vincent a Grenadíny Svazijsko Šalamúnove ostrovy Švajčiarsko Taiwan Tanzánia Thajsko Togo Tonga Trinidad a Tobago Tunisko Turecko Uganda Ukrajina Uruguaj Venezuela Vietnam Zambia Zimbabwe


World Trade Organization Members.svg

^1 Všetkých 28 štátov Európskej únie je členom WTO: Belgicko Bulharsko Cyprus Česko Dánsko Estónsko Fínsko Francúzsko Grécko Holandsko Chorvátsko Írsko Taliansko Lotyšsko Litva Luxembursko Maďarsko Malta Nemecko Poľsko Portugalsko Rakúsko Rumunsko Slovensko Slovinsko Spojené kráľovstvo Španielsko Švédsko

théâtre DE LA GARONNE, TOULOUSE

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Re: TOULOUSE: CONFERENCE THEATRE GARONNE DU 21/05/2017 TOULOUSE

Message par yanis la chouette le Ven 26 Mai - 17:00

LE CONTEXTE DE L'ACTION ET DU ROI LEAR JUIF... FILM PERSONNALITÉ DE LONDRES À NEW YORK.

Jacob Pavlovitch Adler, né à Odessa dans l'Empire russe (maintenant en Ukraine) le 12 février 1855 et décédé à New York le 1er avril 1926)1, est un acteur de théâtre russe, vedette du théâtre yiddish, tout d'abord à Odessa, puis à Londres et à New York1.

Né Yankev Pavlovitch Adler2, il est aussi connu sous son sobriquet "nesher hagodl"3,4 ("le Grand Aigle") car Adler signifie Aigle en allemand1,4. Il obtient ses premiers succès théâtraux à Odessa, mais sa carrière s'interrompt rapidement quand le théâtre yiddish est interdit en Russie en 18835,4. Il émigre alors en Angleterre et devient une vedette du théâtre yiddish de Londres.

En 1889, lors de son second voyage aux États-Unis, il s'installe à New York6,4. Peu de temps après, il crée sa propre compagnie afin de jouer des pièces yiddish plus sérieuses. Pour cela, il recrute le premier auteur dramatique réaliste du théâtre yiddish, Jacob Gordin. Adler obtient un succès considérable dans le rôle titre de la pièce Der Yiddisher Kenig Lir (Le roi Lear yiddish), se déroulant en Russie au XIXe siècle, qui dépeint le Shylock de Shakespeare sous le nom du Grand Juif7,4 .

Presque toute sa famille travailla pour le théâtre; sa fille Stella Adler apprit les techniques d'interprétation à de nombreux artistes, parmi lesquels Marlon Brando8.

Sommaire

1 Enfance et adolescence
2 Infirmier et inspecteur
3 Carrière d’acteur
3.1 Russie
3.2 Londres
3.3 Séjour en Amérique
3.4 New York
4 La famille
5 Ses mémoires
6 Notes
7 Références
8 Liens externes

Enfance et adolescence

Le père de Jacob Adler, Feivel (Pavel) Abramovitch Adler est un négociant en grains plutôt médiocre. Sa mère, née Hessye Halperin, est une grande et belle femme, venant d'une famille aisée de Berdichev. Elle se brouille avec sa famille quand elle divorce de son premier mari en lui laissant son fils, afin d'épouser le père de Jacob. Le mariage avec une divorcée fait perdre à Feivel Adler (et donc aussi à son fils) son statut de Cohen. Son grand-père paternel très pieux vit chez eux pendant huit ans, ce qui oblige la famille à être beaucoup plus observante des pratiques religieuses pendant cette période. Mais, selon Adler lui-même, le vrai patriarche de la famille est son riche oncle Aaron "Arke" Trachtenberg, qui servira plus tard de modèle pour son rôle dans le Roi Lear yiddish9.

Jacob grandit en ayant un pied dans le monde traditionnel juif et un autre dans un monde plus moderne, le monde européen. Sa petite-fille Lulla Rosenfeld écrit: « En tant que système d'idées organisé, il ne devait connaître presque rien ou rien du tout de la Haskala, (le mouvement des Lumières juif) »10. Son éducation est très irrégulière en fonction des aléas de fortune de sa famille: il est envoyé soit au heder (école élémentaire religieuse juive) soit à l'école communale en langue russe, retiré totalement de l'école ou éduqué par un tuteur privé pendant quelques mois. Il écrira que « la somme de mes études était un peu d'arithmétique, quelques notions de grammaire russe et quelques phrases en français »11.

Ses camarades sont Juifs ou Chrétiens, mais en 1862, il échappe à un véritable pogrom12. Il n'est pas très sérieux et sèche souvent les cours. Dès l'âge de douze ans, il va assister à la flagellation, au marquage et à l'exécution publics des criminels; plus tard, il développera un certain intérêt à assister dans les tribunaux aux procès criminels13. À quatorze ans, il commence à travailler dans une usine textile, et rapidement obtient un poste administratif avec un salaire de dix roubles par mois, salaire comparable à celui d'un adulte14. Vivant encore chez ses parents, il commence à fréquenter le quartier mal famé de Moldavanka. Son premier contact avec la renommée est quand il devient brièvement un boxeur sous le nom de Yankele Kulachnik (Jacques le Poing), mais rapidement la boxe l'ennuie, mais il reste en contact avec « les fils de pères riches, mais sans diplômes ». Bon danseur, il fait partie d'un groupe de jeunes qui régulièrement s'affrontent lors des cérémonies de mariage. Sa célébrité locale continue avec une réputation de meilleur danseur de cancan d'Odessa15.

Il quitte l'usine et devient un raznoschik, un marchand ambulant; dans ses mémoires, il fait allusion à des amourettes avec des "domestiques et des femmes de chambre"; d'après lui, il est, à cette période de sa vie, prêt à tomber dans la délinquance. Grâce à son oncle Arke, "un grand amoureux du théâtre", il s'intéresse au théâtre et principalement aux acteurs eux-mêmes, tout d'abord à la beauté d'Olga Glebova et à la coupe des habits d'Ivan Kozelsky, mais il a la chance de se trouver dans l'un des plus grands théâtres de la ville de cette époque16.

À 17 ans, il devient le chef de la claque de Glebova, travaille comme copiste chez des avocats et passe toutes ses soirées soit au théâtre, soit dans des tavernes ou des bals17. Il s'inspirera plus tard de sa propre vie quand il jouera Protasov dans Le Cadavre vivant de Léon Tolstoï18. Au cours des années suivantes, il a de nombreuses aventures sentimentales et ses fiançailles avec une certaine Esther Raizel sont rompues en raison de sa réputation sulfureuse qui confirme le pêché du divorce de sa mère. Il échappe à un autre pogrom, mais sa famille est financièrement ruinée par la destruction de ses biens et le vol de ses avoirs19.

En écrivant sur cette période dans ses mémoires, Adler mentionne qu'il a assisté et admiré les représentations d'Israel Grodner, un Brodersänger (chanteur de Brody) et acteur d'improvisation, qui deviendra bientôt un des fondateurs du théâtre yiddish professionnel. Une chanson de Grodner sur un vieux père renvoyé par ses enfants servira plus tard comme point de départ de l'idée du Roi Lear yiddish. Adler écrit qu'il serait bien devenu un Brodersänger comme Grodner, mais « Je n'avais pas de voix »20. Cette absence de voix musicale est un facteur majeur dans l'orientation de sa carrière d'acteur; selon Rosenfeld, alors que le théâtre yiddish de l'époque est dominé par le vaudeville et l'opéra, « Adler est le seul acteur yiddish à s'en remettre entièrement aux classiques et aux traductions d'œuvres européennes modernes »21.
Infirmier et inspecteur

En 1877, la déclaration de guerre entre la Russie et la Turquie entraîne une conscription générale de tous les jeunes hommes. Poussé par sa famille, il arrive, en soudoyant des gens, à être incorporé comme infirmier dans le corps de la Croix-Rouge. Il est sélectionné (apparemment sur sa bonne mine) par le prince Vladimir Petrovich Mechersky pour servir dans un hôpital de russes germanophones à Bender en Moldavie, où il a principalement affaire à des malades du typhus. Pendant ses quatre mois à l'hôpital, il se fait connaître des familles juives de la ville, et gagne une médaille d’or pour son action remarquable durant son bref service pour le tsar22.

De retour à Odessa, il obtient un poste de distributeur de journaux. Ce travail respectable nécessite de se lever à six heures du matin, ce qui ne convient pas à un fêtard. Mais ses relations dans la presse lui permettent d'apprendre un des autres effets de la guerre: les nombreux marchands et négociants juifs, que la guerre avait amenés à Bucarest, étaient là-bas une bénédiction pour le théâtre yiddish naissant d'Abraham Goldfaden. Deux de ses connaissances d'Odessa, Israel Rosenberg, un escroc à belle prestance et Jacob Spivakofsky, le rejeton d'une famille très riche, sont devenus là-bas des acteurs, et après avoir quitté Goldfaden, ont fondé leur propre compagnie, effectuant des tournées en Moldavie. Adler leur écrit d'amener d'urgence leur troupe à Odessa23.

Adler s'arrange pour obtenir une recommandation du prince Mechersky et une autre d'Avrom Markovich Brodsky, un homme d'affaires si brillant qu'il a reçu le surnom de tsar juif, pour obtenir une place au marché comme inspecteur au département des poids et mesures, un poste inhabituel pour un Juif à cette époque. Son travail légèrement corrompu lui permet d'avoir de bons contacts avec la police, et lui permet de résoudre certains problèmes quand la jeune troupe théâtrale de Rosenberg et de Spivakofsky retourne, sans licence et sans le sou, de Roumanie à la fin de la guerre, pour s'installer à Odessa. L'arrêt des hostilités marque en effet, avec le retour des commerçants juifs, la déroute du théâtre yiddish dans les provinces24.

Adler aspire à être un acteur, mais pense dans un premier temps être plus utile à la troupe en étant un critique et un théoricien, mettant à profit sa large connaissance du théâtre russe. Les premières productions, (La grand-mère et la petite-fille et Shmendrik de Goldfaden) sont des succès populaires, mais le propre témoignage d'Adler suggère qu'elles sont fondamentalement médiocres, et que son oncle Arke est consterné: « Est-ce cela du théâtre? Non mon enfant, c'est du cirque25. »
Carrière d’acteur

La remarque de Lulla Rosenfeld qu'Adler « …compte uniquement sur les classiques et les traductions de pièces européennes modernes »21 n'est pas totalement exact. D'une part, il est le responsable du recrutement du premier dramaturge naturaliste du théâtre yiddish, Jacob Gordin, et obtient un accueil triomphal dans le rôle titre du Yiddisher Kenig Lir de Gordin, qui se déroule en Russie au XIXe siècle26 et d'autre part, jusqu'à ses cinquante ans, il n'hésite pas à profiter de ses prouesses de danseur, et même occasionnellement de prendre un rôle avec quelques chansons, bien que d'après tous les comptes-rendus (y compris les siens) ce ne soit pas son fort27.
Russie

Adler écrit dans ses mémoires que la passion de sa future femme Sonya Oberlander et de sa famille pour le théâtre et leur vision de ce que pouvait devenir le théâtre yiddish, l'ont maintenu dans sa voie en dépit de la position de son oncle. Quand elle est choisie par Rosenberg, en désaccord avec Jacob Spivakovsky, pour le rôle titre dans l'opérette comique noire de Goldfaden, Braindele Kozak, elle tire les ficelles pour que le rôle de Guberman soit attribué à Adler28.

Son succès dans le rôle est stoppé net par la nouvelle que Goldfaden, dont ils jouent les pièces sans permission, va arriver à Odessa avec sa troupe. D'après Goldfaden, il se serait rendu à Odessa sur la demande de son père, mais Adler attribue cette visite aux ennemis de Rosenberg et de Spivakovsky. Rosenberg, retire sa troupe d'Odessa pour une tournée dans l'arrière-pays. Peu de temps après, à la suite d'un accord avec Goldfaden, la troupe est reconnue officiellement et rattachée à la compagnie de Goldfaden29.

Adler prend alors un congé de son travail pour voyager avec la troupe de Rosenberg à Kherson, où il remporte un réel succès comme acteur en jouant l'amoureux Marcus dans Die Kishufmacherin ("La sorcière", aussi connu sous le nom de "La sorcière de Botoşani"). Il dépasse la durée de son congé et perd son poste d'inspecteur. Il décide alors de devenir un acteur à plein temps30. Adler regrette qu'avec Tulya Goldfaden, il n'y ait plus de « participations communes, ni plus de camaraderie idéaliste ». Mais, c'est sous ce même Goldfaden qu'il a un avant-goût du vedettariat, quand les gens à Chişinău campent dans la cour en attendant le spectacle. Même la police semble être tombée amoureuse de la troupe, habillant les acteurs avec leurs propres uniformes pour les faire échapper à la foule exubérante31.

Mécontent de sa paie, Adler organise sans succès une grève des acteurs à Krementchouk. Une série d'intrigues conduit presque à une rupture avec Sonya, mais en fin de compte, les ramène tous les deux dans la troupe de Rosenberg et conduit à leur mariage à Poltova. Quand la troupe éclate, les Adler font partie des quelques acteurs qui restent avec Rosenberg pour former une nouvelle troupe qui comprend, entre autres, l'actrice qui deviendra fameuse sous le nom de Keni Liptzin32. À Chernigov, Adler renonce à l'opportunité de jouer dans une production en langue russe de Boris Godounov. C'est alors que Goldfaden réapparaît, et usant d'une intrique compliquée, prouve aux Adler que Rosenberg n'est pas loyal à leur égard. Il les recrute pour sa propre troupe qui est sur le point d'obtenir un succès triomphal à Saint-Pétersbourg33.

Tout va changer avec l'assassinat du tsar Alexandre II le 13 mars 1881. Le deuil pour la mort du tsar, signifie que toutes les représentations sont annulées dans la capitale. En plus, le climat politique se détériore pour les Juifs. La troupe de Goldfaden persévère pendant un certain temps en jouant à Minsk et à Babrouïsk, principalement pour des soldats russes et à Vitebsk, où Adler et sa femme Sonya sont obligés d'attaquer Goldfaden en justice afin d'être payés. Ils quittent alors sa troupe pour rejoindre celle de Rosenberg qui joue à Nezhin sous un théâtre de tente. Cependant, la situation ne s'améliore pas et Nezhin est la proie d'un pogrom. La troupe réussit à éviter tout dommage physique, d'une part en faisant croire aux émeutiers qu'elle est une troupe française, et d'autre part en distribuant l'argent que les Adler avaient gagné au procès contre Goldfaden34.

À Łódź, Adler joue triomphalement le rôle titre d' Uriel Acosta de Karl Gutzkow, le premier d'une série de rôles au travers desquels il développera un personnage qu'il appellera plus tard le Grand Juif35. Après Łódź, ils s'établissent à Zhytomyr, où le directeur/investisseur nommé Hartenstein est totalement incompétent. Ils pensent avoir trouvé un coin calme de l'Empire russe où ils pourront enfin gagner un peu d'argent, mais en fait, Hartenstein est simplement en train de les ruiner36.

Les conséquences financières de la faillite de leur compagnie sont atténuées par une série de trois représentations bénéficiaires en coordination avec la compagnie du théâtre local de langue russe. Sonya retourne à Odessa pour la naissance de sa fille Rivka; Adler reste six semaines à Zhytomyr où il s'instruit auprès de deux acteurs de caractère russes de renommée nationale, Borisov et Philipovsky. Cependant il décide de retourner à Odessa, certain de quitter le théâtre37.

Plus tard dans sa vie, quand il se remémorera ses années d'acteur dans les troupes de Rosenberg et de Goldfaden, Adler les considèrera simplement comme l'enfance de sa carrière. Il décrit ses pensées à la fin de cette période: « Pendant trois ans, j'ai vagabondé dans la caverne de la Sorcière de Botoşani, dans les habits de clown de Shmendrick et que savais-je exactement de mon art? …Si un jour je retourne au théâtre yiddish, que je sois cette fois-ci moins ignorant »38.

À Odessa, il se rend compte que personne ne veut l'employer dans un poste autre que celui d'acteur. En 1882, il crée sa propre troupe avec Keni Liptzin et prend Rosenberg comme partenaire. La troupe part en tournée à Rostov, à Taganrog, en Lituanie, à Dünaburg (maintenant Daugavpils en Lettonie). Désirant s'installer à Saint-Pétersbourg, ils rappellent leur ancien directeur Chaikel Bain. Ils se trouvent à Rïga en août 1883 quand la nouvelle tombe de l'interdiction totale du théâtre yiddish en Russie39.

La troupe est bloquée à Rïga. Chaikel Bain tombe malade et meurt. Avec quelques difficultés, ils arrivent à arranger la traversée gratuite de la troupe vers Londres, à bord d'un bateau de bétail, en échange de divertir l'équipage. À Londres, Adler décide d'incorporer dans sa troupe Israel Grodner et sa femme Annetta. Selon Adler, Rosenberg, qui jouait de nombreux rôles que jouait aussi Grodner, lui aurait alors dit: « C'est lui ou c'est moi ». Adler tente de le convaincre, mais insiste de garder Grodner qu'il considère comme un des meilleurs acteurs du théâtre yiddish, tandis qu'il pense que Rosenberg manque de profondeur. Rosenberg décide alors de ne pas suivre la troupe à Londres40.
Londres

De cette période à Londres, Adler écrit: « ... si le théâtre yiddish était destiné à passer sa petite enfance en Russie et à devenir un adulte en Amérique, alors Londres était son école »41.

Adler arrive à Londres avec peu de contacts. À Whitechapel, le centre du Londres juif à cette époque, il rencontre la pauvreté extrême, qu'il décrit comme excédant tout ce qu'il a vu en Russie et tout ce qu'il verra à New York. Le grand-rabbin de l'Empire britannique d'alors, Nathan Marcus Adler est un de ses parents. Le père d'Adler lui écrit une lettre d'introduction en hébreu, mais rien n'est plus éloigné des désirs du rabbin, que d'aider un théâtre en yiddish. Nathan Marcus Adler voit le yiddish en Angleterre, comme un jargon qui existe aux dépens de l'hébreu liturgique et de l'anglais nécessaire pour s'élever dans la société anglaise. Son judaïsme orthodoxe « ne peut pas supporter une bénédiction donnée à une scène, car celle-ci serait donnée en vain… »; de plus, il est effrayé à l'idée que la représentation de Juifs sur scène, aide et conforte les idées que s'en font leurs ennemis42.

À cette époque, le théâtre yiddish à Londres est un théâtre purement amateur. L'arrivée de Russie d'acteurs yiddish professionnels signifie un grand changement, en portant le théâtre yiddish à un niveau supérieur et permettant un modeste professionnalisme, mais en n'assurant que des très faibles rémunérations. Dans ses mémoires, Adler reconnaît que de nombreuses personnes ont tenté de l'aider de différentes façons. De façon ponctuelle, avec l'aide d'Herman Fiedler, un parent de Sonya, dramaturge, chef d'orchestre et régisseur, les Adler et les Grodner réussissent à jouer au Prescott Street Club. Ils y réalisent des représentations sérieuses devant un public d'environ 150 personnes. Fiedler leur écrit le Mendiant d'Odessa d'après l'œuvre de Félix Pyat, Le Chiffonnier de Paris, une tragicomédie écrite à la veille des révolutions de 1848. Adler y joue un rôle qu'il continuera à jouer tout au long de sa carrière43.

Deux mois plus tard, il joue Uriel Acosta au théâtre d'Holborn devant une audience de 500 personnes, comprenant entre autres, "l'aristocratie juive de West End". La piété des Juifs de Londres est telle, qu'ils sont obligés d'utiliser un faux Shophar en carton afin d'éviter le blasphème. Le grand-rabbin Adler est présent, ainsi que son fils et éventuel successeur Hermann Adler, et tous les deux, et plus particulièrement le jeune rabbin, sont favorablement impressionnés. Des comptes-rendus sont même publiés dans la presse de langue anglaise44.

Jouant devant de petites audiences, sur de minuscules scènes, dans des troupes communales, et ne jouant que le samedi et dimanche soir (les Juifs pieux de Londres n'auraient jamais toléré des représentations le vendredi soir), Adler se focalise sur du théâtre sérieux comme jamais auparavant. Cependant les relations entre Adler et Grodner se détériorent, et les disputes idéologiques et autres s'amplifient. Finalement les Grodner quittent pour faire du théâtre dans d'autres villes comme Paris, mais finalement retournent à Londres où Grodner meurt en 188745.

À partir de novembre 1885, Adler a son propre théâtre, le "Princes Street Club", situé 3 Princes Street (maintenant Princelet Street, E1), construit dans ce but et financé par un boucher du nom de David Smith. Il contient 300 places; Adler y joue chaque soir, à l'exception du vendredi soir. Il gagne trois livres dix shillings par semaine, une somme maigrelette sans commune mesure avec sa renommée. De nombreux acteurs importants du théâtre yiddish, dont entre autres Sigmund Mogulesko, David Kessler, Abba et Clara Shoengold, et Sara Heine (la future Sara Adler) y donnent des représentations en invité quand ils séjournent à Londres46.

Un des rôles les plus fameux d'Adler à cette époque est le fourbe Franz Moore dans l'adaptation en yiddish de la pièce Les voleurs de Schiller, qui introduit Schiller au public yiddish. En 1886, à au moins une occasion, il jouera Franz Moore ainsi que le héros de la pièce, Karl Moore, le frère de Franz: dans la pièce, ils ne se rencontrent jamais47

1886 est une année terrible pour Adler. Sa fille Rivka meurt de la diphtérie; Sonya meurt d'une infection contractée en donnant naissance à leur fils Abram; Entre-temps, il a une aventure avec une jeune femme, Jenny ("Jennya") Kaiser, qui est aussi enceinte de son fils Charles. Déprimé après la mort de Sonya, il refuse une offre de s'établir aux États-Unis, qui sera accepté par Mogulesko et Finkel. Lors d'une représentation au Princes Street Club pendant l'hiver 1887, l'assistance est prise de panique en prenant un feu simulé pour un véritable incendie; 17 personnes meurent étouffées dans la débandade. Bien que les autorités confirment que ce n'est pas la faute d'Adler, et que le théâtre est autorisé à rouvrir, les spectateurs se font rares; Adler écrit: «le théâtre était si froids, noir et vide que vous pourriez chasser les loups dans la galerie »48.

La liaison d'Adler avec Jennya continue; en même temps, il a une aventure avec une jeune choriste venant d'une famille juive orthodoxe, Dinah Shtettin. Dans ses mémoires, il n'est pas très clair sur l'enchaînement de ces liaisons ainsi que d'autres qu'il aurait eu à la même époque. De même, on ne sait pas trop si Jennya au sang chaud n'était pas très intéressée par le mariage, et si le père de Dinah insistait pour le mariage, même s'il méprisait Adler et doutait que le mariage dure longtemps49.
Séjour en Amérique

Grâce à une petite somme fournie par son parent, le grand-rabbin, Adler a assez d'argent pour s'embarquer pour New York avec son bébé Abram, Alexander Oberlander et sa famille, Keni et Volodya Liptzin et Herman Fiedler entre autres. Adler ne doute pas que le rabbin est ravi de voir les acteurs yiddish quitter Londres. À New York, ils découvrent rapidement que ni Mogulesko et Finkel au "Roumanian Opera House", ni Maurice Heine à "l'Oriental Theater" n'ont besoin d'eux. Ils se rendent donc à Chicago, où après un bref succès initial, la troupe éclate pour des raisons de disputes de travail et de compétition à couteaux tirés. Les Oberlanders décident d'ouvrir un restaurant; Adler et Keni Liptzin se rendent à New York dans le courant de l'automne où elle arrive à être engagée au "Romanian Opera House"; Ne trouvant aucune situation, Adler décide de retourner à Londres, rappelé par les charmes de Dinah et de Jennya50.

Il ne reste pas longtemps à Londres. Après quelques beaux succès à Varsovie qui dépend de l'Autriche, il retourne à Londres au printemps 1889, puis repart à New York, cette fois embauché par Heine au théâtre Poole. Après un échec initial dans Le Mendiant d'Odessa (il écrira que les spectateurs de New York n'étaient alors pas prêts pour la tragicomédie), il obtient du succès dans le mélodrame Moishele Soldat, et un succès encore plus important dans Uriel Acosta. Ceci lui permet de faire venir Dinah en Amérique. Leur mariage ne dure pas longtemps, mais leur divorce est à l'amiable. Elle se remarie avec Siegmund Feinman. Adler se brouille avec Heine, initialement concernant le travail, mais à cette période, le mariage de Heine ne se porte pas bien et Sara Heine deviendra par la suite Sara Adler51.

Adler part sur les routes avec Boris Thomashefsky, qui est un des pionniers des tournées du théâtre yiddish. Ils jouent à Philadelphie et à Chicago, où ils apprennent qu'ils ont la possibilité de reprendre le théâtre Poole, Heine ayant déménagé au Thalia. Adler retourne à New York, où il s'arrange pour reprendre à Heine la troupe de Mogulesko et Kessler52.
New York

Renommant le théâtre Poole, "l'Union Theater", Adler essaye de produire le théâtre yiddish le plus sérieux que New York ai jamais vu, avec des pièces telles que La Juive d'Eugène Scribe, Samson le Grand de Zolotkev et Quo vadis ? d'Henryk Sienkiewicz. Cependant, après l'immense succès de Thomashefsky dans l'opérette David ben Jesse de Moses Horowitz au "National Theater" de Moishe Finkel, "l'Union Theater" décide d'abandonner temporairement sa progammation intellectuelle et d'entrer dans la compétition avec les Judith et Holopherne, Titus Andronicus, ou la Seconde Destruction du Temple, et Hymie en Amérique53.
Jacob Adler

Adler n'est pas très content de ce genre de pièces et recherche un dramaturge qui pourrait créer des pièces qui attireraient le public juif, tout en fournissant un théâtre dont il serait fier. Il recrute Jacob Gordin, un intellectuel et un romancier déjà bien respecté, arrivé récemment à New York et travaillant pour le journal yiddish l'Arbeiter Zeiting, précurseur du The Forward. Les deux premières pièces de Gordin, Sibérie et Deux Mondes sont des échecs commerciaux, si bien que Mogulesko et Kessler quittent la compagnie. Mais la pièce Der Yiddisher Kenig Lir, avec comme acteurs Adler et sa nouvelle femme Sara est un tel succès qu'elle est transférée au "National Theater" de Finkel, beaucoup plus grand. Cette pièce, de très loin inspirée par Shakespeare, convient aussi bien au public populaire qu'aux intellectuels juifs qui jusqu'alors avaient largement ignoré le théâtre yiddish et met un terme, au moins provisoirement, à la domination commerciale des opérettes telles que celles d'Horowitz et de Joseph Lateiner. L'année suivant, L'Homme sauvage de Gordin consolide ce changement de direction du théâtre yiddish26, qui rétrospectivement rentre dans ce qui est maintenant considéré sa première période de grandeur.

Au cours des décades suivantes, Adler jouera (ou dans certains cas seulement produira) de nombreuses pièces de Gordin, mais aussi des pièces classiques de Shakespeare, de Schiller, de Lessing, La Juive de Scribe, les adaptations des romans Trilby de George du Maurier et de La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils, ainsi que des pièces de dramaturges modernes tels que Maxime Gorki, Henrik Ibsen, George Bernard Shaw, August Strindberg, Gerhart Hauptmann, Victor Hugo, Victorien Sardou, ou Leonid Andreïev. Fréquemment, les œuvres des grands dramaturges contemporains, même Shaw qui écrit en anglais, passe sur la scène New Yorkaise en yiddish, des années, voire des décades, avant d'être jouées en anglais54.

Ayant déjà interprété avec succès le rôle de Shylock dans Le Marchand de Venise de Shakespeare en yiddish au "People's Theater", il reprend le rôle en 1903 dans une production de Broadway, dirigée par Arthur Hopkins. Dans cette production, Adler joue en yiddish, tandis que le reste de la troupe parle en anglais. La critique du New York Times est défavorable à l'interprétation d'Adler: on lui reproche en particulier son style naturaliste qui n'est pas ce que le public attend à cette époque d'une représentation de Shakespeare55. Quelques revues, comme le magazine Theater sont plus chaleureuses56; en tout cas, la production sera reprise deux ans plus tard57.

Lulla Rosenfeld écrit que l'acteur britannique Henry Irving, connu à cette époque pour son interprétation de Shylock, jouait Shylock comme « moralement supérieur aux Chrétiens autour de lui... poussé à la cruauté uniquement par leurs cruels persécutions. » Au contraire, « Adler méprise la justification. Son objectif est la disculpation totale ». D'après les propres mots d'Adler, « Shylock dès le début est guidé par "l'orgueil" plutôt que par la revanche. Il veut humilier et terrifier Antonio, le marchand de Venise pour les insultes et l'humiliation qu'il lui a fait subir. C'est la raison pour laquelle il va jusqu'à apporter son couteau et ses balances devant la cour. Pour Shylock, cependant, le couronnement sera de refuser la livre de chair avec un geste de compassion divine. Quand le verdict se retourne contre lui, il est ulcéré car on lui a volé cette opportunité, et non parce qu'il désire la mort d'Antonio. C'était mon interprétation. C'est le Shylock que j'ai essayé de montrer. »4. Cette théorie est visible dans sa façon de jouer.

Après ses deux succès à Broadway, Adler revient au théâtre yiddish.

Après le pogrom de Kichinev de 1903, Adler retourne brièvement en Europe de l'Est à l'été 2003, afin de convaincre le reste de sa famille d'émigrer en Amérique. Bien qu'il soit accueilli en héros, il n'arrive à convaincre qu'une partie de sa famille. En particulier, sa mère désire rester sur place, son père étant décédé quelques années auparavant. Il persuade sa sœur Sarah Adler de le suivre en Amérique, ayant perdu son mari à la suite d'une crise cardiaque en 1897 à Verdun, et élevant seule ses sept enfants. Elle émigre en 190557.

De retour à New York, Adler et Thomashefsky louent en commun "The People's Theater", avec l'intention de l'utiliser chaque soir de la semaine. Adler épuisé par son périple en Russie, doit souvent abandonner ses soirées pendant la semaine, si bien que Thomashefsky lui propose de les lui racheter pour la somme de 10 000 dollars, à condition qu'il accepte de ne plus jouer sur une scène à New York. Adler se sent si insulté par cette proposition, qu'il ne reparlera plus à Thomashefsky pendant plusieurs mois, bien qu'habitant dans deux appartements situés de part et d'autre d'une cour, rue St. Mark's Place à Manhattan. Adler décide de jouer La puissance des ténèbres de Tolstoï et d'en effectuer lui-même la traduction du russe en yiddish. La pièce est un grand succès, la première représentation réussie d'une pièce de Tolstoï aux États-Unis, et Thomashefsky est si content pour Adler que tous les deux décident de renouer leur amitié. Les pièces suivantes connaissent le même succès, l'adaptation du roman Résurrection de Tolstoï par Gordin et la pièce originale de Gordin Le sans-abri58.

En 1904 Adler fait construire le "Grand Theater" à l'angle de Bowery et de Canal Street à Manhattan, le premier théâtre spécialement construit à New York pour le théâtre yiddish. Sa femme Sara décide de jouer ses propres pièces au "Novelty Theater" à Brooklyn. La famille s'installe alors dans un immeuble de trois étages avec ascenseur dans East Seventies avant de déménager plus tard à Riverside Drive. C'est à cette époque que le célèbre journaliste Lincoln Steffens écrit un article disant qu'à New York, le théâtre yiddish a éclipsé en qualité le théâtre de langue anglaise59.

Cet âge d'or ne va pas durer. Les années 1905 à 1908 voient l'arrivée à New York d'un demi million de nouveaux émigrants juifs, et de nouveau, le public pour le théâtre yiddish réclame des spectacles plus légers. Adler tente de résister, mais les Thomashefsky font fortune au "Thalia"; des pièces telles que Minke la servante attirent nettement plus de spectateurs que Dementia Americana de Gordin (1909). Il faudra attendre 1911 avant qu'Adler n'obtienne un autre triomphe, cette fois avec la Rédemption de Tolstoï, aussi connu sous le nom de Le cadavre vivant, traduit en yiddish par Leon Kobrin60.

En 1919-1920, Adler, malgré ses propres vues socialistes, doit faire face à un conflit social avec l'Hebrew Actors' Union, le syndicat des acteurs juifs; Il jouera la saison à Londres plutôt qu'à New York.

En 1920, une attaque cérébrale pendant ses vacances dans l'État de New York va mettre un terme presque définitif à sa carrière d'acteur, bien qu'il apparaisse occasionnellement sur scène, principalement lors de spectacle de bienfaisance. Il jouera alors l'acte I du Roi Lear yiddish, où le personnage titre joue l'acte entier en étant assis. En 1924, il se sent suffisamment en forme pour jouer le rôle titre de L'étranger de Gordin, inspiré du poème Enoch Arden d'Alfred Tennyson: le personnage est « un homme malade et cassé », et Adler est capable d'intégrer ses propres faiblesses physiques dans le portrait. Le 31 mars 1926, Adler s'affaisse soudainement, et meurt presque instantanément61.
La famille

Adler a été marié trois fois, tout d'abord avec Sophia (Sonya) Oberlander, puis avec Dinah Shtettin (qui épousera Siegmund Feinman après son divorce d'avec Adler) et finalement avec Sara Adler, qui lui survit de 25 ans62.

Sa fille Rivkah (Rebecca) qu'il a eu avec Sonya meurt à l'âge de 3 ans et Sonya meurt à la suite d'une infection contractée en donnant naissance en 1886, à son fils Abram63. Le fils d'Abram, Allen Adler sera entre autres le scénariste de Planète interdite64.

Pendant son mariage avec Sonya, il a une liaison avec Jenny "Jennya" Kaiser, avec qui il a un fils, l'acteur de théâtre Charles Adler, né en 188665.

Il a une fille, Celia Adler avec Dinah66.

Les six enfants qu'il a avec sa troisième femme, l'actrice Sara Adler, sont les acteurs célèbres Luther et Stella Adler et les moins connus, Jay, Frances, Julia et Florence67.

Sa sœur Sarah/Soore Adler et ses sept enfants émigrent à New York en 1905. Sa nièce, Francine Larrimore, la fille de Sarah, deviendra une actrice de Broadway, et jouera dans plusieurs films68.
Ses mémoires

Les mémoires d'Adler sont publiées dans le journal yiddish socialiste de New York "Die Varheit" de 1916 à 1919, et brièvement résumées en 1925 dans une relance infructueuse de ce journal10. La traduction en anglais de sa petite-fille, Lulla Rosenfeld n'est publiée qu'en 1999. La partie 1916-1919 des mémoires, donne une vision détaillée des années en Russie. La partie de 1925 donne de même un aperçu détaillé de son séjour à Londres69, mais en omettant de donner des précisions sur les dates exactes de ses relations avec sa femme Sonya, avec Jennya Kaiser et Dinah Shtettin70. Ses mémoires ne contiennent qu'une description fragmentaire de sa carrière à New York. Dans la traduction en anglais de ses mémoires, Rosenfeld tente de remplir les lacunes avec ses propres commentaires69,3.

Adler écrit de façon alerte avec humour. Il dépeint le directeur Hartenstein comme « un jeune homme de Galicie avec des cheveux longs et une petite intelligence, à moitié instruit à Vienne, et à moitié acteur » et décrit les pauvres de Whitechapel comme s'ils étaient « sortis de leur mère déjà vieux et grisonnants ». De ses années à Londres, il écrit : « Nous avons joué devant un public réduit, sur une scène de la taille d’un cadavre, mais nous jouions bien avec l'ivresse du bonheur »71.

Dans un petit essai, Shmendrick, mon Mephistopheles, Adler vers la fin, décrit la dernière fois qu'il a vu jouer Shmendrick en 1912, à une cérémonie à la mémoire de Goldfaden. Se lamentant sur le choix de la pièce, « Goldfaden a écrit de meilleurs choses », il reconnaît cependant que « ce même petit Smendrick était notre gagne-pain… j'ai crissé des dents. J'ai appelé les fantômes d'Aristophane, de Shakespeare, de Lope de Vega. J'ai pleuré et avalé mes propres larmes…et j'ai maudit le destin qui me liait à lui… Et, même lorsque je maudissais et condamnais, les larmes me coulaient. Pendant toute ma vie, tout mon passé se tenait devant moi sur cette scène…Pauvre premier pas de notre théâtre yiddish…Je vous remercie pour le bonheur que vous nous avez donné…Je vous remercie Shmendrick—mon bien-aimé—mon moi »72.
Notes

↑ a, b et c IMDB biography
↑ [Adler 1999] p.xxiii, [Prager 1997]
↑ a et b Nahshon 2001
↑ a, b, c, d, e et f [Rosenfeld 1977]
↑ [Adler 1999] p.98–102, 108, 114 et. seq. 222-225.
↑ [Adler 1999] p.232–321.
↑ [Adler 1999] p.200–209, 321–325
↑ Stella Adler [archive] biographie, site officiel de Stella Adler Studio of Acting. Consulté le 29 septembre 2006.
↑ [Adler 1999] p.5, 7, 9–10; ibid. p. 33 pour le statut de Cohen.
↑ a et b [Adler 1999] p.xxiv
↑ [Adler 1999] p.11–13, 18
↑ [Adler 1999] p.6–7
↑ [Adler 1999] p.13–14, 30
↑ [Adler 1999] p.19
↑ [Adler 1999] p.19–22; ibid., p.29 for Yankele Kulachnik.
↑ [Adler 1999] p.22–24
↑ [Adler 1999] p.25, 29, 31
↑ [Adler 1999] p.32
↑ [Adler 1999] p.32–35
↑ [Adler 1999] p.36
↑ a et b Lulla Rosenfeld, "The Yiddish", New York Times, 12 juin 1977. p. 205. (la citation est reprise en p. 36.)
↑ [Adler 1999] p.43–53
↑ [Adler 1999] p.54–55, 59–61
↑ [Adler 1999] p.71–73 et.seq., 84–85
↑ [Adler 1999] p.76–97, esp. 82, 96
↑ a et b [Adler 1999] p.321–325
↑ À côté de la remarque mentionnée ci-dessus: « Je n'avais pas de voix », voir Stefan Kanfer, Le triomphe du théâtre yiddish [archive], City Journal, printemps 2004, qui cite Adler, « J'étais médiocre comme chanteur. Je n'avais pas une belle voix, ni, je le confesse, une très bonne oreille. Mais est-ce la raison pour laquelle je me suis détourné de l'opérette pour des pièces purement dramatiques ? Je ne le pense pas. Depuis mes plus tendres années, je penche vers ces pièces où l'acteur travaille non seulement avec des plaisanteries et de la bouffonnerie, mais avec les principes même de l’art; non pas pour amuser le public avec des culbutes, mais pour éveiller en lui les émotions les plus profondes et les plus puissantes. » Consulté le 21 février 2007.
↑ [Adler 1999] p.98–102
↑ [Adler 1999] p. 104, 118]
↑ [Adler 1999] p.107, 111
↑ [Adler 1999] p.124
↑ [Adler 1999] p.138–157
↑ [Adler 1999] p.168–170
↑ [Adler 1999] p. 172, –179, 189, 192–197
↑ [Adler 1999] p.200–209
↑ [Adler 1999] p.215–216
↑ [Adler 1999] p.218–220
↑ [Adler 1999] p.218
↑ [Adler 1999] p.222-225
↑ [Adler 1999] p.93, 225-229
↑ [Adler 1999] p.256
↑ [Adler 1999] p.232–236
↑ [Adler 1999] p.239–246
↑ [Adler 1999] p.246–247, 257
↑ [Adler 1999] p.248–251
↑ [Adler 1999] p.265–266, 268
↑ [Adler 1999] p.282–.283
↑ [Adler 1999] p.284–299. Adler ne mentionne pas le nom de "Jennya", mais le traducteur/commentateur Rosenfeld le fait.
↑ [Adler 1999] p.292–293, 300-304
↑ [Adler 1999] p.299–301, 305-309
↑ [Adler 1999] p.309–313
↑ [Adler 1999] p.313–315
↑ [Adler 1999] p.316–321
↑ [Adler 1999] p.329–331
↑ "Yiddish Shylock Viewed…" 1903
↑ [Adler 1999] p.349 cite la revue: « Une conception remarquable et originale, forgée non seulement d'une étude précise, mais au-dessus de toute sympathie raciale, d'une appréciation instinctive des motifs les plus profonds de ce caractère impénétrable et complexe ». Plusieurs autres revues, favorables ou défavorables sont aussi citées.
↑ a et b [Adler 1999] p.350
↑ [Adler 1999] p.353–355, 359
↑ [Adler 1999] p.359, 361
↑ [Adler 1999] p.361–364, 367
↑ [Adler 1999] p.230 (commentaire), 372–378 (commentaire)
↑ [Adler 1999], passim., but esp. p.152–154, 261, 294–295, 314, 323
↑ [Adler 1999] p.284–286
↑ [Adler 1999] p.386
↑ [Adler 1999] p. 291 et. seq.. Adler ne mentionne pas "Jennya" par son nom, mais la traductrice/commentatrice Rosenfeld l'indique.
↑ [Adler 1999] p.312
↑ [Adler 1999] mentionne tous ses enfants, à l'exception de Florence au moins dans le texte, mais ils sont listés dans l'index, et leur rapport à lui est confirmé. À l'exception de Frances et de Stella, mentionnées dans une note p.230, le livre n'est pas explicite, s'ils sont les enfants de Sara. Les témoignages concernant for Sara Adler ((en) Jacob Pavlovitch Adler [archive] sur l'Internet Broadway Database sur IBDb et on Find-a-grave [archive]) la mentionne comme la mère de ses six enfants, mais indique aussi faussement qu'elle est la mère de Charles Adler. Sa nécrologie publiée par le New York Times ("Sarah Adler Dies; Yiddish Stage Star", NYT, April 29, 1953, p.29), mentionne Luther, Stella, Frances, Julia et "Jack" (vraisemblablement Jay) comme enfants survivants d'Adler; plus ses beaux-fils "Adolph" (vraisemblablement Abe) et Charles et une belle-fille Celia; plus ses enfants Joseph et Max Heine d'un précédent mariage.
↑ (1) Francine Larrimore [archive], Internet Broadway Data Base, consulté le 21 février 2007. (2) Francine Larrimore [archive], Internet Movie Data Base, consulté le 21 février 2007.
↑ a et b [Adler 1999] passim.
↑ [Adler 1999] p.309 (commentary)
↑ [Adler 1999] p.214, 233, 248
↑ [Adler 1999] p.365–367

Références

(en) : Oxford Dictionary of National Biography

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Jacob Pavlovich Adler » (voir la liste des auteurs).

Liens externes

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
(en): Jacob Adler [archive] on the Internet Broadway Database Consulté le 29 septembre 2006.
(en) Jacob Adler [archive] sur l’Internet Movie Database Consulté le 29 septembre 2006.
(en): "Yiddish Shylock Viewed From Ghetto Standpoint", The New York Times, 31 mai 1903, p. 10.
(en): Jacob Adler, A Life on the Stage: A Memoir, traduit en anglais avec commentaires par Lulla Rosenfeld, Knopf, New York, 1999, (ISBN 0-679-41351-0).
Révisé par Gad Nahshon, Gad "The Great Eagle: great Yiddish actor-legend, Jacob Adler", octobre 2001, The Jewish Post of New York. online [archive] sur Jewish-theatre.com, consulté le 1er octobre 2006.
(en): Joel Berkowitz, Shakespeare on the American Yiddish Stage (Iowa City, 2002).
(en): Leonard Prager, "Shakespeare's The Merchant of Venice in Yiddish" in Mendele: Yiddish literature and language, Vol. 07.098 [archive], 6 novembre 1997. Consulté le 29 septembre 2006.
(en): Lulla Rosenfeld, "The Yiddish", New York Times, 12 juin 1977; p. 205, 32 et. seq.

THÉÂTRE DE LA GARONNE, TOULOUSE

Les Tlingits sont une ethnie indigène d'Amérique du Nord, plus précisement un peuple autochtone d'Alaska. Ils occupent l'Alaska du Sud-Est, un territoire qui comprend la zone côtière du sud-est de l'Alaska et les îles qui lui font face.

Sommaire

1 Histoire
1.1 Premiers contacts avec les Européens
2 Culture
3 Notes et références
4 Voir aussi
4.1 Bibliographie
4.2 Articles connexes
4.3 Liens externes

Histoire
Premiers contacts avec les Européens
Deux jeunes filles Tlingit, près de Copper River (Alaska), 1903. Photographie des frères Miles

Les premiers contacts avec les Européens datent des expéditions maritimes russes, espagnoles et britanniques dans cette région vers la moitié du XVIIIe siècle. De nombreux explorateurs entrèrent ainsi en contact avec les Tlingits. La plupart de ces échanges furent amicaux, malgré certaines craintes européennes. Les Tlingits apprécièrent assez rapidement le troc avec les produits européens. Dans l'ensemble, les Européens furent assez impressionnés de l'aisance des Tlingits.

Le premier contact date sans doute de 1741 lors de la deuxième expédition du Kamtchatka de Vitus Béring avec Alekseï Tchirikov. Le navire de Vitus Béring fut séparé de celui de Tchirikov et atteint l'île Kayak. Cependant Tchirikov navigua lui jusqu'aux côtes occidentales de l'archipel Alexandre. Il perdit deux canots avec leurs hommes vers le détroit Lisianski au nord de l'île Chichagof. En les cherchant, Tchirikov rencontra les Tlingits qu'il estima hostiles et retourna vers l'ouest.

En 1744, Juan José Pérez Hernández fut envoyé par le vice-roi de la Nouvelle-Espagne, Antonio María de Bucareli y Ursúa, pour explorer la côte Pacifique avec l'objectif d'atteindre les 60 degrés de latitude nord pour repérer d'éventuels établissements russes et réclamer le pays pour l'Espagne. Il était accompagné par Fray Juan Crespi et Fr. Tomás de la Peña Suria (ou Savaria), ce dernier a exécuté un certain nombre de dessins qui constituent aujourd'hui des témoignages inestimables sur la vie Tlingit dans la période précoloniale.

Selon Carl Sagan, dans Cosmos, repris dans Faits, II (2007, Marcel Cohen), La Pérouse rencontre des indiens Tlingits de Lituya Bay en 1786. Ce peuple sans écriture, par transmission orale, de chaman à chaman, conserve une mémoire collective précise de cet événement, deux siècles plus tard.
Culture
Totem Tlingit à Ketchikan.

Les Tlingits ont développé une culture complexe basée sur la chasse et la cueillette dans les forêts tempérées humides de la région. Regroupée en dix-huit groupes locaux dits ḵwáan, souvent appelés « tribus », la société tlingite est hiérarchisée. Avec un système matrilinéaire, elle comprend des nobles (chefs de clan et de lignage et parents immédiats), des gens du commun et des esclaves. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, les « casques-heaume », appelés aussi « masques de tête », étaient portés lors de danses rituelles. Cette pièce, sculptée dans un nœud de bois évidé, représente une femme dont la lèvre inférieure est munie d'un labret, insigne de noblesse. Peut-être le masque incarnait-il son esprit. Il aurait eu alors une fonction protectrice auprès des guerriers tlingit. Outre un esprit protecteur, ou le blason familial, le heaume pouvait aussi figurer un animal (ours ou lion de mer) que les Tlingit admiraient pour leur agressivité, qualité exemplaire du guerrier. Les Tlingit se servent des mêmes symboles sur leurs totems que sur leurs coiffes et leurs masques guerriers polychromes.

La langue tlingite est connue non seulement pour sa grammaire complexe mais aussi pour utiliser certains phonèmes que l'on n'entend pas dans la presque totalité des autres langues.
Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tlingit people » (voir la liste des auteurs).

Voir aussi

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Bibliographie

(en) George Thornton Emmons, The Tlingit Indians, Seattle, University of Washington Press, 1991, 488 p. (ISBN 978-0-295-97008-0, OCLC 23463915)
(en) Andrei Val'terovich Grinev, The Tlingit Indians in Russian America, 1741-1867, Lincoln, University of Nebraska Press, 2005, 386 p. (ISBN 978-0-8032-2214-4, OCLC 835820602)
(en) Mary Helen Pelton et Jacqueline DiGennaro, Images of a people : Tlingit myths and legends, Englewood, Libraries Unlimited, 1992, 170 p. (ISBN 978-0-87287-918-8, OCLC 44957050, lire en ligne [archive])
(en) Sharon Bohn Gmelch, The Tlingit Encounter With Photography, 2008, 163 p.

Articles connexes

Amérindiens au Canada
Étymologie des prénoms nord-amérindiens
(en) Histoire du peuple tlingit

Liens externes

Textes de l'église orthodoxe en langue tlingit [archive]

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Re: TOULOUSE: CONFERENCE THEATRE GARONNE DU 21/05/2017 TOULOUSE

Message par yanis la chouette le Ven 26 Mai - 17:01

Plusieurs versions et dans la suite d'un homme riche de jacod Gordon 1853 ukraine... La has gala ou hazgala ou Éducation.

Le Roi Lear (en anglais : King Lear) est une tragédie en cinq actes en vers et en prose, qu'on suppose avoir été écrite entre 1603 et 1606 par William Shakespeare et créée le 26 décembre 1606 au Palais de Whitehall de Londres en présence du roi Jacques Ier d'Angleterre.

La pièce, dont l'action est placée 1500 ans après l'ère chrétienne, s'inspire entre autres de l’Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth, qui évoque la figure légendaire de Leir, roi mythique de l'île de Bretagne à l'époque celtique précédant la conquête romaine et de sa fille Cordélia. Elle contient une double intrigue (procédé habituel chez l'auteur) dont l'action secondaire contribue à renforcer les différents moments de l'action principale.

Il existe deux versions distinctes de la pièce : The True Chronicle of the History of the Life and Death of King Lear and His Three Daughters (Chronique véridique de la vie et de la mort du roi Lear et de ses trois filles), publiée en in-quarto en 1608, et The Tragedy of King Lear (La Tragédie du roi Lear), publiée dans le Premier Folio de 1623 dans une version plus adaptée au théâtre. Les deux versions sont généralement éditées en un seul texte, mais plusieurs éditeurs modernes pensent que chaque version possède ses propres mérites1.

Après la Restauration anglaise, la pièce est remaniée par des auteurs et des metteurs en scène qui la trouvent trop sombre et affligeante. Depuis le XIXe siècle elle est cependant régulièrement donnée en exemple comme l'une des pièces les plus achevées de l'auteur, les critiques notant en particulier la véracité avec laquelle le poète exprime les souffrances humaines et les tragédies familiales.

Elle a été très souvent adaptée à la scène et à l'écran et les comédiens les plus célèbres ont incarné le rôle de Lear. La tragédie a également été source d'inspiration, parfois inaboutie, pour nombre de compositeurs.

Personnages

Lear, roi de Grande-Bretagne ; figure patriarcale que son opinion erronée sur ses filles conduit à sa perte et à la leur.
Goneril, fille aînée du roi Lear, personnage perfide, épouse du duc d'Albany.
Régane, deuxième fille du roi Lear, également perfide, épouse du duc de Cornouailles.
Cordélia2, plus jeune fille de Lear, sincère, intransigeante, préférée de son père.
Le duc3 d'Albany, époux de Goneril ; Goneril se moque de sa « douceur laiteuse » ; se retourne contre sa femme vers la fin de la tragédie.
Le duc de Cornouailles, époux de Régane ; exerce des pressions contre le comte de Kent, abandonne Lear dans la lande au cours d'une tempête, crève les yeux de Gloucester dont l'un des serviteurs le blesse mortellement.
Le comte de Gloucester, père d'Edgar et d'un fils illégitime, Edmond ; Edmond le trompe au détriment d'Edgar : celui-ci s'enfuit en prenant l'identité fictive de Tom.
Le comte de Kent, fidèle à Lear, mais il est exilé par le roi en représailles pour ses protestations contre la manière dont Lear a traité Cordélia ; apparaît dans une grande partie de la pièce, sous l'identité de Caius ; il se déguise et se place au service du roi, sans faire connaître sa véritable identité.
Edgar, fils légitime de Gloucester ; déguisé en Tom, mendiant de Bedlam, aide son père aveugle ; à la fin de la tragédie retrouve ses droits.
Edmond, fils bâtard de Gloucester ; il s'allie avec Goneril et Régane pour réaliser ses ambitions ; est tué en combat singulier par Edgar.
Oswald, intendant de Goneril ; décrit comme « mauvais et intéressé » ; essaye de tuer Gloucester, mais est tué par Edgar.
Le fou du roi, bouffon fidèle à Lear et Cordelia, bien que ses relations avec les deux soient assez complexes : on ne le voit jamais en présence de Cordelia ; a une relation privilégiée avec Lear : personne d'autre ne peut se permettre de traiter le roi comme le fait le fou.
Le roi de France, prétendant puis époux de Cordélia, ému par sa sincérité.
Le duc de Bourgogne, prétendant de Cordelia, renonce à ses vues en l'absence de dot.
Curan, courtisan.
Un vieil homme, vassal de Gloucester.
Un médecin, dans le camp des forces françaises.
Un officier, au service d'Edmond.
Un gentilhomme, attaché à Cordélia.
Un héraut, dans le camp de l'armée anglaise.
Fonctionnaires de Cornouailles, chevaliers de la maison de Lear, officiers, messagers, soldats et gens de la suite.

Intrigue
La part de Cordélia (1866), Ford Madox Brown
Les adieux de Cordélia (1898), Edwin Austin Abbey
Goneril et Régane (1902) Edwin Austin Abbey

Dans la grande salle du palais des rois de Grande-Bretagne, le vieux roi Lear réunit ses filles, leurs maris et son fidèle ami le comte de Kent. Il annonce son désir de se retirer du pouvoir et sa décision de diviser son royaume entre ses trois filles, Goneril mariée au duc d'Albany, Régane épouse de Cornouailles et Cordélia, la plus jeune, courtisée par le duc de Bourgogne et le roi de France. La plus large part sera offerte à celle qui saura lui déclarer qu'elle l'aime le mieux. Alors que les deux aînées n'hésitent pas à jouer la carte de la flagornerie, Cordélia se montre sobre et sincère en affirmant qu'elle devra un jour la moitié de son affection à un futur mari bien qu'elle aime profondément son père. Blessé par cette réserve qui pique d'autant plus son orgueil qu'elle émane de son enfant préférée, Lear déshérite Cordélia, partage le royaume entre les deux autres sœurs, la chasse impitoyablement et annonce qu'il ira vivre alternativement sur les terres de Goneril et de Régane avec sa suite d'une centaine de chevaliers. Le comte de Kent, proche du roi, s'oppose à ce traitement injuste et tente de faire entendre raison au souverain qui, excédé, le bannit également. Apprenant l'infortune de Cordélia, le duc de Bourgogne renonce à ses vues mais le roi de France, sa passion raffermie par tant de vertus qu'il juge plus précieuses qu'une dot, annonce que Cordélia régnera sur la belle France où elle trouvera mieux que ce qu'elle a perdu.

Parallèlement se déroule au château du comte de Gloucester une seconde intrigue sur le même thème de l'amour filial. Le comte a deux fils, Edgar, l'enfant légitime, et Edmond, son bâtard. Ce dernier trahit son père et son frère par ambition et pour gagner l'héritage auquel son statut de bâtard ne lui donne pas droit. Il déclare ainsi à la scène 2 « Ainsi donc, Edgar le légitime, il faut que j’aie votre patrimoine [...] Que je [le] doive à mon esprit, sinon à ma naissance ! » (« Legitimate Edgar, I must have your land [...] Let me, if not by birth, have [it] by wit! »). Par une fausse lettre, qu'il révèle soi-disant contre son gré, Edmond démontre à Gloucester qu'Edgar cherche à usurper la succession tout en se montrant habilement le défenseur de son frère qu'il semble vouloir protéger du courroux de ce père. Dans un jeu de dupes, il pousse Edgar à se sauver pour mieux convaincre ensuite son père, en se blessant lui-même, que la raison de cette fuite est la lutte entre les deux frères provoquée par Edgar en raison du refus d'Edmond d'attenter à la vie du comte. Tous les hommes d'armes étant à sa recherche et les ports surveillés, Edgar trouve refuge dans la lande sous les oripeaux du pauvre Tom, mendiant de Bedlam.

Cependant, Kent, décidé à protéger son roi, retourne déguisé au palais et, se présentant sous le nom de Caius, se fait engager comme serviteur par Lear. Il aide le roi à corriger Oswald, l'intendant de Goneril, qui, sur ordre de sa maîtresse se refusait à servir Lear. Celui-ci commence à réaliser l'ascendant que Goneril a pris sur son père : elle ne le respecte plus, lui ordonne de se mieux comporter et de réduire sa suite qu'elle accuse de se quereller avec ses gens. Le fou se moque des malheurs du roi et de cette inversion des rôles. Furieux, Lear annonce qu'il part pour la maison de Régane dont il pense qu'elle lui réservera une affection et un sort meilleur. Albany, pris à témoin, tente de raisonner son épouse mais Goneril lui reproche sa « douceur d'agneau » et envoie Oswald prévenir sa sœur par un courrier. De son côté Lear fait porter une lettre à Cornouailles par Kent.

Pour éviter de recevoir son père, Régane se rend avec le duc de Cornouailles au château de Gloucester où Kent et Oswald se rencontrent, attendant les réponses aux missives. Kent invective l'intendant et tire l'épée contre le couard qui en appelle à l'aide de ses maîtres. Cornouailles, malgré les protestations de Gloucester, fait enferrer Kent dans les ceps. Lorsque Lear arrive chez le comte de Gloucester, il ne peut croire que la mise au pilori de son cher serviteur soit le fait de sa fille. Or celle-ci et Cornouailles se prétendant épuisés par leur voyage refusent de lui parler et n'acceptent de descendre que sur l'intercession de Gloucester. Goneril qui est venue rejoindre sa sœur se ligue avec elle et Cornouailles pour refuser au vieux roi, non plus la moitié de son escorte, non plus vingt-cinq chevaliers mais ne lui accordera désormais plus un seul homme puisque ses gens se querellent avec ceux de la maison de ses filles. Accablé par la dureté et l'ingratitude de ses enfants auxquelles il a tout donné, il quitte le château sous la tempête, accompagné du fou. Avant de les rejoindre, Kent confie à un gentilhomme de confiance la mission de rejoindre Douvres où Cordélia, informée du sort réservé à son père et des dissensions qui se font jour entre Albany et Cornouailles, a débarqué avec l'armée du roi de France.
Le Roi Lear et le fou dans la tempête (1851), William Dyce4.
Lear dans la tempête (1788), Benjamin West

Dans la lande dévastée par la tempête et l'orage, le roi délire en écho aux sentences du bouffon. Kent retrouve le fou et le sage et les conduit jusqu'à une hutte où ils pourront se mettre à l'abri pendant qu'il ira forcer l'hospitalité du comte. La hutte est occupée par un être hirsute que le fou prend pour un fantôme et qui dit se nommer « le pauvre Tom ». Il s'agit d'Edgar quasiment nu, hors une couverture autour des reins, et tenant des propos incohérents que Lear qualifie de « philosophie ». À l'exemple du pauvre hère, le roi, toujours plus divaguant, déchire ses vêtements imaginant que si « le pauvre Tom » en est réduit à ce triste état, lui-même ne peut à son tour que se dépouiller. Gloucester parti à leur recherche les retrouve et persuade Lear de venir s'abriter dans une dépendance du château ce que le roi n'accepte qu'à la condition que son nouvel ami, son « bon Athénien » – dans lequel Gloucester n'a pas reconnu Edgar – les accompagne. Avant que Lear ne s'abandonne à un peu de repos, le roi, le fou et le « philosophe », sous le regard désolé de Kent, et pendant que Gloucester les abandonne un moment, organisent un simulacre de procès où des tabourets tiennent le rôle de Goneril et Régane.

Gloucester ne tarde pas à revenir, les pressant de s'enfuir vers Douvres afin d'échapper à un complot qu'il vient de découvrir, visant à tuer le roi et ses défenseurs. Toujours dupe d'Edmond, le comte lui avait confié, avant de partir à la recherche du roi dans la lande, l'existence d'une lettre l'informant de la connaissance par le roi de France des dissensions entre Albany et Cornouailles et du débarquement des troupes françaises envoyées pour venger l'offense faite à Lear par ses filles. Toujours avec la même duplicité, Edmond se lamente auprès de Cornouailles d'être le fils d'un traître et de devoir par loyauté en être le délateur. Le duc lui renouvelle sa confiance et, pour lui éviter d'assister à ce qui attend son père, l'envoie avec Goneril et Oswald rejoindre Albany. Dès après leur départ Gloucester est arrêté, sa barbe blanche arrachée par Régane et ses yeux crevés par Cornouailles. Un serviteur du comte ayant osé s'interposer est tué par Régane mais blesse mortellement le duc avant d'expirer.

Au château d'Albany, Goneril apprenant par Oswald l'opposition de son mari à l'offense faite à Lear renvoie Edmond chez Cornouailles après avoir échangé avec lui serments et baiser. Le duc paraît alors et reproche à Goneril sa monstruosité de femme et de fille de roi tandis qu'elle le traite avec mépris d'« Idiot, et puéril ! ». Un messager apporte la nouvelle de la mort de Cornouailles et de la torture subie par Gloucester dénoncé par son fils. Albany est atterré et jure vengeance. Goneril s'inquiète de se retrouver en concurrence avec sa sœur maintenant veuve et de perdre Edmond. De son côté Régane apprend d'Oswald que celui-ci est chargé par Goneril d'apporter une lettre à Edmond et confie à son tour un présent pour le fils de Gloucester en faisant comprendre à l'intendant que Goneril ferait bien d'abandonner ses projets et en lui suggérant de supprimer le comte sur le sort duquel trop de monde s'apitoie.

Entre-temps, le comte de Gloucester qui avait été jeté dans la lande après sa mutilation est pris en charge un bout de chemin par un vieux paysan puis par « le pauvre Tom » (Edgar) auquel il demande de le conduire au bord de la falaise de Douvres. Arrivé là, il se jette... de toute sa hauteur dans la prairie. Edgar, prenant cette fois la voix d'un paysan lui fait croire qu'il a survécu miraculeusement à cette chute d'une hauteur de « dix mâts mis bout à bout ». Lear, toujours enfermé dans sa douloureuse démence croise leur chemin. C'est pour chacun un redoublement de chagrin de constater la souffrance de l'autre. Les paroles de folie succèdent aux discours de révolte et aux propos désespérés. Un gentilhomme de la suite de Cordélia ramène enfin le roi auprès de sa fille. Survient alors Oswald ravi de trouver sur sa route Gloucester dont la tête est mise à prix. Il tire son épée pour le tuer mais Edgar s'interpose et lui porte un coup mortel. Oswald lui demande avant de périr de remettre à Edmond la lettre de sa maîtresse. Malgré ses scrupules, Edgar ouvre la lettre pour découvrir que Goneril se promet à Edmond en échange de l'assassinat de son mari.
Lear et Cordelia dans le camp français (1849), Ford Madox Brown
Lear et Cordélia dans la prison (1779) William Blake

Dans le camp français près de Douvres Kent apprend à un gentilhomme que Lear rôde dans la région tout en refusant de voir sa fille tant la honte et le remords le rongent. Cordélia ordonne qu'on le recherche. Un messager vient annoncer que l'armée anglaise est en marche. Lorsque le roi est enfin ramené le médecin lui administre le seul remède capable d'apaiser sa douleur, des simples qui vont lui accorder un repos réparateur. Pendant son sommeil, Cordélia l'embrasse et lui déclare sa tendresse. À son réveil Lear s'agenouille pour implorer son pardon pendant que Cordélia lui demande sa bénédiction. Après ces soins et ces paroles apaisantes, le roi retrouve peu à peu ses sens et apprend qu'il se trouve sur ses terres et non en France.

L'armée britannique est déjà proche de Douvres. Albany déclare que sa préoccupation n'est pas la révolte, qu'il considère légitime, des partisans de Lear mais l'invasion du pays par le roi de France. Goneril et Régane se jaugent pendant qu'Edmond tergiverse à part sur le parti à prendre entre les deux sœurs, dont il n'aime manifestement aucune, sans mettre en péril la totalité du gain, le bénéfice du royaume dans son entier. Avant d'entrer dans la tente où doivent se décider les plans de la bataille, Albany est rejoint par Edgar, toujours déguisé en paysan. Le jeune Gloucester remet au duc la lettre de Goneril destinée à Edmond et lui déclare que s'il est toujours vivant après la bataille, il lui suffira de faire appeler par la trompe du hérault le champion que lui-même se charge d'envoyer pour faire droit à Albany dans l'intrigue que lui révélera la lettre.
Lear pleurant la mort de Cordélia (détail 1788), James Barry.
Lear pleurant la mort de Cordélia (1788), James Barry.

La bataille a eu lieu. Les Anglais sont victorieux. Lear et Cordélia sont emprisonnés. Edmond ordonne à un capitaine de les suivre et d'exécuter la mission inscrite sur l'ordre écrit qu'il lui remet. Albany réclame que le roi et la reine lui soient remis pour être traités selon leur rang. Edmond, bien que vassal d'Albany, refuse et voit sa défense prise tant par Régane que par Goneril qui, toutes deux, se glorifient d'avoir investi de leur propre pouvoir l'homme dont elles se disputent l'illusoire affection. Albany les pousse dans leur retranchement, incitant leur opposition, met fin à la sinistre comédie en mettant Edmond aux arrêts pour haute trahison et fait sonner la trompette et quérir le champion promis par Edgar. Celui-ci se présente, sans révéler encore son identité, les deux frères combattent, Edmond tombe et Edgar se nomme enfin. Il conte alors comment il a secouru son père jusqu'à ce que le cœur du vieil homme ne cède en apprenant, avant son départ pour le combat, que « le pauvre Tom » et le paysan secourable ne faisaient qu'un avec son fils légitime injustement banni. Il conte aussi comment Kent, sous les traits du serviteur Caïus, a assisté Lear et comment le comte a sombré sans connaissance à force de chagrin. On vient annoncer la mort de Goneril et de Régane : la première a empoisonné l'autre et s'est poignardée. Kent qui a recouvré ses esprits arrive et demande à voir Lear. Edmond avoue avant de mourir à son tour avoir avec Goneril donné l'ordre de pendre Cordélia dans sa cellule et de prétendre à un suicide. On se précipite à la prison mais il est trop tard. Lear apparaît, le corps de Cordélia dans ses bras et s'illusionne en voyant bouger une plume au souffle de son enfant. Mais Cordélia est morte et le cœur de Lear se brise. Albany déclare un deuil général et confie le pouvoir à Kent et Edgar chacun apportant une réponse à la hauteur de son chagrin :

« KENT. - Monsieur, j'aurai bientôt un voyage à faire.
Mon maître me fait signe : je ne dois pas dire non. »

Le roi Lear et ses filles, Chronica Majora de Matthew Paris, vers 1250.

« EDGAR. - Au fardeau de ces tristes jours nous devons faire allégeance.
Parlons selon nos cœurs et non la bienséance !
Les plus vieux ont le plus souffert. Nous les cadets,
Jamais n'en verrons tant, ni ne vivrons tant d'années5. »

Les corps sont emportés sur une marche funèbre.
Hypothèses relatives aux sources

Le personnage de Lear dans la pièce de Shakespeare est fondé sur différents récits décrivant la figure légendaire de la mythologie celtique de Lir ou Llŷr (en). La deuxième édition de The Chronicles of England, Scotlande, and Irelande de Raphael Holinshed, publiée en 1587 est considérée comme la source principale de Shakespeare. Holinshed lui-même a utilisé la trame de l'Historia regum Britanniae écrite par Geoffroy de Monmouth au XIIe siècle. Dans La Reine des fées d'Edmund Spenser, publiée en 1590, on trouve également un personnage du nom de Cordélia qui meurt de pendaison comme dans Le Roi Lear. Il existe également un célèbre conte de fée dans lequel un père rejette sa plus jeune fille parce que la déclaration d'affection qu'elle lui adresse ne lui convient pas6.

D'autres sources possibles sont A Mirror for Magistrates (en) (1574), de John Higgins ; The Malcontent (en) (1604), de John Marston ; The London Prodigal (en) (1605) ; les Essais de Montaigne, traduits en anglais par John Florio en 1603 ; An Historical Description of Iland of Britaine, de William Harrison (en) ; Remaines Concerning Britaine, de William Camden (1606) ; Albion's England, de William Warner (en), (1589), et A Declaration of egregious Popish Impostures, de Samuel Harsnett (1603), qui a fourni une partie de la langue utilisée par Edgar lorsqu'il feint la folie.

Outre l'intrigue secondaire impliquant le comte de Gloucester et ses fils Edgar et Edmond dont la source se trouve, pour les grandes lignes, dans un conte de Philip Sidney, Countess of Pembroke's Arcadia (en) (1580-1590), narrant l'histoire d'un roi aveugle de Paphlagonie et de ses deux fils, Leonatus et Plexitrus7, la principale innovation de Shakespeare est la mort de Cordelia et de Lear à l'issue de la tragédie. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, cette fin tragique a été vivement critiquée et transformée par des versions dans lesquelles les personnages survivent et Edgar et Cordélia sont mariés.
Hypothèses de datation des textes
Page de titre de la première édition in-quarto publiée en 1608

Les dates de l'écriture du Roi Lear ne sont pas précisément connues ; cependant de nombreuses éditions la situent entre 1603 et 1606. Cette dernière date découle de l'enregistrement dans le Registre des Libraires (Stationers' Register en anglais) d'une représentation le 26 décembre 1606. La date de 1603 trouve son origine dans les mots utilisés pour les tirades d'Edgar qui pourraient être tirés de l'ouvrage de Samuel Harsnett, Declaration of Egregious Popish Impostures (1603)8. Dans son édition Arden, Reginald A. Foakes (en) plaide en faveur de la période 1605-1606, car l'une des sources de Shakespeare, The True Chronicle History of King Leir, n'a été publiée qu'après 1605 ; l'étroite correspondance entre cette pièce et celle de Shakespeare, suggère qu'il aurait travaillé à partir d'un texte plutôt que de la remémoration d'une représentation9. À l'inverse, Frank Kermode (en), dans la Riverside Shakespeare, estime que la publication de Leir pourrait avoir été une réponse aux représentations de la pièce déjà écrite par Shakespeare ; sur la base d'un sonnet de William Strachey présentant des similitudes textuelles avec Lear, Kermode conclut que « 1604-1605 semble être le meilleur compromis »10.

Toutefois, avant que Kenneth Muir (en) ne plaide en faveur du lien de la pièce avec le texte de 1603 de Harsnett, une minorité de spécialistes la pensaient bien plus ancienne. En 1936, Alfred S. Cairncross soutenait que « la relation entre les deux pièces Leir et Lear a été inversée : Lear de Shakespeare est antérieur et l'anonyme Leir n'en est qu'une imitation »11. Un élément justifiant ce point de vue est que, en 1594, King Leir est entré au Stationers' Register (bien que jamais publié), tandis que la même année une pièce intitulée King Leare était enregistrée par Philip Henslowe comme ayant été représentée au théâtre The Rose12. Cependant, selon une opinion majoritaire, les deux références ne seraient qu'une simple variante orthographique de la même pièce, King Leir13. Par ailleurs, Eva Turner Clark, une chercheuse oxfordienne (en) sur la question de la paternité des œuvres attribuées à Shakespeare a observé de nombreux parallèles entre les pièces et les événements de 1589-1590, comme celui entre l'intrigue secondaire du bannissement Kent et l'exil de Francis Drake par Élisabeth Ire d'Angleterre en 158914.

La question de la datation est encore compliquée par celle des révisions.

Le texte moderne de King Lear découle de trois sources : deux in-quarto, publiés respectivement en 1608 (Q1) et 1619 (Q2)15 et la version du Premier Folio (First Folio en anglais) de 1623 (F1). Les différences entre ces versions sont importantes. Le Q1 contient 285 lignes qui n'existent pas dans le F1 et à l'inverse, cent lignes du F1 sont absentes du Q1. De même, au moins un millier de mots diffèrent d'un texte à l'autre ; la ponctuation des deux est totalement dissemblable et environ la moitié des lignes en vers du F1 sont soit imprimées en prose soit coupées différemment dans le Q1. Les premiers éditeurs, à commencer par Alexander Pope, ont tout simplement mixé les deux textes, créant la version moderne demeurée quasiment universellement ainsi depuis des siècles. Cette version amalgamée est née de la présomption que Shakespeare avait écrit un seul manuscrit original, aujourd'hui malheureusement perdu, et que les versions in-quarto ou en folio sont des déformations de l'original.

Dès 1931, Madeleine Doran (en) suggérait cependant que la provenance des deux textes était fondamentalement différente, et que leurs divergences étaient particulièrement édifiantes. Cet argument n'avait toutefois pas reçu un très large écho jusqu'à la fin des années 1970 où il a été repris, principalement par Michael Warren et Gary Taylor (en). Leur thèse, bien que controversée, a obtenu une reconnaissance significative. Elle pose, en substance, le postulat de ce que le in-quarto proviendrait d'une sorte de « version de travail (en) » (en anglais foul papers) et le folio serait d'une certaine manière issu de la brochure du souffleur préparée pour la représentation par la compagnie théâtrale de Shakespeare ou une autre troupe. En bref, le Q1 serait la version « littéraire » et le F1 la version « théâtrale ». La montée de la « révision critique » a fait partie de la tendance conduisant le milieu de la critique à s'éloigner du formalisme du milieu du siècle. The New Cambridge Shakespeare a publié des éditions distinctes du in-quarto et du folio ; la plus récente édition de la Pelican Shakespeare contient à la fois les textes du Quarto de 1608 et du Folio de 1623 ainsi que d'une version mixée ; la nouvelle édition Arden par RA Foakes n'est pas la seule édition récente à proposer le texte mixte traditionnel.
Histoire des représentations
Dans le monde anglo-saxon
Du XVIIe au XIXe siècle
Charles H. Cameron dans le rôle du roi Lear (1872)
Michael D Jacobs dans le rôle du roi Lear, lors d'une représentation au Forest Theater (en) durant le Festival Shakespeare (en) de Carmel-by-the-Sea (1999)

La seule représentation de King Lear donnée à l'époque de Shakespeare dont la date soit connue avec certitude parce qu'enregistrée au Stationers' Register est celle du 26 décembre 1606. Reprise après la restauration de 1660, dès la réouverture des théâtres fermés sous le protectorat d'Oliver Cromwell, la tragédie est jouée dans sa forme originale jusqu'en 1675.

L'intense désir de changement caractérisant cette époque a bien évidemment touché les pièces de Shakespeare, Le Roi Lear comme ses autres œuvres. En 1681, Nahum Tate en a réalisé une adaptation, The History of King Lear (en), donnant à la pièce un happy end, avec le mariage d'Edgar et de Cordélia et le retour de Lear sur le trône ; le personnage du fou disparaît complètement, remplacé par celui d'Arante, confidente de Cordélia16. Cette version, interprétée par Edmund Kean, Thomas Betterton ou David Garrick a reçu les louanges de Samuel Johnson.

Le gouvernement britannique ne pouvant admettre de voir la folie d'un monarque portée à la scène à une époque où le roi George III souffrait de déficience mentale, la pièce est retirée du répertoire entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle17. Le texte original ne réapparaît sur la scène londonienne qu'en 1838 avec la création de William Charles Macready18.

Edwin Booth, Samuel Phelps (en), entre autres comédiens fameux, ont également interprété de façon mémorable le rôle du roi Lear au XIXe siècle.
Aux XXe et XXIe siècles

Le Roi Lear fait partie des œuvres les plus populaires de Shakespeare à avoir été représentées au XXe siècle. La mise en scène la plus célèbre est celle réalisée par Peter Brook en mai 1962, avec Paul Scofield dans le rôle de Lear et Alec McCowen dans celui du fou. Lors d'un sondage d'opinion en 2004 auprès de membres de la Royal Shakespeare Company, le Lear de Scofield a été désigné comme la plus grande interprétation d'une pièce de Shakespeare de toute l'histoire de la RSC19. Cette version a été immortalisée sur pellicule en 1971.

La plus longue durée d'une production du Roi Lear à Broadway est celle de 1968 avec Lee J. Cobb (Lear), Stacy Keach (Edmond), Philip Bosco (Kent), et René Auberjonois (le fou). Elle a tenu l'affiche durant soixante-douze représentations : aucune autre production de la pièce à Broadway n'avait jamais dépassé les cinquante soirées.

Quelques interprétations célèbres de Lear

John Gielgud avait 26 ans lorsqu'il a joué Lear à l'Old Vic Theater, en 1931. Il l'a redonné à l'occasion de trois autres représentations dont l'une, en 1955 au Stratford Memorial Theatre sur une scénographie du sculpteur Isamu Noguchi, fut particulièrement controversée20. Il était âgé de 90 ans lorsqu'il a, pour la dernière fois, participé à une production radiophonique en 1994 avec Judi Dench, Kenneth Branagh et Derek Jacobi.
Donald Wolfit a été considéré comme l'un des grands Lear, en gardant le rôle à son répertoire pendant plus de dix ans et en l'interprétant à Broadway et pour la Royal Shakespeare Company dans les années 1940-1950.
Laurence Olivier a décidé d'aborder le rôle pour la deuxième fois à l'âge de 75 ans dans une production pour la télévision 1983 avec une distribution où l'on retrouvait des vedettes comme Diana Rigg, John Hurt ou Colin Blakely. Olivier avait joué précédemment Lear en 1946, à l'âge de 39 ans, à l'Old Vic Theater, mais son interprétation avait déçu et été éclipsée par la performance d'Alec Guinness dans le rôle du fou21. Son Lear de 1983 a été diffusé aux États-Unis en 1984 dans une présentation de deux heures quarante largement acclamée et qui a valu à Laurence Olivier le dernier de ses nombreux Emmy Awards comme meilleur acteur.
Orson Welles a joué dans une version télévisée en direct (aujourd'hui conservé sur kinéscope) en 1953 pour CBS, réalisée par Peter Brook. La durée de la pièce était réduite à quatre-vingt minutes, la production ayant éliminé l'intrigue secondaire entre Edgar et Edmond. Welles a à nouveau interprété Lear au Civic Center à New York en 1958 où il a donné la plupart des représentations dans un fauteuil roulant : il s'était fracturé la cheville pendant la générale.
James Earl Jones a joué Lear au New York Shakespeare Festival (en), avec Raúl Juliá (Edmond), Paul Sorvino (Gloucester) et René Auberjonois (Edgar). Cette production a été filmée et diffusée en 1974 par PBS.
Michael Hordern a joué Lear en 1982 dans une série pour la BBC Television Shakespeare.
Ian Holm a remporté un Laurence Olivier Award pour son interprétation de Lear au Royal National Theatre et une nomination pour un Emmy pour la version télévisée de 1997 dans laquelle les décors minimalistes mettaient l'accent sur le jeu des acteurs.
Christopher Plummer est peut-être le premier grand Lear du XXIe siècle, en tout cas le premier acteur à recevoir une nomination pour un Tony Award pour son interprétation de Lear dans la production de Broadway en 2004 au Vivian Beaumont Theatre (en).
David Warner a fait un retour remarqué au répertoire shakespearien en jouant le rôle de Lear dans une production de Steven Pimlott (en) pour le Chichester Festival Theatre (en) en mai 2005.
Kevin Kline a tenu le rôle de Lear en 2007 dans une production du Public Theater de New York22.
Ian McKellen, qui avait précédemment remporté un Drama Desk Award pour les rôles d'Edgar et Kent, a triomphé dans celui de Lear, avec la Royal Shakespeare Company au Courtyard Theatre (en) (le théâtre ouvert pour la durée des travaux du Royal Shakespeare Theatre) de Stratford-upon-Avon en avril 2007. Cette production dont la distribution comprenait aussi Romola Garai (Cordélia), Sylvester McCoy (le fou), Jonathan Hyde (Kent), Frances Barber (Goneril), Monica Dolan (Régane) et William Gaunt (en) (Gloucester) a réalisé une tournée mondiale qui s'est achevée au New London Theatre (en) de Drury Lane le 12 janvier 2008 valant à McKellen une nomination pour un Laurence Olivier Award. La production, réalisé par Trevor Nunn et jouée en alternance avec La Mouette de Tchekhov, a plus tard été filmée et diffusée dans l'émission Great Performances sur PBS, McKellen obtenant une nomination pour un Emmy Award.
Pete Postlethwaite a joué Lear au Young Vic Theatre (en) de Londres du 29 janvier au 28 mars 2009.
Stacy Keach a tenu le rôle de Lear dans une production du Goodman Theatre (en) de Chicago et pour la Shakespeare Theatre Company (en) de Washington en 2009.
Philippe Girard tient le rôle de Lear dans la cour d'honneur du palais des Papes pour la 69e édition du Festival d'Avignon en 2015. Traduction et mise en scène d'Olivier Py.

En France

16 janvier 1783 : Versailles23

Jean-François Ducis (traduction), Comédiens Français.

26 janvier 1783 : théâtre de l'Odéon

Jean-François Ducis (traduction), Comédiens Français.

10 novembre 1844 : Paris, théâtre de l'Odéon

Frédéric Duhomme et Elie Sauvage (traduction et adaptation).

6 avril 1868 : Paris, théâtre de l'Odéon

Jules Lacroix (traduction), Pierre François Beauvallet (Lear), Paul Félix Taillade (Edgar), Paul Deshayes (Kent), Bienfait (le fou), Mounet-Sully (Cornouailles) Mlle Agar (Goneril), Mlle Nancy (Régane), Sarah Bernhardt (Cordélia)24.

5 décembre 1904 : Paris, théâtre Antoine

Pierre Loti, Émile Vedel (traduction), André Antoine (mise en scène), Lucien Jusseaume (scénographie), Edmond Missa (musique)25, Antoine (Lear), Andrée Mery (Cordelia), Jeanne Lion (Goneril), Lucie Brille (Régane), Capellani (Edgard).

28 juin 1958 : Narbonne, Cour du palais des archevêques (puis tournée dans le sud-est : 6 octobre 1958, Draguignan, etc.)

Paul Chovelon (traduction), Comédie de Provence (compagnie théâtrale d'Aix-en-Provence fondée par Gaston Baty), René Lafforgue (mise en scène et musique), Jean-Pierre Frémont (scénographie), René Lafforgue (Lear), Serge Bossac (Kent), Guy Moatty (le fou), Michel Chaigneau (Albany), Bernard Gauthier (Cornouailles), Paul Delon (Gloucester), François Louviane (Edmond), Jean-Pierre Frémont (Edgar), Claude Cartoux (Goneril), Colette Allègre (Régane), Andrée Amavet (Cordélia), Patrick Antoine (Oswald)

2 mai 1963 : Paris, théâtre Sarah-Bernhardt (théâtre des Nations)

King Lear (version originale), Peter Brook (mise en scène, scénographie), Royal Shakespeare Company de Stratford-upon-Avon

12 janvier 1966 : Toulouse, théâtre Daniel-Sorano

Yves Bonnefoy (traduction), Grenier de Toulouse, Maurice Sarrazin, Martin Elizondo, Alain-Alexis Barascq (mise en scène), Pierre Fichet (scénographie), Jean-Claude Sotto (costumes), Maurice Sarrazin (Lear), Serge Dekramer (Kent), Jean Bousquet (le fou), Jean Hort (Gloucester), Jean Favarel (Edmond), Michel Simonian (Edgar), Louis Granville (Albany), Claude Marcan (Cornouailles), Simone Turck (Goneril), Josiane Heuillet (Régane), Fabienne Tonnel (Cordelia), Jacques Cavanhac (Oswald)

6 mai 1967 : Paris, théâtre national de Chaillot

Maurice Clavel (traduction), Théâtre national populaire, Georges Wilson (mise en scène), Jacques Le Marquet (scénographie), Ivo Malec (musique), Georges Wilson (Lear), Jacques Harden (Kent), François Maistre (le fou), André Reybaz (Gloucester), José-Maria Flotats (Edgar), Charles Denner (Edmond), Éléonore Hirt (Goneril), Judith Magre (Régane), Monique Lejeune (Cordélia), Georges Riquier (Cornouailles), Mario Pilar (Albany), Michel Beaune (Oswald)

23 avril 1970 : Nanterre, théâtre des Amandiers (et 13 mai 1970, Maison de la Culture du Havre)

Yves Bonnefoy (traduction), Pierre Debauche (mise en scène), Pierre Laville (dramaturgie), Yannis Kokkos (scénographie), Pierre Debauche (Lear), Roger Jacquet (Kent), Paul Crauchet (le fou), Jacques Debary (Gloucester), Maurice Bénichou (Edgar), Gérard Desarthe (Edmond), Michelle Marquais (Goneril), Danièle Lebrun (Régane), Dominique Labourier (Cordélia), Bernard Waver (Albany), Raoul Billerey (Cornouailles), Marc Bonseignour (Oswald)

12 novembre 1976 : Saint-Étienne, Salle des mutilés du travail

Daniel Benoin (traduction), Comédie de Saint-Étienne, Daniel Benoin, Dominique Pichon (mise en scène), Jean-Paul Ollagnon (scénographie), Jean-Marc Bory (Lear), Pascale Audret (Goneril), Jean-Michel Dupuis, Gilles Segal, Jacques Bellay, Marcel Champel, Bernard Crommbey, Paul Descombes, Alain Duclos, Daniel Laloux, Hubert Saint, Françoise Thuries, Josée Yanne

2 novembre 1977 : Paris, Odéon-Théâtre de l'Europe

Angelo Della Giacoma, Luigi Lunari (traduction), Piccolo Teatro di Milano, Giorgio Strehler (mise en scène), Ezio Frigerio (scénographie), Fiorenzo Carpi (musique), Tino Carraro (Lear)

11 juillet 1981 : Festival d'Avignon, Palais des Papes

Michel Vittoz (traduction), théâtre du Miroir (Paris), Daniel Mesguich (mise en scène), Thierry Delory (scénographie), Philippe Morier-Genoud (Lear), Christian Defleur (Kent), Eric Frey (le fou), Gérald Robard (Gloucester), Jean-Yves Buquet (Edmond), Redjep Mitrovitsa (Edgar), Anne Rondags (Goneril), Catherine Berriane (Régane), Catherine Rougelin (Cordélia), Jean-Marc Bourg (Albany), Frédéric El Guedj (Cornouailles), Alain Lenglet (Oswald)

17 mars 1986 : Strasbourg, théâtre national de Strasbourg (reprise 3 mars 1987 : MC93 Bobigny)

Yves Bonnefoy (traduction), Matthias Langhoff (mise en scène), Léo Van't Schip (scénographie), Olivier Dejours (musique), Serge Merlin (Lear), Marc Berman (Kent), François Chattot (le fou), Raymond Jourdan (Gloucester), Charlie Nelson (Edgar), Ahmed Belbachir (Edmond), Laurence Calame (Goneril), Agnès Dewitte (Regane), Michèle Feruse (Cordélia), François Chattot (Albany), Thierry Bosc (Cornouailles), Antoine Basler (Oswald)

1995 : Paris, Odéon-Théâtre de l'Europe (reprise 12 décembre 1996 : théâtre national de Strasbourg)

Daniel Loayza (traduction), Georges Lavaudant (mise en scène), Jean-Pierre Vergier (scénographie), Philippe Morier-Genoud (Lear), Marc Betton, François Caron, Pascal Elso, Vincent Winterhalter, Gilles Arbona, Louis Beyler, Jean-Marie Boëglin, Olivier Coloni, Philippe Demarle, Laurent Fernandez, Laurent Manzoni, Sylvie Orcier, Annie Perret, Marie-Paule Trystram, Bernard Vergne

1999 : Théatre du Jorat, Mezieres (Suisse).

Tragédie de : William Shakespeare (Traduction et adaptation de Marblum Jequier) Mise en scène : Michel Grobéty Créée et filmée au : Théâtre du Jorat Date de tournage : juin 1999 Avec : Pierre Santini, Isabelle Bosson, Emmanuelle Ricci, Anne Vouilloz, Anne-Sylvie Casagrande, Maurice Aufair, Antoine Auberson, Jean Bruno, Camillo De Cesare, Yves Jenny, Frédéric Martin, Thierry Jorand, Michel Voïta, Frédéric Jacot, Jean-Philippe Meyer Scénographie : Vincent Mangeat Costumes : Christa de Carouge Musique : Pascal Auberson et Antoine Auberson Lumière : Michel Boillet Maquillages : Catherine Zingg Réalisation : Christian Liardet

3 octobre 2000 : Vincennes, théâtre de la Tempête (reprise le 15 janvier 2002 : théâtre des Treize Vents Montpellier)

Luc de Goustine (traduction), Philippe Adrien (mise en scène), Gérard Didier (scénographie), Ghédalia Tazartès (musique), Victor Garrivier (Lear), Jean-Pol Dubois (Kent), Wolfgang Kleinertz (Gloucester), Olivier Constant (Edgar), Catherine Rétoré (Goneril), Sylvie Debrun (Regane), Natacha Mircovich (Cordélia), Jean-François Vlerick (Cornouailles), Dominik Bernard (Oswald), Bruno Blairet (Edmond), Éric Challier (Albany), Alain Dzukam (le Fou), David Stanley

3 au 14 décembre 2002 : Nancy, théâtre de la Manufacture

King Lear (version originale), Royal Shakespeare Company de Stratford-upon-Avon, Declan Donnellan (mise en scène), Nick Ormerod (scénographie), Jane Gibson (chorégraphie), Nonso Anozie (Lear), Dean Ashton, Kirsty Besterman, Matthew Douglas, Sarah Everard, Guy Flanagan, Bruce Godfree, Kieran Hill, Edward Hogg, Aishling Howard, Ryan Kiggell, Katherine Manners, Steven Robertson, Adam Webb, Robert Wynn, Mo Zainal

19 janvier 2006 : Paris, Odéon-Théâtre de l'Europe

Jean-Michel Déprats (traduction), André Engel (mise en scène), Dominique Muller-Wakhevitch (dramaturgie), Nicky Rieti (scénographie), Michel Piccoli (Lear), Gérard Desarthe (Kent), Jean-Paul Farré, Jérôme Kircher, Julie-Marie Parmentier, Lisa Martino, Anne Sée, Rémy Carpentier, Jean-Claude Jay, Gilles Kneusé, Lucien Marchal, Gérard Watkins

16 mai 2007 : Toulouse, TNT-Théâtre national de Toulouse-Midi-Pyrénées

Daniel Loayza (traduction), Michel Mathieu (mise en scène), Yann Frouin (assistant mise en scène), Pierre Dequivre (scénographie), Sébastien Cirotteau (musique), Bruno Wagner (vidéo), Christian Toullec (lumières), Alberto Burnichon (régie générale), Dominique Collignon-Maurin (Lear), Natalie Artois, Séverine Astel, Hassan Ayoudj-Tess, Andrée Benchétrit, Sébastien Lange, Jacky Lecannelier, Kaf Malère, Jean-Yves Michaux, Mélyssa Michel, Alex Moreu, Quentin Siesling

21 juillet 2007 : Festival d'Avignon, cour d'honneur du palais des Papes (et tournée du 1er octobre 2007 au 11 avril 2008 : théâtre Nanterre-Amandiers, Théâtre national de Strasbourg, La Comédie de Clermont-Ferrand, La Comédie de Béthune, Scène nationale d'Orléans, Bonlieu Scène nationale Annecy, espace Malraux Chambery, théâtre des Salins Martigues, Théâtre National de Nice, Le Volcan Le Havre, TNT-Théâtre national de Toulouse-Midi-Pyrénées, Comédie de Valence, Château Rouge Annemasse, Maison de la Culture de Bourges, La Rose des Vents Villeneuve-d'Ascq, TNB-Théâtre national de Bretagne Rennes, La Coursive La Rochelle, TNBA-Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine)

Pascal Collin (traduction), TNB-Théâtre national de Bretagne Rennes (production), Jean-François Sivadier (mise en scène), Christian Tirole (scénographie), Frédéric Fresson (musique), Nicolas Bouchaud (Lear), Norah Krief (Cordélia et le fou), Stephen Butel, Murielle Colvez, Vincent Dissez, Vincent Guédon, Nicolas Lê Quang, Christophe Ratandra, Nadia Vonderheyden, Rachid Zanouda26.

9 novembre 2007 : Sartrouville, théâtre de Sartrouville (et tournée du 11 décembre 2007 au 7 février 2008 : L'ARC Le Creusot, L'Hexagone de Meylan, théâtre de Villefranche-sur-Saône, Le Dôme Théâtre Albertville, théâtre de Bourg-en-Bresse, Nouveau Théâtre de Besançon, théâtre de la Renaissance Oullins, Le Carré Château-Gontier

Dorothée Zumstein (traduction), Laurent Fréchuret (mise en scène), Stéphanie Mathieu (scénographie), Dominique Lentin (musique), Dominique Pinon, Xavier Boulanger, Philippe Duclos, Éric Frey, Thierry Blanc, Sophie Cattani, Odja Llorca, Caroline Piette, Éric Challier, Thierry Gibault, Hervé Lassïnce, Vincent Nadal, Rémi Rauzier

2 octobre 2008 : Montpellier, Théâtre des Treize Vents (et tournée du 6 novembre 2008 au 14 novembre 2009 : Centre dramatique régional de Tours-Nouvel Olympia Tours, Théâtre National de Nice, La Criée Marseille, Théâtre de la Manufacture Nancy)

Jean-Claude Fall (traduction), Jean-Claude Fall (mise en scène), Gérard Lieber (dramaturgie), Gérard Didier (scénographie), Dmitri Chostakovitch musique), Jean-Claude Fall (Lear), Jean-Claude Bonnifait (Kent), Christel Touret (le fou), Patrick Oton (Gloucester), David Ayala (Edgar), Luc Sabot (Edmond), Isabelle Fürst (Goneril), Fanny Rudelle (Régane), Christel Touret (Cordélia), Julien Guill (Albany), Grégory Nardella (Cornouailles), Alex Selmane (Oswald)

5 au 20 avril 2013 : Agen, Le Théatre du jour

Pierre Debauche (mise en scène), Jean-Claude Drouot (Le roi Lear) , Robert Angebaud, Peio Berterretche (Edmond), Margot Cervier, Emmanuelle Degeorges, Steven Dos Santos, Christelle Ferreira.

26 au 28 septembre 2014 : Paris-La Cartoucherie, Théâtre du Soleil

Écrit, dirigé, et interprété par WU HSING-KUO / le CONTEMPORARY LEGEND THEATRE (Taïwan), en mandarin surtitré ; traduction Pascale Wei-Guinot.

4 au 8 et du 10 au 13 juillet 2015 : Festival d'Avignon, Cour d'Honneur du Palais des Papes

Olivier Py (mise en scène), Philippe Girard (Le roi Lear) , Jean-Damien Barbin, Amira Casar, Nâzim Boudjenah, Eddie Chignara, Jean-Marie Winling.

11 septembre au 20 décembre 2015 : Paris, Théâtre de la Madeleine (et tournée en 2016)

Jean-Luc Revol (traduction et mise en scène), Michel Aumont (Lear), Marianne Basler (Goneril), Bruno Abraham-Kremer (Kent), Agathe Bonitzer (Cordelia), Anne Bouvier (Regan), Olivier Breitman (Albany), Frédéric Chevaux (Chevalier), Denis D'Arcangelo (Fou), Arnaud Denis (Edmond), Jean-Paul Farré (Gloucester), Nicolas Gaspar (Bourgogne), Eric Guého (Oswald), Martin Guillaud (France), José-Antonio Pereira (Edgar), Eric Verdin (Cornwall).

Ailleurs dans le monde
Dobrica Milutinović dans le rôle de Lear (1924)
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2006 : Varsovie, théâtre de la Liberté (Teatr Na Woli)

mise en scène Andreï Kontchalovski, Daniel Olbrychski (Lear)27

Traductions
En français

1779 : Pierre-Prime-Félicien Le Tourneur (1736-1788), Shakespeare traduit de l'anglois par M. Le Tourneur, avec, dans le t. 1, une épître dédicatoire au roi signée Le Comte de Catuelan, Le Tourneur et Fontaine-Malherbe, t. 5 : Le Roi Lear, Hamlet, Paris, Mérigot jeune, 304 p.
1821 : François Guizot (1787-1874), Œuvres complètes de Shakspeare, révision des traductions de Le Tourneur précédée d'une notice biographique et littéraire sur Shakespeare par François Guizot, t. 5 : Le roi Lear, Cymbeline, La méchante femme mise à la raison, Peines d'amour perdues, Périclès, Paris, Ladvocat,
1821 : Voltaire (1694-1778) et Jean-François de La Harpe (1739-1803), Œuvres de Shakspeare, traductions de Le Tourneur commentées par Voltaire et de La Harpe, t. 3 : Le Roi Lear, Timon d'Athènes, Les Deux gentilshommes de Vérone, Paris, Brissot-Thivars
1835 : Horace Meyer (-), Œuvres dramatiques de Shakspeare, traductions de Le Tourneur précédées d'une notice biographique et littéraire (Vie de Shakspeare), t. 1 : Othello, ou le More de Venise, La Tempête, Jules César, Roméo et Juliette, Coriolan, La Vie et la mort du roi Richard II, Macbeth, Le Roi Lear, Comme vous l'aimez, Titus Andronicus, Le Songe d'une nuit du milieu de l'été, Timon d'Athènes, Le Marchand de Venise, Antoine et Cléopâtre, Beaucoup de bruit pour rien, Paris, A. Saintin
1897 : Pierre-Prime-Félicien Le Tourneur, Le Roi Lear, Paris, Librairie de la bibliothèque nationale, Collection Les meilleurs auteurs anciens et modernes, p. 159
1783 : Jean-François Ducis28 (1733-1816), Le Roi Lear, tragédie en 5 actes par M. Ducis, représentée à Versailles le 16 janvier 1783 et à Paris le 26 du même mois par les Comédiens français, Paris : P.-F. Gueffier, 116 p.
1824 : Jean-François Ducis (1733-1817), Œuvres complètes de Shakespeare, adaptation des traductions de Le Tourneur, t. 2 : Œdipe chez Admète, Le Roi Lear, Macbeth, Paris, Librairie de Bure,
1839 : Benjamin Laroche (1797-1852), Œuvres complètes de Shakespeare, précédées d'une introduction sur le génie de Shakespeare par Alexandre Dumas, t. 2 : Le Roi Jean, Richard II, Henri IV, Henri V, Henri VI, Richard III, Henri VIII, Timon d'Athènes, Songe d'une nuit d'été, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, Macbeth, Hamlet, Le Roi Lear, Paris, Marchant
1844 : Benjamin Laroche, idem, Paris, Société du Panthéon littéraire
1854 : Benjamin Laroche, Œuvres complètes de Shakspeare, traduction nouvelle, t. 4 : Le Roi Lear, Périclès, prince de Tyr, Comme il vous plaira, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, Paris, Charpentier
1875 : Benjamin Laroche, Œuvres complètes de Shakspeare, traduction nouvelle, édition illustrée de gravures sur bois de Deghouy sur dessins originaux de Félix Barrias, t. 2 : Le Roi Lear, Périclès prince de Tyr, Comme il vous plaira, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, Le Songe d'une nuit d'été, Timon d'Athènes, Le Roi Jean, Richard II, Henri IV, Henri V, Henri VI, Richard III, Henri VIII, Paris, librairie de l'Écho de la Sorbonne
1839 : Francisque Michel (1809-1887), Œuvres complètes de Shakspeare, traduction entièrement revue sur le texte anglais et précédée de la vie de Shakspeare par Woodsworth et des remarques sur la vie et les ouvrages de William Shakspeare par Thomas Campbell, t. 1 : Othello ou le More de Venise, La Tempête, Jules César, Roméo et Juliette, Coriolan, La Vie et la mort du roi Richard II, Macbeth, Le Roi Lear, Comme vous l'aimez, Titus Andronicus, Le Songe d'une nuit du milieu de l'été, Timon d'Athènes, Le Marchand de Venise, Paris, H. Delloye
1855 : Francisque Michel, idem, Paris, imprimerie de Firmin-Didot frères
1869 : Francisque Michel, Œuvres choisies de Shakespeare, t. 2 : Le Roi Lear, Le Marchand de Venise, Mesure pour mesure, Henry IV roi d'Angleterre, Paris, Firmin-Didot frères, fils et Cie
1875 : Francisque Michel, Œuvres choisies de Shakespeare : Le Roi Léar, Le Marchand de Venise, Mesure pour mesure, Henri IV, précédé de Remarques sur la vie et les ouvrages de Shakespeare par Thomas Campbell, Paris, librairie de Paris Firmin-Didot et Cie, collection Collection des Classiques, 572 p.
1857 : Édouard Devicque et Henri Crisafulli (1827-1900), Le Roi Lear : drame en 5 actes et 12 tableaux représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Impérial du Cirque le jeudi 10 septembre 1857, Paris, Librairie théâtrale, 87 p.
1859 : François-Victor Hugo (1828-1873), Œuvres complètes de Shakespeare, v. 9 : La famille : Coriolan, Le roi Lear, Paris, Pagnerre
1865 : François-Victor Hugo, idem, préface de Victor Hugo
1872 : François-Victor Hugo, idem, 478 p.
1879 : François-Victor Hugo, Œuvres complètes de Shakespeare, préface de Victor Hugo, v. 11 : Henry VIII, Le Roi Lear, Paris, A. Lemerre
1938 : François-Victor Hugo, Jules Supervielle, Eugène Morand, Shakespeare, Théâtre complet 2 : Comme il vous plaira, Le Soir des Rois, Hamlet, Les Joyeuses épouses de Windsor, Troylus et Cressida, Tout est bien qui finit bien, Mesure pour mesure, Othello, Le Roi Lear, Macbeth, Antoine et Cléopâtre, Coriolan, Timon d'Athènes, Périclès, Cymbeline, Le Conte d'hiver, La Tempête, Henry VIII, avant-propos d'André Gide (1869-1951), Paris, Gallimard, Collection Bibliothèque de la Pléiade, 1359 p.
1944 : François-Victor Hugo, Le roi Lear, Mesure pour mesure, traduction entièrement revue et annotée par Christine et René Lalou, Paris, Éditions de Cluny, Collection Œuvres de William Shakespeare, drames, 3, Bibliothèque classique de Cluny, 258 p.
1949 : François-Victor Hugo, William Shakespeare, œuvres complètes, eaux-fortes enluminées de Maurice Leroy, t. 5 : Le Roi Lear, Cymbeline, Paris, Éditions Arc-en-ciel
1964 : François-Victor Hugo, Shakespeare. Othello, Le Roi Lear, Macbeth, préface et notices par Germaine Landré, Paris, Garnier-Flammarion, 320 p.
1964 : François-Victor Hugo, Shakespeare. Théâtre complet, t. 3 : Mesure pour mesure, Othello, Le Roi Lear, Macbeth, Antoine et Cléopâtre, Coriolan, Timon d'Athènes, Périclès, Cymbeline, Le Conte d'hiver, La Tempête, Henri VIII, introduction, notices et notes par Joseph-Barthélemy Fort, Paris, Garnier frères, 1143 p.
1971 : François-Victor Hugo, Les Chefs-d'œuvre de Shakespeare, t. 4 : Macbeth, Le roi Lear, illustrations de Jean Gradassi, Nice, Le Chant des sphères, 201 p.
2000 : François-Victor Hugo, Le roi Lear, Paris, Édition J'ai lu, collection Librio, 126 p. (ISBN 2-290-30491-3)
1860 : François Guizot (1787-1874), Œuvres complètes de Shakspeare avec une étude sur Shakspeare, des notices sur chaque pièce et des notes, t. 5 : Le Roi Lear, Cymbeline, La Méchante femme mise à la raison, Peines d'amour perdues, Périclès, Paris, Didier
1938 : François Guizot, Œuvres dramatiques de Shakespeare, t. 3 : Hamlet prince de Danemark, Le Roi Lear, Paris, H. Béziat, collection Écrivains illustres, 192 p.
1867 : Émile Montégut (1826-1895), Œuvres complètes de Shakespeare, v. 8 : Antoine et Cléopâtre, Périclès, Le Roi Lear, Macbeth, Paris, Hachette
1870 : Émile Montégut, Œuvres complètes de Shakespeare, v. 3 : Les Grands Drames : Troïlus et Cressida, Timon d'Athènes, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, Roméo et Juliette, Othello ou le Maure de Venise, Macbeth, Hamlet, Le Roi Lear, Cymbeline, Périclès, Paris, Hachette
1876 : Émile Montégut, Œuvres complètes de Shakespeare, v. 8 : Antoine et Cléopâtre, Périclès, Le Roi Lear, Macbeth, Paris, Hachette
1881, 1889, 1899, 1903, 1906, 1909, 1912 : Émile Montégut, idem
1868 : Jules Lacroix (1809-1887), Le roi Lear : drame en cinq actes, et en vers imité de Shakespeare, représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre impérial de l'Odéon, le 6 avril 1868, Paris, Michel-Lévy frères, 144 p.
1869 : Pierre-Edmond-Patient Herpin (abbé), Le Roi Lear, de W. Shakespeare, traduction en vers, Rennes, imprimerie A. Leroy fils, 212 p.
1904 : Pierre Loti (1850-1923) et Émile Vedel (1858-1937), Le roi Lear, William Shakespeare, traduit par Pierre Loti et Émile Vedel, Paris, Calmann-Lévy, 237 p. et L'Illustration théâtrale du 17 décembre 1904
1916 : Pierre Loti et Émile Vedel, Le roi Lear : La Vraie Chronique et histoire de la vie et de la mort du roi Lear et de ses trois filles, avec la vie de l'infortuné Edgar, fils et héritier du comte de Gloster et de sa prétendue démence, comme elle fut jouée devant le Roi à Whitehall le 26 décembre 1606 édition pour le tricentenaire de la mort de Shakespeare ornée de gravures sur bois par Jean Lébédeff, Paris, Société littéraire de France, 63 p.
1908 : Georges Duval (1847-1919), Œuvres dramatiques de William Shakespeare, traduction entièrement conforme au texte anglais, v. 4 : Le roi Lear, Le roi Henry V, La première partie de Henry VI, La seconde partie de Henry VI, La troisième partie de Henry VI, Paris, Flammarion, 510 p.
1924 : Georges Roth (-), Œuvres choisies de Shakespeare, t. 4 : Othello, Le Roi Lear, Macbeth, Paris, Larousse, 263 p.
1931 : Jules Derocquigny (1860-19..), La tragédie du Roi Lear, William Shakespeare, texte en anglais et traduction française en regard, Paris, Les Belles lettres, 274 p.
1961 : Jules Derocquigny, idem
1990 : Jules Derocquigny, idem (ISBN 2-251-37219-9)
1939 : Jacques Copeau (1879-1949 ) et Suzanne Bing (1885-1967), Les Tragédies de Shakespeare, traduites par Suzanne Bing et Jacques Copeau, illustrées par Edy-Legrand : Titus Andronicus, Roméo et Juliette, Jules César, Hamlet, Othello, Macbeth, Antoine et Cléopâtre, Le Roi Lear, Coriolan, Timon d'Athènes, Paris, Union latine d'éditions
1941 : Pierre Messiaen (1883-1957), William Shakespeare. Les Tragédies. Roméo et Juliette, Jules César, Troïlus et Cressida, Hamlet, Othello, Le Roi Lear, Macbeth, Timon d'Athènes, Antoine et Cléopâtre, Coriolan, Périclès, Cymbeline, notes et remarques du traducteur, Paris, Desclée de Brouwer, 1559 p.
1942 : Camille Chemin (1878-1959), Le roi Lear : la vraie chronique et histoire de la vie et de la mort du roi Lear et de ses trois filles, avec la vie de l'infortuné Edgar, fils et héritier du comte de Gloster et sa prétendue démence, Paris, Aubier, DL, collection Collection bilingue des classiques étrangers, texte anglais et traduction française en regard, 317 p.
1976 : Camille Chemin, introduction et bibliographie par A. Maurocordato, Le Roi Lear, Paris, Aubier-Montaigne, 317 p. (ISBN 2-7007-0048-1)
1959 : Pierre Leyris (1907-2001) et Élizabeth Holland (-) Shakespeare, Théâtre complet, avant-propos d'André Gide, introduction générale et textes de présentation des comédies et tragédies par Henri Fluchère et Jean Fuzier, t. 2 : Le Roi Lear, Paris, Gallimard, Collection Bibliothèque de la Pléiade, 1385 p.
1964 : Paul Arnold (1909-1992), Œuvres de Shakespeare, t. 5 : Le Roi Lear, La Vie de Timon d'Athènes, Paris, Albin Michel, 287 p.
1965 : Yves Bonnefoy (1923-....), Le roi Lear, Paris, Mercure de France, 201 p.
1978 : Yves Bonnefoy, William Shakespeare, Hamlet, Le Roi Lear, Paris, Gallimard, collection Folio, 413 p. (ISBN 2-07-037069-0)
1991 : Yves Bonnefoy, Le roi Lear, nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Mercure de France, 182 p. (ISBN 2-7152-1645-9)
1965 : Jean-Louis Curtis (1917-1995), Le roi Lear, Paris, Gallimard, collection Le Manteau d'Arlequin, 285 p.
1987 : Jean-Louis Curtis, idem (ISBN 2-07-070981-7)
1967 : Maurice Clavel (1920-1979), Le roi Lear : la vraie chronique et histoire de la vie et de la mort du roi Lear et de ses trois filles avec la vie de l'infortuné Edgar, fils et héritier du comte de Gloucester et sa prétendue démence, Paris, Gallimard, collection Théâtre national populaire, 155 p.
1976 : Daniel Benoin (1947-....), Le Roi Lear, texte, analyses, mise en scène, études de Jacques Bellay, Daniel Benoin, Alain Duclos, Christian Eychène, Saint-Étienne, Comédie de Saint-Étienne, Lyon, Centre d'études et de recherches théâtrales Université Lyon II, 114 p. (ISBN 2-7277-0000-Cool
1981 : Jean-Pierre Renault (1948-....), Le roi Lear, Caen, Comédie de Caen, 192 p. (notice BnF no FRBNF39488459)
1984 : Jean Vauthier (1910-1992), Roi Lear de Shakespeare, création au théâtre national de Marseille-La Criée Marcel-Maréchal le 7 février 1984, version française pour la scène de Jean Vauthier, Marseille, J. Laffitte, collection Approches. Répertoire, 186 p. (ISBN 2-86276-076-5)
1992 : Jean Gillibert (1925-....), Le roi Lear, Paris, Phébus, collection Verso, 159 p. (ISBN 2-85940-236-5)
1992 : Jean Malaplate (1923-....), Le roi Lear, préface de Marie-Thérèse Jones-Davies, texte des éditions de 1608 et 1623, Paris, J. Corti, édition bilingue, 310 p. (ISBN 2-7143-0432-X)
1993 : Jean-Michel Déprats, La tragédie du roi Lear, préface Gisèle Venet, Paris, Gallimard, Collection Folio. Théâtre, 285 p. (ISBN 978-2-07-038709-0)
1995 : Armand Robin (1912-1961), Le roi Lear, préface par Bertram Leon Joseph, Paris, Flammarion, édition bilingue, 435 p. (ISBN 978-2-08-070882-3)
1998 : Jacques Drillon (1954-....), Le roi Lear, précédé de Traduire Shakespeare ou La Trahison par la révérence, transcription pour la scène française, Arles, Actes Sud, collection Un endroit où aller, 214 p. (ISBN 2-7427-1645-9)
2000 : Luc de Goustine (1938-....), La tragédie du roi Lear, Paris, L'Arche, collection Scène ouverte, 176 p. (ISBN 2-85181-474-5)
2004 : Daniel Loaysa (1961-....), Le roi Lear, avant-propos de Georges Lavaudant, Ivry-sur-Seine, Éditions À propos, 222 p. (ISBN 2-9516323-2-0)
2007 : Pascal Collin (-), Le roi Lear, Montreuil, Éditions théâtrales, Rennes, théâtre national de Bretagne-Rennes, collection En scène (ISBN 978-2-84260-265-9)
2015 : Olivier Py, Le roi Lear, Arles, Actes-Sud Papiers

Autres langues
En portugais

2002 : Álvaro Barreirinhas Cunhal dit « Álvaro Cunhal » (1913-2005), O Rei Lear, Alvaro Barrerinhas Cunhal réalise cette traduction en 1960 alors qu'il est prisonnier politique., Lisboa: Caminho, 2002, 3e éd.),

THÉÂTRE DE LA GARONNE, TOULOUSE

yanis la chouette

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