L'Équilibre mental, la folie et la famille: Le Moi Divisé.

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L'Équilibre mental, la folie et la famille: Le Moi Divisé.

Message par yanis la chouette le Jeu 8 Juin - 15:40

L'Équilibre mental, la folie et la famille: Le Moi Divisé.

LA CROIX DU PÉCHER NE PEUT ÊTRE PORTER QUE PAR L'EXTENSION DE LA CHAIR AINSI UN MAUVAIS MARI NE PEUT ÊTRE DÉSIRER QUE PAR UN REFLET; CERTAINS HOMMES ET CERTAINES FEMMES N'ONT PAS DE CHANCE DANS L'EXISTENCE AMOUREUSE ET JE SUIS DE CEUX QUI CONSEILLE L'AVENTURE DANS LA PERSPECTIVE DE L'AMOUR: IL Y A LES "CLANS", LES "MÉGADEATHS", LES "EMMANUEL'S", JE PARLE DES RANOUX ET NON DES MACRONS, IL Y A DES PARENTS QUI VISENT TROP L'ATTRAIT FINANCIER OU LA PERFECTION Basé SUR LEURS ERREURS, L'AMOUR N'EST PAS MATHÉMATISME. LE DIVORCE TOUT COMME L'AMOURETTE NE PEUVENT ÊTRE DESIGNER PAR LES RELIGIONS COMME UNE FAUTE DE PÉCHER, ON NE PEUT NIER QUE LA CITÉ PARFAITE DE L'HOMME NE POURRA JAMAIS S’ÉTABLIR DANS UNE NATURE QUI N'EST PAS HOSTILE MAIS RÉALISTE SUR LA BASE DES SENTIMENTS. IL Y A LE TEMPS DES CHOSES OU LA VALEUR DU GRADUELLE DANS LE MIRAGE DE L'INCONNU; LA BASE D'UN MARIAGE PEUT ÊTRE ÉTABLI SUR L'IMPOSSIBLE TOUT COMME DANS LA RÉALITÉ ET MIEUX VAUT UNE PASSION PARTAGE QU'UN AMOUR CHAOTIQUE ET ENSANGLANTÉ... LA PASSION EST UN SUJET QUI EST PLUS PROCHE DE L'INFINI QUE DE L'IMMORTALITÉ POURTANT UN MARIAGE, UNE PASSION, UNE AMITIÉ ET UN MIRAGE PEUVENT DEVENIR IMMORTEL DANS L'ASPECT DE LA RÉALITÉ QUE NOUS SOMMES: EN EFFET; O ÉTERNEL, AU REGARD DE L'AMOUR NOUS SOMMES BIEN ENCORE IGNORANT ET DANS CETTE RÉALITÉ DE CONNAISSANCE, IL EST UN FAIT QUE LA PASSION TOUT COMME LA VERTU PEUVENT SE MÉTAMORPHOSER EN UNE QUALITÉ OU UN CANCER EN FONCTION DE LA CONSCIENCE DES SENTIMENTS ET CELA EST LA BEAUTÉ ET LA CRAINTE DE LA CONNAISSANCE POUR TOUT ÊTRE VIVANT DOUÉ DE SENTIMENTS PORTE SUR LE REGARD D'AUTRUI ET DE SOI... VOILA UNE DES CRAINTES ET DES ESPÉRANCES DE L’HUMANITÉ LORSQUE UNE VIE VIENT AU MONDE.

ECRIT DE DARK OBSCUR ET TAY La chouette effraie
ALIAS
CITOYEN Tignard Yanis

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Ronald David Laing (7 octobre 1927, Écosse– 23 août 1989, France) fait partie du mouvement antipsychiatrique au Royaume-Uni avec David Cooper et Aaron Esterson. Il écrit entre autres, avec Esterson, L'Équilibre mental, la folie et la famille. Il condamne la pratique de la psychiatrie sous ses formes institutionnelles et médicales.

Sommaire

Biographie

Ronald David Laing est né à Govanhill, Glasgow (Écosse) en 1927, fils d'un ingénieur. A l'école il se fait remarquer pour son talent musical - ultérieurement il est devenu un associé du Royal College of Music - Malgré son intérêt en matière de littérature et de philosophie, il choisit de faire des études de médecine à l'université de Glasgow. Pendant ses études, il s'intéresse particulièrement à la psychanalyse et entretient une correspondance avec Karl Jaspers.

Lorsque la guerre de Corée éclate, en 1951, Ronald Laing est réquisitionné par l'armée. Il quitte l'armée en 1953 pour le Gartnavel Royal Hospital à Glasgow. Il quitte Glasgow, et part se former à Londres de 1956 à 1964 à la Tavistock Clinic et à l’Institut de Psychanalyse. En 1965, il fonde avec David Cooper et Aaron Esterson la Philadelphia Association, la Arbours Association et la New School of Psychotherapy and Counselling.

Il a écrit quantité d'ouvrages sur des thèmes psychanalytiques et philosophiques. Il est l'auteur de plusieurs recueils de poésie. Sa vie privée est mouvementée. Il souffre de dépression nerveuse et d'alcoolisme. Il a 10 enfants avec quatre femmes. Il meurt d'une crise cardiaque pendant un match de tennis à Saint-Tropez en 1989.

Ronald D. Laing a été influencé par Karl Marx, Maurice Merleau-Ponty et surtout par la pensée sartrienne. Jean-Paul Sartre a d'ailleurs écrit la préface du livre Raison et violence rédigé par Laing en collaboration avec David Cooper.

Très souvent classé parmi les dissidents de la psychiatrie, Ronald Laing a été considéré comme le pape de l'antipsychiatrie. Même si ce sobriquet lui a été attribué par son ami David Cooper, Ronald Laing a toujours été gêné par cette dénomination ; il cherchait une autre façon de concevoir la maladie mentale. Il la voyait plutôt comme une réaction à l'environnement, et la psychiatrie traditionnelle comme s'adressant aux symptômes intra-personnels et interpersonnels par des mesures biologiques. La fondation et l'approche de la Philadelphia Association à Kingsley Hall avait pour but de créer un lieu d’accueil pour des patients dits schizophrènes, et les accompagner par une sorte de psychanalyse pratique et engagée. Mary Barnes, une des patientes de l'époque, a décrit son expérience dans son ouvrage, Un voyage à travers la folie.
Que reste-t-il de son œuvre ?

Ronald D. Laing a remis en cause une part de ses travaux dans son livre Sagesse, déraison et folie, écrit autobiographique publié en 1985. Et La politique de la famille a influencé L'Anti-Œdipe de Gilles Deleuze et Félix Guattari qui citent : « Je voudrais donner ici une idée du nœud dans lequel se trouvait bloqué un jeune homme de vingt-trois ans lorsque je l'ai vu pour la première fois. Je le présente comme un exemple de l'intériorisation d’une situation familiale impliquant plusieurs générations et conduisant encore à un diagnostic de schizophrénie. Bien entendu, je simplifierai énormément les choses. Ce jeune homme se fait de lui-même l'idée suivante : côté droit, masculin ; côté gauche, féminin. Le côté gauche est plus jeune que le côté droit. Les deux côtés ne se rejoignent pas. Détails fournis par la psychanalyse et d'autres sources : sa mère lui a dit qu'il ressemblait à son père, son père lui a dit qu'il ressemblait à sa mère. Conséquemment, d'une part (ou, comme il disait, par son côté droit) il était homosexuel passif, et d'autre part (son côté gauche) une lesbienne mâle. »1.
Bibliographie

Le Moi Divisé (1960)
Raison et violence (1960), écrit en collaboration avec David Cooper
Soi et les Autres (1961)
La Politique de l’expérience et l'oiseau de paradis (en) (1967)
Nœuds (1970)
La Politique de la famille (1971)
L'équilibre mental, la folie et la famille (1971), écrit en collaboration avec A. Esterson
Les Faits de la vie : essai sur les émotions, les faits et les fantasmes (1977)
Est-ce que tu m’aimes ? (1978)
Conversations avec mes enfants (1978)
Rencontres avec Laing, par Richard Evans (1979)
Sonnets (1980)
Sagesse, déraison et folie : la fabrication d'un psychiatre (1985)
La Voix de l’expérience (1986)

Notes et références

↑ La politique de la famille, Paris, éd. Stock, pp. 68-74

Liens externes

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Re: L'Équilibre mental, la folie et la famille: Le Moi Divisé.

Message par yanis la chouette le Jeu 8 Juin - 16:00

Le mouvement désaliéniste est un courant de réformes dans le domaine de la santé mentale et de la psychiatrie apparaissant en France dans les années 1960.

Ce mouvement, soutenu par le docteur Lucien Bonnafé, est parallèle au mouvement de l'antipsychiatrie. Il s'est développé autour d'infirmiers de secteur psychiatrique et de psychiatres en réaction à une vision carcérale et asilaire de l'hospitalisation des personnes en psychiatrie.

Ce mouvement est devenu un courant de pensée de nombreux professionnels, corroborant le développement de la psychiatrie de secteur.

Articles connexes

Rapport Piel-Roelandt
Plan santé mentale 2005/2008
Histoire de la psychiatrie

Bibliographie

Lucien Bonnafé, Désaliéner ? : folie(s) et société(s), Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 1992, 334 p. (ISBN 2-85816-166-6)

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Lucien Bonnafé (Figeac, 15 octobre 1912 - 16 mars 2003) est un psychiatre désaliéniste français qui a élaboré et mis en place la politique de secteur psychiatrique.

La sectorisation des soins psychiatriques consiste à prendre en charge le malade dans l'aire géographique proche de son domicile. Par le développement de structures intermédiaires extra-hospitalières, elle permet d'assurer la continuité des soins en permettant le maintien des personnes hors des murs, constituant une rupture totale avec l'asile (on considère que l'acte de naissance de la sectorisation psychiatrique est la circulaire ministérielle du 15 mars 1960).

Rappelons que Bonnafé, en 1994, préface « Quelle psychiatrie pour notre temps ? »1 où sont repris de nombreux écrits de Le Guillant (1900-1968), célèbre homme de terrain et chercheur en psychologie et psychiatrie du travail.

Après la guerre, Lucien Bonnafé n'a cessé de dénoncer la mort des 40 000 malades mentaux, victimes de l'Occupation2 : « ils furent exterminés dans les hôpitaux psychiatriques par la faim et le froid. »3

Biographie

Lucien Bonnafé est né à Figeac en 1912. Son père est médecin et son grand-père est aliéniste.

En 1930, il participe au groupe surréaliste de Toulouse en compagnie de Gaston Massat, Elise Lazes, Jacques Matararsso, Gaspard Gomis et Jean Marcenac. Il était le dernier survivant du groupe surréaliste de Toulouse. Grâce à sa carte de fils de cheminot avec laquelle il voyageait gratuitement, il fut l'émissaire de son groupe auprès des surréalistes parisiens. C'est ainsi qu'il connut plus particulièrement Max Ernst, Man Ray et René Crevel.

1934 : Pour une participation à une manifestation anti-fasciste interdite, il est condamné à 2 ans de prison avec sursis.
1939-1944 : Avec de nombreuses autres personnalités le « groupe du Gévaudan », il met au point les bases de la psychothérapie institutionnelle.
1946 : Participe du célèbre colloque de Bonneval organisé par Henri Ey avec Jacques Lacan, Julien Rouart et Sven Follin.
1949 : Adhérent depuis 1934 au Parti communiste français jusqu'à sa mort, il signe le manifeste « La psychanalyse, idéologie réactionnaire », manifeste imposé par la direction du PCF où il souligne toutefois les « bienfaits de la leçon freudienne ».
1954 : Il participe à la revue Vie Sociale et Traitements destinée aux formations des infirmiers en psychiatrie à soutenir le courant désaliéniste.
1959 : Le groupe de Sèvres met au point les bases de la politique de secteur.
1961 : Par la publication des 27 opinions sur la psychothérapie, le rôle thérapeutique de l'infirmier en psychiatrie est souligné.
1975 : Malgré son appartenance au PCF, il dénonce l’usage répressif de la psychiatrie par l’État soviétique en pleine fête de L'Humanité.
1977 : Il prend sa retraite. Puis il participe à un certain nombre d'actions (en 1981 avec Jack Ralite, ministre de la Santé), il publie Psychiatrie populaire, soutien la réforme des lois de 1838 en refusant des lois spécifiques pour les malades mentaux.
2000 : Le Centre Lucien-Bonnafé de l’Hôpital de Corbeil-Essonnes est inauguré en sa présence.
2003 : Il meurt le 16 mars à 90 ans.
2005 : La SERHEP Corbeil a arrêté toute activité et s'est dissoute en 2007. Le centre Lucien-Bonnafé a donc été transféré à la SERHEP de Ville-Évrard à Neuilly-sur-Marne.

Œuvres

Dans cette nuit peuplée : 18 textes politiques, Paris, Éditions sociales, 1977, 252 p. (ISBN 2-209-05279-3)
Psychiatrie populaire, par qui ? pour quoi ? ou Psychorama, Paris, Éditions du Scarabée, coll. « L'Ouverture psychiatrique », 1981, 220 p. (ISBN 2-7145-0034-X)
Désaliéner : folie(s) et société(s), Toulouse, Presses universitaires du Mirail, coll. « Chemins cliniques », 1992, 334 p. (ISBN 2-85816-166-6)
Le miroir ensorcelé, Paris, Syllepse, coll. « Utopie critique », 2002, 334 p. (ISBN 2-913165-60-5)
Psychanalyse de la connaissance, Ramonville-Saint-Agne, Érès, coll. « Études, recherches, actions en santé mentale en Europe », 182 p. (ISBN 2-7492-0062-Cool, préface de Yves Buin, Guy Baillon ; postface de Franck Chaumon

Annexes
Articles connexes

Infirmier de secteur psychiatrique
Mouvement désalieniste
Psychiatrie de secteur
Psychiatrie

Liens externes

Avec Lucien Bonnafé [archive]
[MP3] Portrait de Lucien Bonnafé [archive] par Franck Chaumon
sur la préparation du film "Histoires autour de la Folie" de Paule Muxel Bertrand de Solliers (1993) : http://www.filmsdocumentaires.com/films/3621-memoires-de-la-folie-resistances-7 [archive]
http://unefinelignerouge.com/julianto_films/Histoires_autour_de_la_Folie_rushs_1.html [archive]

Notes et références

↑ Ouvrage réédité (partiellement ?) en 2006 sous le titre « Le drame humain du travail. Essai de psychopathologie du travail. », Ramonville Saint Agnes : Erès.
↑ Biographie de Lucien Bonnafé [archive]
↑ Nouveau guide de pratique en ergothérapie : entre concepts et réalités, Jean-Michel Caire (coordinateur), Ed. Solal, 2008, ISBN 978-2-35327-052-1, page 87.


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Re: L'Équilibre mental, la folie et la famille: Le Moi Divisé.

Message par yanis la chouette le Jeu 8 Juin - 16:00

L'Anti-Œdipe est le premier des deux volumes ayant pour sous-titre Capitalisme et schizophrénie (le second sera Mille Plateaux) dans la collaboration entre le philosophe Gilles Deleuze et le philosophe et psychanalyste Félix Guattari1.

« Le parallélisme Marx-Freud reste tout à fait stérile et indifférent, mettant en scène des termes qui s'intériorisent ou projettent l'un dans l'autre sans cesser d'être étrangers, comme dans cette fameuse équation argent = merde. En vérité, la production sociale est uniquement la production désirante elle-même dans des conditions déterminées. »

— L'Anti-Œdipe

L'Anti-Œdipe, publié en 1972, se donne pour tâche de revenir sur l'erreur que constitue selon les auteurs le désir conçu comme manque (« l'inconscient n'est pas un théâtre2, mais une usine, une machine à produire »), et postule que ce n'est pas la folie qui doit être réduite à l'ordre en général, mais au contraire le monde moderne en général ou l'ensemble du champ social qui doivent être interprétés aussi en fonction de la singularité du fou (« l'inconscient ne délire pas sur papa-maman, il délire sur les races, les tribus, les continents, l'histoire et la géographie, toujours un champ social »). Selon les auteurs, seul le désir — ou la dimension de l'événement que montre le désir — garantit la libre configuration des singularités et des forces en mesure de mettre l'histoire en mouvement.

L'amour des enfants pour leur mère répète d'autres amours d'adultes, à l'égard d'autres femmes.

Deleuze et Guattari critiquent la réduction de l'inconscient au champ familial auquel ils donnent le nom de « familialisme ». La psychanalyse a mis au jour un concept intéressant, l'inconscient, mais l'a rabattu sur le petit cercle familial et le triangle enfant-papa-maman. Aussi les pensées et le comportement de l'enfant sont-ils interprétés comme marquant son lien avec ses parents. Or l'inconscient ou l'imaginaire de l'enfant porte sur le monde et les groupes sociaux, les identités qui le constituent. Ce n'est donc pas la façon dont l'enfant voit le monde qui doit être interprétée en fonction de son attachement affectif à ses parents mais le rapport affectif à ses parents qui est la traduction de son délire propre sur le champ social. Plus clairement, pour Deleuze et Guattari,

« ce qui est refoulé par l'enfant, c'est l'inconscient du père et de la mère en lui, et les difficultés du jeune adulte ne sont que les ratés de la tentative de donner une expression et un contenu autonomes à sa propre subjectivité. Comme Le Deuxième Sexe (Simone de Beauvoir), nous ne sommes pas nés ce que nous devenons ; du jour où nous luttons pour notre libération, ce devenir n'est pas une imposition mais une construction, de l'art. »

— Anne Querrien, « Les cartes et les ritournelles d'une panthère arc-en-ciel », Multitudes, no 34, automne 2008, p. 1093
Situation et controverses

Une généalogie culturelle et intellectuelle qui, depuis Freud et l'expansion de la psychanalyse, de Reich (La fonction de l'orgasme) à Marcuse (Eros et civilisation) en passant par Foucault (Histoire de la folie à l'âge classique), l'antipsychiatrie (La politique de l'expérience de Laing) ou encore Lawrence (Eros et les chiens) et Miller (Hamlet), aboutit à l'Anti-Œdipe. Il fait partie des œuvres qui, à l'instar de quelques contemporains (Foucault4, Lyotard, Baudrillard), amenèrent à reconsidérer la question du pouvoir5, notamment celle de savoir comment le pouvoir répressif peut être reconduit par les opprimés6. Livre philosophique important de la conjoncture Mai 68, il eut un écho retentissant notamment chez des auteurs redécouverts aujourd'hui par la pensée queer7, comme Hocquenghem (Le désir homosexuel)8 ou Wittig (La pensée straight), ou encore chez les autonomes italiens des années 70, comme Bifo (Radio Alice, Radio libre)9.
Rapports à la psychanalyse

Ce livre a eu peu d'estime des psychanalystes, majoritairement hostiles à son endroit10[réf. insuffisante]. Selon Didier Eribon, ce livre est « une critique de la normativité psychanalytique et de l’Œdipe » et « une mise en question dévastatrice de l'œdipinianisme »11.

Gilles Deleuze s'en prend surtout au travail de Jacques Lacan. « S’agit-il seulement d’œdipianiser même le schizo ? ou ne s’agit-il d’autre chose, et même du contraire ? Schizophréniser, schizophréniser le champ de l’inconscient12 ». « C’est tout cet envers de la structure que Lacan découvre avec le « a » comme machine, et le « A » comme sexe non humain : schizophréniser le champ analytique, au lieu d’œdipianiser le champ psychotique. »
Pistes de lecture
Le Réel et son artifice

Selon l'Anti-Œdipe, l'individu pratique ne saurait constituer un point de départ (pas plus que les structures) dans l'ordre de la connaissance et de la praxis historique : il faut le voir comme le résultat de la répression sociale, c'est-à-dire de la structuration des forces actives de l'inconscient dans les formes historiques de l'homme et du monde ; ou, si l'on veut, comme l'effet d' un processus d'enregistrement social des formes fluides de la vie pulsionnelle, qui donne naissance simultanément à l'individu, à la famille, à la structure économique, au mode-de-production, etc. Si l'individu et la structure se font vis-à-vis dans un rapport spéculaire infini, c'est sur fond de cet enregistrement répressif ou, mieux, de cette structuration qui est le fondement matériel de tous nos systèmes de représentation. Mais cette structuration homme/monde n'est pas une illusion de la conscience, une couche idéologique qui se superposerait au réel en le déformant : elle est réelle, elle est du réel : les individus et le monde, les forces de travail et le capital, le sujet et la structure existent réellement dans une matérialité institutionnelle irréductible toute animée d'énergie13. C'est sur ce champ réactif de l'histoire que se constitue la conscience scientifique et la représentation.
« Tout est politique »

« On nous objecte qu'en soustrayant le désir au manque et à la loi, nous ne pouvons plus invoquer qu'un état de nature, un désir qui serait réalité naturelle et spontanée. Nous disons tout au contraire : il n'y a de désir qu'agencé ou machiné. Vous ne pouvez pas saisir ou concevoir un désir hors d'un agencement déterminé, sur un plan qui ne préexiste pas, mais qui doit lui-même être construit. Que chacun, groupe ou individu, construise le plan d'immanence où il mène sa vie et son entreprise, c'est la seule affaire importante. Hors de ces conditions, vous manquez en effet de quelque chose, mais vous manquez précisément des conditions qui rendent un désir possible. »

— Gilles Deleuze et Claire Parnet, Dialogues

Ce constructionnisme définit typiquement le mouvement « schizoanalytique »14 que les auteurs proposent contre le psychanalytique (« œdipien ») : le « schizoanalyste »15 vise la « chaosmose » comme bain de jouissance atteignable par n'importe qui et respectant la puissance de tous, ce que Jean Oury appelle dans le cadre de sa pratique psychiatrique « eutopie », production du bien-être non comme norme mais comme recherche de chacun, à partir de sa propre assise entre tous, comme constitution par chacun de son propre milieu16.
« Je sens que je deviens autre, donc j'étais, c'était donc moi ! »

Comment inventer ou réinventer les puissances du singulier dans toute vie, au-delà de ses qualités particulières, sans les fondre dans une masse indifférenciée ? Comment croire au monde comme source de ces mouvements inédits qui traversent les villes et nos manières de les habiter ? C'est là le problème de la minorité comme puissance du peuple à venir chez Kafka ; c'est aussi la question melvillienne d'un espace dynamique où les singularités peuvent se composer comme dans un « mur de pierres libres, non cimentées, où chaque élément vaut pour lui-même et pourtant par rapport aux autres : isolats et relations flottantes, îles et entre-îles, points mobiles et lignes sinueuses... » (Deleuze, Critique et clinique). C’est ce droit au mouvement que Deleuze et Guattari cherchent à introduire dans le concept même du politique et de la « dignité démocratique ». Et c’est peut-être à travers la lecture deleuzienne de Spinoza qu’on peut trouver des éléments d’une conception « immanentiste » de la démocratie qui porte sur les potentiae et leurs rapports à la parole libre, et non sur le contrat et une vérité d’État (comme chez Hobbes). D’où une politique du « virtuel17 et non du seul possible, qui ouvrirait le sens même du politique à une expérimentation irréductible :

« [...] je crois au secret, c'est-à-dire à la puissance du faux, plutôt qu'aux récits qui témoignent d'une déplorable croyance en exactitude et vérité. [...] mes rapports avec les pédés, les alcooliques ou les drogués, qu'est-ce qu'ils ont à faire ici, si j'obtiens sur moi des effets analogues aux leurs par d'autres moyens ? L'intéressant n'est pas de savoir si je profite de quoi que ce soit, mais s'il y a des gens qui font telle ou telle chose dans leur coin, moi dans le mien, et s'il y a des rencontres possibles, des hasards, des cas fortuits, et pas des alignements, des ralliements, toute cette merde où chacun est censé être la mauvaise conscience et le correcteur de l'autre. [...] Le problème n'a jamais consisté dans la nature de tel ou tel groupe exclusif, mais dans des relations transversales où les effets produits par telle ou telle chose (homosexualité, drogue, etc.) peuvent toujours être produites par d'autres moyens. Contre ceux qui pensent "je suis ceci, je suis cela", et qui pensent encore ainsi de manière psychanalytique (référence à leur enfance ou à leur destin), il faut penser en termes incertains, improbables : je ne sais pas ce que je suis, tant de recherches ou d'essais nécessaires, non-narcissiques, non-œdipiens – aucun pédé ne pourra jamais dire avec certitude "je suis pédé". Le problème n'est pas celui d'être ceci ou cela dans l'homme, mais plutôt d'un devenir inhumain, d'un devenir universel animal : non pas se prendre pour une bête, mais défaire l'organisation humaine du corps, traverser telle ou telle zone d'intensité du corps, chacun découvrant les zones qui sont les siennes, et les groupes, les populations, les espèces qui les habitent. »

— Gilles Deleuze, « Lettre à un critique sévère » dans Pourparlers, p.21-22
Citations : sur le sexe non humain

En chantier

« Au contraire, l'inconscient moléculaire ignore la castration, parce que les objets partiels ne manquent de rien et forment en tant que tels des produits des flux, au lieu de les refouler dans une même coupure unique capable de les tarir ; parce que les synthèses constituent des connexions locale et non-spécifiques, des disjonctions inclusives, des conjonctions nomades : partout une trans-sexualité microscopique, qui fait que la femme contient autant d'hommes que l'homme, et l'homme de femmes, capables d'entrer les uns avec les autres, les unes avec les autres, dans des rapports de production de désir qui bouleversent l'ordre statistique des sexes. Faire l'amour n'est pas faire qu'un, ni même deux, mais faire cent mille. C'est cela, les machines désirantes ou le sexe non humain : non pas un ni même deux, mais n... sexes. La schizo-analyse est l'analyse variable des n... sexes dans un sujet, par-delà la représentation anthropomorphique que la société lui impose et qu'il se donne lui même de sa propre sexualité. La formule schizo-analytique de la révolution désirante sera d'abord : à chacun ses sexes. »

— L'Anti-Œdipe, p.351-352

« Le narrateur continue sa propre affaire, jusqu'à la patrie inconnue, la terre inconnue que, seule, crée sa propre œuvre en marche, la Recherche du temps perdu "in progress", fonctionnant comme machine désirante capable de recueillir et de traiter tous les indices. Il va vers ces nouvelles régions où les connexions sont toujours partielles et non personnelles, les conjonctions, nomades et polyvoques les disjonctions incluses, où l'homosexualité et l'hétérosexualité ne peuvent plus se distinguer : monde des communications transversales, où le sexe non humain enfin conquis se confond avec les fleurs, terre nouvelle où le désir fonctionne d'après ses éléments et ses flux moléculaires. »

— L'Anti-Œdipe, p.380-381
Nombreuses références

L'Anti-Œdipe, se démarquant fortement d'autres théories, notamment des idées psychanalytiques freudienne et post-freudiennes18, n'en fait pas moins référence à de nombreuses conceptions le précédant. Cet ouvrage se caractérise ainsi par un grand nombre de références philosophiques ou littéraires, parmi lesquelles, outre celles citées ci-avant :

les textes d'Antonin Artaud
la litterature de Marcel Proust
de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss
la philosophie d'Emmanuel Kant
de Friedrich Nietzsche
la biologie moléculaire de Jacques Monod
la linguistique de Louis Hjelmslev
ou encore Maurice Clavel
l'œuvre de Jacques Lacan
de Karl Marx
de Serge Leclaire, etc.

Table des matières

Chapitre I : Les machines désirantes.

1. La production désirante – 2. Le corps sans organes – 3. Le sujet et la jouissance – 4. Psychiatrie matérialiste – 5. Les machines – 6. Le tout et les parties

Chapitre II : Psychanalyse et familialisme, la sainte famille.

1. L'impéralisme d'Œdipe – 2. Trois textes de Freud – 3. La synthèse connective de production – 4. La synthèse disjonctive d’enregistrement – 5. La synthèse conjonctive de consommation – 6. Récapitulation des trois synthèses – 7. Répression et refoulement – 8. Névrose et psychose – 9. Le processus

Chapitre III : Sauvages, barbares, civilisés.

1. Socius inscripteur – 2. La machine territoriale primitive – 3. Problème d'Œdipe – 4. Psychanalyse et ethnologie – 5. La représentation territoriale – 6. La machine despotique barbare – 7. La représentation barbare ou impériale – 8. L'Urstaat – 9. La machine capitaliste civilisée – 10. La représentation capitaliste – 11. Œdipe enfin

Chapitre IV : Introduction à la schizo-analyse.

1. Le champ social – 2. L'inconscient moléculaire – 3. Psychanalyse et capitalisme – 4. Première tâche positive de la schizo-analyse – 5. Seconde tâche positive

Index des noms propres
Appendice : Bilan-programme pour machine désirantes

Bibliographie et sitographie complémentaires

Gilles Deleuze, cours à Vincennes le 16/11/1971 autour de L'Anti-Œdipe et Mille Plateaux [lire en ligne [archive]]
Atelier de création radiophonique de France Culture : « Délire et désir. Sur L'Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari », 1972 [lire en ligne [archive]] [MP3]
Alain Finkielkraut, Philosophie et Engagement, Tricorne, 1993 : une lecture critique de l'œuvre de Deleuze et Guattari.
Frédéric Neyrat, Surexposés, Paris, Léo Scheer, coll. « Lignes & Manifeste », 2005, 509 p. (ISBN 2-84938-025-3)
Stéphane Nadaud, Manuel à l'usage de ceux qui veulent réussir leur [anti]œdipe, Paris, Fayard, 2006, 321 p. (ISBN 2-213-62237-X)
(en) Martin Fuglsang, Bent Meier Sørensen (eds), Deleuze and the Social, Edinburgh University Press, 2006, 256 p. (ISBN 0748620931)
Nicolas Cornibert et Jean-Christophe Goddard (dir.), Ateliers sur l'Anti-Œdipe, Genève, MētisPresses & Mimesis, 2008, 302 p. (ISBN 978-2-940406-03-6) (Compte-rendu des ateliers du 2 et 3 décembre 2005 sur L’Anti-Œdipe à l'université de Poitiers [archive])
Jean-Philippe Cazier, « Freud, Deleuze, Guattari », Nessie, no 2, 2009 [lire en ligne [archive]] [PDF]
Guillaume Sibertin-Blanc, Deleuze et l'Anti-Œdipe. La production du désir, Paris, PUF, coll. « Philosophies », 2010, 160 p. (ISBN 978-2130569015)
Florent Gabarron-Garcia, « L'Anti-Œdipe, un enfant fait par Deleuze-Guattari dans le dos de Lacan, père du "Sinthome" », Chimères, no 72, 2010 [lire en ligne [archive]]

Notes et références

↑ Les écrits préparatoires de ce dernier ont été rassemblés et agencés par Stéphane Nadaud pour leur publication posthume en 2004. Cf. Félix Guattari, Écrits pour l'anti-œdipe, Paris, Léo Scheer, coll. « Lignes & Manifeste », 2004, 509 p. (ISBN 2-84938-023-7)
↑ Voir Complexe d'Œdipe.
↑ [lire en ligne [archive]]
↑ Deleuze ne cessa jamais de s'intéresser au travail de Foucault. Voir la lettre « Désir et plaisir » [archive] qu'il lui adressa en 1977, relevant leur approche différente de la question du désir.
↑ Voir François Châtelet, Évelyne Pisier-Kouchner, Les conceptions politiques du XXe siècle, Paris, P.U.F., coll. « Thémis », 1981, 1088 p., chapitre V : L'État en question.
↑ Voir la préface de Michel Foucault à la traduction américaine de L'Anti-Œdipe (1977) [archive]
↑ Voir les Queer and Gender Studies
↑ Cf. Stéphane Nadaud, « Sodome ou Hocquenghem, fils de Vincennes... jusqu'à la mort », Chimères, no 69, 2008/2009 [lire en ligne [archive]]
↑ Voir la rétrolecture par Nicolas Weill, Le Monde, août 2008 [archive]
↑ Les thèses du livre ont été vivement combattues par des psychanalystes comme Janine Chasseguet-Smirgel, André Green et d'autres, pour qui ces thèses sont étrangères à la psychanalyse.
↑ Didier Eribon,Échapper à la psychanalyse, Éditions Léo Scheer, 2005, p. 14.
↑ [17][17] A. O, p. 62.. [archive], Cairn
↑ Voir Analyse institutionnelle. Et L'Idéal historique, no 14 de la revue Recherches (1974) de François Fourquet.
↑ [PDF] Voir « Les schizoanalyses » par Félix Guattari (1987) [archive]
↑ Si Félix Guattari peut postuler au titre de philosophe, Gilles Deleuze peut postuler à celui de thérapeute. Voir, sur le site de Caosmose [archive], « Deleuze, schizoanalyste » par Suely Rolnik.
↑ Voir Écosophie
↑ Voir John Rajchman, « Y a-t-il une intelligence du virtuel ? » in Gilles Deleuze, une vie philosophique, sous la direction de Éric Alliez, Les Empêcheurs de penser en rond, 1998, p. 403–420 ».
↑ Deleuze et Guattari affirment que le complexe d'Œdipe est un « familialisme », une création de la psychanalyse alliée au capitalisme, ce qui, selon Janine Chasseguet-Smirgel par exemple, est une solution pour en finir avec Freud et promouvoir une sorte d'« inconscient-usine », pour en finir avec la question « papa-maman » et que l'homme retrouve la puissance révolutionnaire du capitalisme (Janine Chasseguet-Smirgel & Bela Grunberger, Freud ou Reich : psychanalyse et illusion, Ed. Tchou, 1976). A contrario, pour Stéphane Nadaud, il s'agirait plutôt, avec L'Anti-Œdipe, de chercher le chemin d'« une vie existentielle suffisamment pérenne pour permettre la fabrication d'une éthique » (Manuel à l'usage de ceux qui veulent réussir leur [anti]œdipe, Fayard, 2006, p. 126).

Voir aussi

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Antipsychiatrie
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